ET DE LA TROISIEME PAUPIÈRE
deux nerfs faciaux avaient été arrachés. Lorsque cet animal se chauffait devant le feu, ne pouvant plus fermer 1^ paupières, comme les animaux le font habituellement, il faisait avancer au-devant de l'œil sa troisième paupière, seul organe de clignement dont il put faire usage.
Le nerf pathétique, ou de la quatrième paire, prend naissance de la valvule de Vienssens, près des tubercules quadrijumeaux ; de là il vient contourner la petite cir« conférence de la tente du cervelet, se loge dans le repli de la dure-mère, puis dans la face externe du sinus caverneux, et pénètre dans Torbite par la partie la plus interne de la fente sphénoïdale, en croisant les nerfs optique, moteur oculaire commun, et moteur oculaire externe, qui sont placés au-dessous de lui. En ce point, le nerf pathétique se trouve superficiellement placé à côté de la branche ophthalmique, et particulièrement du nerf frontal interne avec lequel il s'anastomose en formant une anse, comme l'indique la figure 8. Après quoi il vase rendre vers le milieu du ventre du muscle grand oblique dans lequel il se termine.
Ce nerf, par ses fonctions, est évidemment moteur ; mais il doit probablement, comme tous les nerfs de cet ordre, posséder une sensibilité récurrente. Il serait vraisemblablement possible, en agissant sur la portion intracrânienne de ce nerf, de vérifier s'il possède la sensibilité récurrente : les anastomoses qui l'unissent à la cinquième paire font penser que c'est de la branche ophthalmique qu'il tiendrait la sensibilité récurrente.
Nous devons ajouter que le nerf pathétique présente
m nEKS MOTEURS
encore une particularité remarquable : il offre au ni* veau du sinus caverneul un aspect grisâtre^ ^glî* forme. Le microscope serait nécessaire pour décider si cette apparertce est liée à l'existence de cellules ganglionnaires dans cette portion du nerf.
Le nerf moteur oculaire externe ou nerf de la sixième |>aire natt par deux racines, Tune provenant du pont de Varole, l'autre de la pyramide antérieure. Bientôt il pénètre dans un orifice de la dure-mère> et vient se placer dans la paroi externe du sinus caverneux. De là il entre dans l'orbite, à côté du nerf moteur oculaire commun, et va se distribuer dans le muscle droit externe de l'œil.
Ce nerf, dont les fonctions sont motrices, doit contracter des anastomoses avec la cinquième paire dans le muscle droit externe, qui reçoit des filets sensitifs de la cinquième paire. Ce serait là la source de la sensibilité récurrente que l'exiguïté du nerf rendra difficile à constater.
En résumé, le nerf moteur oculaire commun, le plus important des uerfs moteurs de l'œil, fournit, ainsi que nous l'avons vu, à tous les muscles droite, moins le droit externe, au petit oblique et au muscle releveur de la paupière supérieure ches l'homme. Chez les animaux, le bœuf et le cbevsd, c'est le moteur oculaire externe qui fournit au muscle conoïde. Il y a chez le caméléon, À la partie externe de l'œil , un autre groupe de muscles qui reçoit du nerf moteur oculaire externe.
Le nerf moteur oculaire commun prend naissance à la partie interne des pédoncules du cerveau, d'une
DU GMBÈ OGULAms* fiâft
grâe que l'exatnen i»ieros6o|tique A ifltotré formée de cellules ganglionnaifes motriees. Le netf pénètre dans un repli de la dure-mère^ puis vient se placer sur le côté du nerf optique, se divise bn danx brandies dont l'une passe au-dessus, l'autre au-dessous du nerf optique. La branche supérieure se distribue au mutele [releveur de la paupière supérieure, au droit supérieur et au droit interne ; la branche infériëul*e se distribue aux muscles droit inférieur et petit oblique.
Un des points les plus intéressants de Thiftoire du Dwf moteur oculaire commun, est la présence d'un ganglion sur le trajet de sa branche inférieure. On dé^ crit généralement ce ganglion, appelé ganglion ophthatmique, qui se trouve situé sur le côté externe du nerf optique, comme étant un ganglion du grand sympa^ thique qui reçoit sa racine motrice du nerf moteur ociih iaire oommon par une anastomose qu'on appelle chët rhomme la racine courte et grosse, anastomose qui se détadie du nerf au moment où il va fournir le filet qui se distribue dans le muscle droit inférieur. De plus, H communique avec le nerf nasal de la cinquième paire par un rameau qu'on regarde comme sa racine seni»^ live, et qu'on appelle racine longue et grise.
Nous nous sommes expliqué ailleurs relativement à la sensiiMlité spéciale que les nerfs ciliaires communiquent à l'iris et à la cornée transparente, ainsi que sur Tinfluence qu'exerçât ces nerfs sur la sécf étion des hih meurs de Tcail. H parait bien évident que la sensibilité des nerfs ciliaires a pour point de départ lacinquième paire. 11 s'agit m d'examiner si la faculté motrice des nerfs
2â& MOUVEMENTS DE LA PUPILLE.
ciliaires provient exclusivement du nerf moteur oculaire commun. La plupart des anatomistesTadmettent, depuis Herbert Mayo^ en se fondant sur le prétendu relâchement de la pupille après la paralysie de la troisième paire. Nous verrons toutefois que cette explication n'est pas satisfaisante, parce que les mouvements de la pupille ne cessent pas après la destruction du nerf moteur oculaire commun , de la quatrième, de la sixième paires, et même après la destruction des nerfs optiques. Il suffit aloi*s de pincer la branche ophthalmique pour déterminer une contraction très violente de la pupille. Du reste, le volume du ganglion ophthalmique ne paraît point en rapport avec Tintensité des mouvements de la pu* pille. Quant à Tanastomose que le nerf moteur oculaire commun contracte avec le ganglion ophthalmique, on pourrait anatomiquement plutôt soutenir que c'est le ganglion qui fournit des filets au nerf moteur oculaire commun que de prétendre que c'est ce nerf qui lui en envoie. D'ailleurs la section du filet cervical du grand sympathique, de même que sa galvanisation, produisent, comme nous le verrons, des mouvements de la pupille, de manière à faire penser que la faculté motrice de nerfs de l'iris viendrait aussi de la région cilio-spinale de la moelle épinière.
La nature des mouvements de la pupille est encore entourée aujourd'huide la plusgrande obscurité, quelques auteurs regardant le tissu de l'iris comme musculaire, les autres pensant qu'il est constitué non par des muscles, mais par un tissu vasculaire érectile. L'action du grand sympathique sur la pupille, c'est-^-dire d'un nerf qui agit
spécialement sur les vaisseaux ^ seii*ait d'accord avec cette deroière opinion. Nous aurons du reste à discuter ces questions à propûs du grand sympathique.
Quand on pince la branche ophthalmique de la cinquième paire, on a une constrictiou de la pupille, parce que dans^ le sinus caverneux cette branche, qui a une apparence gangliforme, reçoit des anastomoses nombreuses du grand sympathique, et c'est leur irritation qui produit sans doute le mouvement de la pupille. Ce qui le prouve, c'est qu'en pinçant le tronc de la cinquième paire avant lé ganglion on ne produit rien sur lapupille.
Nous terminerons en disant que le nerf moteur oculaire commun présente aussi un aspect gangliforme dans la portion située dans laparoi exlerne.du sinus caverneux. II contracte en effet à ce niveau , avec les rameaux carotidiens du grand sympathique^ des anastomoses très nombreuses. Le nerf pathétique est dans le même cas ; et on sait que les anciens considéraient ce nerf comme étant l'origine du trisplanchnique dans la tête.
Le nerf moteur oculaire commun, essentiellement moteur .ain^ que sa dénomination même l'indique, possède la sensibilité récurrente. Toutefois cette sensibilité est très difficilement appréciable sur les branches du oerf dans l'orbite; c'est sur le tronc même du nerf, dans sa portion intracrànienne que cette propriété doit être constatée. Toutefois, il faut employer pour cela des animaux jeunes et capables de résister^ parce que l'épuisement causé par l'opération peut empêcher la constatation de ce phénomène, ainsi que nous le savons* déjà pour les racines rachidiennes. Le nerf qui fournit la
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