ET DE LA TROISIÈME PAUPIÂEB
GertaÎDes substances toxiques peuvent produire des effets qui ^ manifestent par des mouvements dans les yeux : l'essence de térébenthine est dans ce cas. En faisant respirer de l'essence de térébenthine à un lapin , en lui plaçant le nez au-dessus d'un verre rempli de cette substance, j'ai vusemanifesterauboutd'uncertain temps des mouvements convulsifs très singuliers dans les yeux. Puis ces mouvements disparurent quelque temps après, lorsque l'animal se rétablit.
Il nous resterait, pour compléter l'histoire des mou« vements du globe de l'œil, à parler des mouvements de la troisième paupière, ou paupière nictitante, qui existe très développée chez certains oiseaux de proie, et qu'on rencontre aussi chez certains animaux mammifères tels que le chien, le chat, même un peu chez le lapin.
Le mécanisme des mouvements de cette paupière est tout à fait difiBérent chez les oiseaux et chez les mammi* feras. Chez les oiseaux rapaces, le hibou par exemple , il existe un muscle destiné spécialement aux mouve-ments de cette paupière^ et dont le tendon, long et grôle, est tdlement disposé qu'il agit exactement, pour fermer la paupière, comme une corde qui tire un rideau. C'est un filet nerveux moteur qui anime le musde de cette tinisièine paupière, qui se meut dès lors par un mouve* ment actif.
Cbez le$ mammifères, le chien et le chat, la troisième paupière n'est , pour ainsi dire, que l'exagération de la caroncule lacrymale, qui se trouve supportée par une lorte de tubercule placé à l'angle interne de l'orbite, entre la paroi de l'orbite et le globe oculaire luî*>mème*
220 MOUVBMfifiTS DU GLOBE DE L*OBIL
Lorsque les muscles du globe oculaire, animés par le moteur oculaire commun, iriennent à se contracter, le globe oculaire, se retirant dans le fond de Torbite, presse le pédicule cartilagineux de la troisième paupière et la chasse en avant comme un noyau de cerise qu'on presserait entre les doigts. Cette propulsion de la base de la troisième paupière la porte au-devant de l'œil dont elle recouvre une partie plus ou moins grande suivant les animaux. Ici donc, quoique le mouvement soit déterminé par la troisième paire, il Test d'une manière mécanique et passive. Ce qui le prouve, c'est qu'on peut le produire mécaniquement, môme chez l'animal mort, lorsque avec le doigt on presse sur la cornée pour enfoncer l'œil dans l'orbite. Toutes les fois que l'œil tend à s'enfoncer dans l'orbite le même phénomène a lieu : c'est ce que l'on voit, par exemple, après la section du grand sympathique au cou, parce que cette opération entraîne la rétraction du globe oculaire dans le fond de l'orbite.
La galvanisation du nerf sympathique, en amenant le prolapsus de l'œil en dehors, fait rentrer la troisième paupière. L'action de la nicotine, en amenant la rétraction violente du globe oculaire, produit la saillie de cette troisième paupière d'une manière si forte qu'elle couvre complètement la cornée transparente, et que l'animal en est comme aveuglé. Quelquefois Tanimal semble mouvoir cette troisième paupière volontairement dans des mouvements destinés à remplacer le clignement ; mais c'est toujours par le même mécanisme. C'est ce que nous avons vu très nettement sur un chat, chez lequel les