‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 41 sur 86 · MOUVEMBNT DE LA NARINE · texte numérisé non relu

MOUVEMBNT DE LA NARINE

peut i*etenir l'aliment dans la bouche, tandis qu'à gaudie les lèvres mobiles étant insensibles ne le sentent pas et ne le retiennent pas non plus. C'est alors que ranimai, après avoir saisi le grain entre les dents, levait la tète pour le faire tomber en arrière sous les dents molaires.

Le 6 mars, le lapin paratt malade, la cornée est très altérée et sèche ; il y a un écoulement séreux par la narine du c6té de la section de la cinquième paire ; les narines sont toujours immobiles ; Tanimal meurt pen«dant la journée. L'autopsie montre que la cinquième paire a bien été coupée à gauche sans que le facial ait été lésé de ce côté ; seulement, Tinstrument a pénétré profondément et les nerfs pétreux ont dû être intéressés.

L'estomac contenait peu d'aliments parce que, bien que l'animal mangeât toujours, il ne mAchait que fort inoomplétement.

Ecop. — (5 mars.) Sur un lapin, on coupa d'abord du côté droit le nerf facial dans la caisse, au niveau de la trosième portion . L'animal n'éprouvapas dedouleur ; seulement, lorsqu'on appuyait sur le facial, il y avait des mouvements convulsifs dans la face. Aussitôt après la section du nerf facial, il y eut immobilité des traits qui étaient aplatis et tirés en arrière ; ce phénomène, qui est l'inverse de ce qui a lieu chez l'homme , ma semblé ne pas se présenter lorsqu'on coui»e les rameaux du facial sur la joue. Il n'y avait aucun changement du côté de la pupille droite.

On coupa aussitôt la cinquième paire du côté gauche; il y eut en même temps saillie de l'œil, constriction énergique de la pupille avec apparence terne et flétrie de l'iris,

EtPËRIENCES. Id5

insensibilité de tout ce côté de la face, etc. Après cette double opération, on constata que les traits étaient déviés k droite ; la lèvre gauche était abaissée et portée en avant, tandis que la lèvre droite était relevée, aplatie et portée en arrière. On constata avec soin que la narine droite était immobile, tandis que la narine gauche se mouvait et se dilatait parfaitement bien.

Le lendemaui, 6 mars, le lapin se portait bien ; la conjonctive oculaire était injectée en haut et en bas ; la CAirnée transparente était devenue blanche, opaque, du centre à la circonférence. L'iris était bombé en dehors, plissé, d'une couleur rougeàtre foncée, ce qui n'avait pas lieu du côté opposé.

Quand on faisait mouvoir la tète de l'animal, on reconnaissait que le globe oculaire se mouvait des deux côtés; la pupille gauche paraissait encore jouir d'une certaine mobilité. La narine gauche se dilatait parfaitement bien et n'était pas le siège d'un écoulement.

Le 7 mars, les mêmes phénomènes persistaient : la coraée gauche devenait de plus en plus opaque, l'œil était larmovant et humide : du côté droit il était sain. Les mouvements de la narine gauche étaient toujours parfaitement intacte.

8 mars. — Mêmes phénomènes, seulement plus prononcés ; la cornée était opaque, sans ulcération ; la conjonctive, fortement injectée, surtout en haut et en bas. offrait des ramifications vasculaires qui circonscrivaient la cornée à son union avec la sclérotique. L'œil gauche était moins humide que la veille ; l'animal était devenu languissant; la narine se mouvait toujours. L'animal

avait toujours présenté, depuis le commenoemeut de Texpérience, Toreille haute du côté où la cinquième paire avait été coupée, et basse du côté opposé où l'on avait fait la section du facial.

Le globe oculaire était resté mobile à gauche, quaud on provoquait des mouvements de la tête.

Sur ce lapin, on coupa alors la cinquième paire du côté droit où le facial avait été divisé précédemment. De sorte que le lapin offrait : section de la cinquième paire des deux côtés, et section du facial à droite.

Aussitôt après cette opération, le lapin présentait les phénomènes suivants :

La bouche était ouverte, et la mâchoire inférieure pendante. Quand on plaçait le doigt entre les dents, le lapin ne le serrait pas. Quand Tanimal était dans le la* boratoire, il se sauvait en évitant les obstacles et sans paraître aveugle, quoique la cornée fût opaque à gauche et la pupille fortement contractée à droite, par suite de la section de la cinquième paire. La narine droite se mouvait toujours dans les mouvements respiratoires.

Trois heures après l'opération, on revit ^animal qui présentait les mêmes phénomènes. Le lapin fut sacriflé, et Tautopsie montra que les deux cinquièmes paires étaient bien coupées ainsi que le facial.

On n'a pas vérifié, pour les nerfs pétreux, a6n de savoir si la persistance du mouvement de la narine gauche ne tenait pas à ce que ces nerfs avaient été ménagés, ou plutôt à rintégrité du filet provenant du rameau de Jacobson qui, émanant du glosso-pharyngien , vient s'anastomoser avec le nerf pétreux.

Exp. — Sur un jeune lapin, on coupa à gauche le facial dans la caisse du tympan et on observa les phénomènes ordinaires de cette section : absence de dilatation de la narine, impossibilité d'occlusion du globe oculaire, etc. Alors je fis à droite la section de l'anastomose du pneumogastrique avec le facial, par un procédé qui ronsiste à diviser verticalement la paroi postérieure de la caisse du tympan entre le facial et le pneumogastrique.

Aussitôt après la section, les mouvements de Taile du nez de ce côté cessèrent La narine se dilatait encore ; mais cette dilatation avait lieu seulement par l'abaissement de la demi-circonférence inférieure de la narine (|ui était constituée par la lèvre. Il n'y avait plus de mouvement appartenant au lobe du nez ; et cela se voyait d'autant mieux que, le facial ayant été coupé de l'autre côté, le nez n'était pas entraîné. De sorte qu'on pouvait mieux juger de l'influence de cette anastomose sur le mouvement de la narine.

On coupa ensuite, sur le même lapin, successivement la cinquième paire du côté droit et le plexus cervical superficiel, de manière à rendre la face complètement insensible ; on enleva enfin le ganglion cervical supérieur du côté droit, et on divisa l'anastomose du pneumogastrique et de l'hypoglosse. Après toutes ces opérations, il n'y avait rien eu d'appréciable dans les mouvements de la narine qui étaient peut-être un peu plus affaiblis, mais n'avaient pas changé de caractère.

Il aurait fallu, pour que l'expérience fût complète, couper la cinquième paire du côté opposé, parce que, ainsi que nous le verrons dans d'autres circonstances,

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l'influence de la sensibilité de la cinquième paire non divisée pouvait parfaitement avoir une action sur les inouvenienls réflexes du côté opposé, Cost ainsi que cela a lieu, pour T influence de la cinquième paire, sur les glandes salivaires; pour le nerf optique, sur les mouvements de la pupille, etc., etc.

L-aninial mourut pendant la nuit et on trouva un œdème considérable du tissu cellulaire du cou et de la face, particulièrement du côté droit. Il n'y avait pas d'épancbement dans la plèvre. Le péricarde était distendu par de la sérosité limpide.

En examinant les nerfs, on trouva que Tanastomose du pneumogastrique et du facial était complètement coupée; que le tronc du facial n'avait pas été atteint, ainsi que le prouvaient d'ailleurs les phénomènes observés chez l'animal vivant, puisque la paupière conlirmait toujours à pouvoir se fermer complètement.

Quant à lacinquiènu? paire, ses deux branches su|h'rieures .ophthalmique et maxillaire supérieure) avaient été complètement coupées et la branche maxillaire inférieure ne Tétait que très incomplètement; la portion d'où nait la branche auriculo-temporale , qui s'anaslumose avec le facial, était complètement intacte.

En résumé, cette expérience semble prouver que l'anastomose du pneumogastrique possède une influence réelle sur les mouvements des narines. C.e serait là une influence par action réflexe, en admettant ijue celte branche donnât aux narines une sensibilité spéciale en rapport avec les besoins de la respiration.

NRUVIRME LEÇON.

3 JDiN 1857.

SOMMAIRE : De» nerfs accessoires aux organes des sens. — Organe de la vae. — Nerf pathétique. — Nerf moteur oculaire externe. — Nerf moteur octiliiire commun. — Sa distribution ; ses fonctions. — Des noavtments de la papille. — Arrachement de la troisième paire.

— Expériences. — De Tinfluencc de ce nerf sur la pupille. — Sur les mouvements de la troisième paupière. — De l'olfaction. — Expériences et opinion de Magendie. — Observations d*absenee de nerfs ollaclUs. -~ Cette lésion n'avait pas été diagnostiquée pendant la vie.

— Gustation. — N'est pas sons l'influence exclusive de la cinquième paire. — Des nerfs glossn-pharyngien et grand hypoglosse. ^ Le nerf grand hypoglosse tient sa sensibilité récurrente de la cinquième paire. — De l'ouïe et du nerf acoustique.

Messieurs ,

Le lapin sur lequel nous avions coupé la cinquième paire est mort hier. Aucune précaution n'avait été prise pour suppléer au vice de la mastication devenue in*sufBsante : sans cela, il eût peut-^tre vécu plus longtemps. Voici sa tète : la calotte du crâne a été enlevée , puis les hémisphères cérébraux, et l'on peut voir que la cinquième paire a été coupée, que la section a été bien complète. En avant de la section^ nous trouvons un peu de tuméfaction; nous examinerons cette petite tumeur avec soin pour voir s'il 'est possible de rexpliquer par quelque mécanisme connu.

Vous voyez aussi l'altération de l'œil. La cornée ne forme plus qu'une large croûte d'un blanc jaunâtre.

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