ANATOMIE
nion. (Voyez son Traité de physiologie y t. II, p. 812, 1850.)
Relativement aux anastomoses que le spinal contracte, soit dans le canal rachidien , soit à son passage dans le trou déchiré postérieur, soit à sa sortie du crâne, on trouve une grande divergence d'opinions parmi les ana-tomistes.
Avant son entrée dans le trou déchiré postérieur, le spinal forme un nerf successivement croissant de bas en haut, depuis la cinquième paire cervicale environ qui limite ses origines inférieures.
La plupart des anatomistes décrivent , en effet , les origines du spinal comme se terminant inférieurement chez l'homme au niveau de la cinquième paire cervicale ; cependant il arrive souvent qu'en plaçant la préparation sous l'eau on poursuit encore un ou plusieurs filaments originaires excessivement ténus jusqu'à la septième paire cervicale, et même jusqu'à la première paire dorsale.
Le tronc du spinal, alors placé sur les côtés de la moelle épinière, semble être collé sur son faisceau latéral. Mais en soulevant ce nerf avec des pinces , on voit que ses radicules se portent obliquement en arrière et viennent s'implanter, en se bifurquant et quelquefois en setrifurquant, immédiatement au-devant des filets radiculaires des racines postérieures. Vers la partie supérieure du cou, les filets d'origine du spinal sont plus longs, et le tronc du nerf, placé tout à fait latéralement à la moelle épinière, appuie sur la face postérieure du ligament dentelé. Â mesure que Von descend, les ori-
gines du spinal deviennent de plus en plus courtes et font conséquemment que le tronc du nerf se rapproche davantage des faisceaux postérieurs de la moelle, si bien que dans la partie inférieure du cou il est placé très en arrière et très près des racines postérieures rachidiennes. Quoi qu'il en soit, les filets originaires du spinal naissent tous par des origines bif urquées ou trifurquées (ce caractère appartient aux racines antérieures), sur la partie la plus reculée des faisceaux latéraux, par conséquent immédiatement à côté des racines postérieures et bien en arrière des racines antérieures.
Le tronc du spinal contracte dans son trajet intrarachidien quelques anastomoses avec les racines postérieures. Dans toutes les pièces que j'ai disséquées, ces connexions m'ont paru constantes et plus marquées avec les racines postérieures de la première paire cervicale, ainsi que l'avait déjà observé Bischoff. II ne m'a pas semblé que ce fussent là de véritables anastomoses, c'est-à-dire un échange de filets nerveux entre le spinal et les racines postérieures. Souvent il arrive , en efiet , que quelques filaments de la racine postérieure de la première paire cervicale s'unissent au tronc du spinal, mais il est toujours facile de les isoler et de constater qu'il n'y a là qu'un simple accolement. Quelques anatomistes , et Mayer en particulier, ont décrit au niveau de ces accolements des petits corps ganglionnaires sur le tronc du spinal. J'ai cherché souvent ces corps ganglionnaires sans succès. J'ai seulement vu quelquefois le petit ganglion de la racine postérieure de la première paire cervicale adhérer au tronc du spinal , dont on pouvait
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très bien le séparer sur des pièces un peu macérées. A part cela, je n'ai pas vu de ganglion appartenant à l'accessoire de Willis.
Après avoir franchi la première paire cervicale, toutes les origines que le nerf spinal a tirées de la moelle épinière forment un tronc isolé B (fig. 13), et c'est ce tronc nerveux seul qui constituait pour Willis le spinal tout entier, ainsi que nous l'avons dit ailleurs. Cette portion du spinal monte vers le trou déchiré postérieur, en s'infléchissant un peu en dehors, et elle reçoit, chemin fai« sant, un certain nombhe de filets B' (fig. 13) nés de la modle allongée, qui s'y accolent pour aller constituer plus tard la branche anastomotique interne. Willis cou* sidérait ces filets comme appartenant au pneumogaa» trique ; c'est Scarpa qui les a rangés dans les origines du spinal. Il paraît, au premier abord, assez difficile de séparer nettement les filets du spinal émanés de la moelle allongée de ceux du vague lui-même, qui naissent abso* lument sur la même ligne. Cependant ces filets, qui sont au nombre de trois ou quatre , ont des origines bifurquées ou trifurquées, ce qui n'a pas lieu pour les origines du vague, dont ils sont, du reste, souvent séparés par le passage d'un rameau de l'artère cérébelleuse postérieure.
Les trois ou quatre filets originaires B', nés de la moelle allongée, s'unissent quelquefois au spinal dans le canal vertébral, mais c'est le plus ordinairement à l'entrée du trou déchiré postérieur ; et ils se placent en avant et au-dessus de la portion formée par les ori-gines proyenant de la moelle cervicale, à laquelle ils ne
font que s'accoler pour aller former ensuite la branche anastomotique interne du spinal.
Le spinal, étant ainsi constitué par deux portions originairement distinctes 9 pénètre dans le trou déchiré eu arrière et un peu au-dessous du pneumogastrique. Chacune des deux portions originaires du spinal peut être suivie isolément dans son trajet dans le trou déchiré postérieur. Le tronc B (fig. 13), qui est le résultat de toutes les origines médullaires du spinal, et que j'appellerai grande racine médullaire^ se place tout à fait en arrière dans le trou déchiré postérieur, et sur des pièces macérées convenablement on peut toujours le décoller avec la plus grande facilité , et suivre sa continuité entière avec la branche externe du spinal. J'ai toujours constaté, ainsi que l'admettait Willis, que cette grande racine du spinal reçoit un filet anastomotique S du pneumogastrique lorsqu'elle est près de sortir du trou déchiré postérieur. Le faisceau A:, qui provient de l'assemblage des filets radiculaires B' du spinal insérés sur la moelle al* longée, et que j'appellerai courte racine bulbaire, est d'abord accolé par du tissu cellulaire à la partie anté* rieure de la grande racine, avec laquelle il chemine pendant quelque temps comme étant dans un névrilème commun. Mais bientôt, en suivant avec soin cette courte racine, on constate qu'elle se sépare du tronc du spinal par un, deux ou quelquefois plusieurs filets, qui se jettent dans le pneumogastrique.
Scarpa et les modernes qui ont suivi sa description n'avaient pas su, ainsi que je viens de l'établir , que la grande racine médullaire née de la moelle épinière va
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constituer la branche musculaire externe du spinal , tandis que la courte racine bulbaire, née du bulbe rachidien, va se jeter dans le vague, et constituer la branche ana^tomotique interne. Scarpa considérait en effet que le tronc du spinal arrivé dans le trou déchiré postérieur était un nerf indivis , parfaitement homogène , dont toutes les origines s'intriquaient et se confondaient inti-* mement, après quoi il se séparait en deux portions, la branche externe r (fig. 13) et la branche interne l, m, destinées à porter aux muscles du cou et au pneumogastrique rinfluence provenant de toutes les origines médullaires du spinal. Cette opinion de Scarpa a été par* tagée par Bischoff et par plusieurs autres anatomistes. Mais elle a surtout été développée par des physiologistes qui ont admis qu'il fallait que chacune des origines si multipliées du spinal vint concourir dans une certaine mesure à la formation de sa branche interne, car ce serait, suivant ces auteurs, une prévision de la nature pour assurer les fonctions de la branche interne du spinal.
Il est donc évident , contre Topinion de Scarpa et celle des auteurs qui Tont adoptée, que le spinal est un nerf composé de deux portions, qui sont distinctes à leur origine et à leur terminaison ; que la grande racine nié* duUaire correspond à la branche externe du spinal, que la courte racine bulbaire correspond à la branche interne du spinal anastomotique avec le vague. Bendz était déjà arrivé à une distinction analogue en se basant sur des dissections minutieuses. De mon côté, sans connatlro son travail, j'y ai été conduit par les expériences phy
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siologiques ; ce qui m'a permis noo-seulement d'indiquer cette distinction, qui est un fait capital dans Thistoire du spinal, mais d'en donner la démonstration, ainsi qu'on le verra plus loin.
La branche interne du spinal, après s'être séparée de ce qu'on a appelé le tronc du spinal, se jette dans le pneumogastrique par un, deux ou plusieurs filets, h ^ (fig* ^3)- ^ filète viennent se placer en arrière et un peu en dedans du tronc du vague, auquel ils ne font que s'accoler, sans se confondre dans l'intumescence gangliforme que ce nerf présente en ce point. Spence, se fondant sur cette particularité, compare ingénieusement le mode d'adjonction de cette branche interne du spinal au vague à la manière dont se comporte la petite racine motrice de la cinquième paire avec sa grosse racine sensitive.
Il est difficile de poursuivre longtemps les filets émanés de la branche interne du spinal , et, anatomiquement, il est impossible de les distinguer aussi loin que nous le ferons plus tard à l'aide de l'expérimentation physiologique* On voit en effet la branche interne du spinal se diviser et s'éparpiller en filaments blancs sur le tronc du vague, qui présente une intumescence gangliforme, grisâtre, marquée, en ce point. On peut constater cependant directement la continuation des filets de la brandie interne du spinal jusque dans le rameau pharyngien, ainsi que l'avait très bien figuré Scarpa. Sur des pièces convenablement macérées, les filets de la branche interne tranchent par leur blancheur sur le fond gris du tronc du nerf pneumogastrique; on les voit se com-
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poser et se décomposer, sans qu'il soit possible anatomiquement de les suivre isolément. Il ne m'a pas été possible de séparer, ainsi que Bendz Ta fait, les filets de la branche interne jusque dans le nerf récurrent ou laryngé inférieur. On ne peut pas non plus constater d'anastomose bien nette de fa branche interne du spinal avec le glosso-pharyngien et l'hypoglosse dans le trou déchiré postérieur.
La branche externe du spinal, à sa sortie du trou déchiré postérieur, se dirige en dehors et en bas au« dessous des muscles digastrique et stylo-hyoïdien, puis au-dessous du muscle sterno-^mastoïdien, traverse souvent ce muscle ou s'accole à sa face profonde pour gagner le muscle trapèze dans lequel le spinal se ter* mine. Chemin faisant, la branche externe du spinal donne des branches au sterno-cléido-mastoïdien , et forme, au niveau de ce muscle, une sorte de plexus auquel concourent des rameaux venant des paires cervicales et, en particulier, de la troisième. Les anastomoses ont une disposition en anse très marquée. Après avoir franchi le sterno-mastoïdien, le spinal affaibli reçoit encore des communications des deuxième et troisième paires cervicales. Â la face profonde du trapèze, il reçoit deux branches des troisième, quatrième et cinquième paires cervicales. C'est à tort qu'on a dit que chez l'homme le spinal se rendait dans d'autres muscles que le sterno-mastoïdien et le trapèze.
En résumé :
1* Le nerf spinal ou accessoire de Willis, étudié chez l'homme, est composé par une série de filaments ner*
veux à origines superficielles et bifurquées qui s'inipiaulent sur la ligne de séparation des cordons postérieurs et latéraux de la moelle.
S"" Ces filets d'origine du spinal commencent en haut sur les côtés de la moelle allongée, au-dessous du nerf vague, et descendent inférieurement jusqu'au niveau do la racine postérieure de la cinquième* paire cervicale environ.
3* Le nerf spinal doit être divisé en deux portions : 1<» la petite racine bulbaire qui natt de la moelle allongée au-dessus de la première paire cervicale, et qui est destinée à former la branche interne du spinal dite anastomotique du vague; S"" la grande racine médullaire qui prend naissance sur la moelle épinière cervicale, et est destinée a former la branche externe du spinal.
4** L'anastomose entre le spinal et le pneumogastrique dans le trou déchiré postérieur n'est pas constituée uni* quement par les anastomoses de la branche interne qui se jettent dans le tronc du vague, mais il y a aussi un ou plusieurs filets plusantérieurement situés S (fig. 13) qui proviennent du pneumogastrique et vont se jeter dans la branche externe du spinal. De sorte qu'en réalité il y a un échange de filets entre le spinal et le pneumogastrique.
5** Le nerf spinal doit être considéré comme un nerf essentiellement moteur. Sa branche interne se jette dans le vague et s'associe de plus au glosso-pharyngien et au grand sympathique par l'intermédiaire du plexus pharyngien, tandis que la branche externe va s'associer avec le plexus cervical.