‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 62 sur 86 · ALTÉRATION DES POUMONS · texte numérisé non relu

ALTÉRATION DES POUMONS

D'autre part, des travaux entrepris sur le même sujet nous montrent que cette altération peut être fort légère, qu'elle peut niérae manquer complètement. Dans leurs expériences sur le pneumogastrique , de Blainville et Provençal n'ont trouvé aucune altération anatomique dans les poumons d'animaux qu'ils avaient fait périr en leur coupant les pneumogastriques. Ils en avaient conclu que ces animaux mouraient , non par Tappareil respiratoire, mais par l'appareil digestif; qu'ils rnouraient de faim.

Les expériences de de Blainville et Provençal montrent seulement que l'altération du poumon n'est pas constante, qu'elle peut manquer complètement, sans que les animaux survivent pour cela à l'opération ; que par conséquent l'opinion qui veut trouver dans cette altération pulmonaire la cause de la mort par section des nerfs pneumogastriques est une opinion erronée.

Enfin cette lésion du poumon n'existe pas chez les oiseaux, bien que chez eux, comme chez les mammifères, la section des pneumogastriques soit mortelle.

Répétant à mon tour Texpérience , qui consiste à couper les nerfs pneumogastriques dans la région du cou, et à suivre les perturbations fonctionnelles ou anatomiques qui en sont la conséquence, je suis arrivé à des résultats variables. Toujours ou presque toujours (j'aurai à revenir sur cette restriction), les animaux ont succombé dans un temps, qui avarié de quelques heures à trois ou quatre jours. Mais tantôt j'ai rencontré les lésions pulmcHiaires signalées par Legallols, tantôt les poumons étsuent complètement exempts de cette infiltration san-

â5A NERF PNEUMOGASTRIQUE.

guine signalée. Je me suis dès lors attaché à chercher (ians les coDditions de Texpérience, la raison de celte divergence des résultats, et je crois l'avoir trouvée.

Cette carnification du poumon se montre plus spécialement chez les jeunes animaux, chez ceux qui sont en même temps plus petits, comme les lapins , ou les cochons d'Inde. Un lapin jeune, auquel on a coupé les pneumogastriques, meurt généralement avant vingtqqatre heures ; or, si on le sacrifie une heure après Topération, on trouve déjà de la congestion ; un peu plus lard, un épanchement sanguin se fait; les poumons sont aloi*s marbrés par le sang; Tanimal périt plus tard réellement asphyxié.

Mais cette asphyxie n'est qu'accidentelle, il y a en efiet des animaux qui ne l'éprouvent pas et qui n'en meurent pas moins. J'ai vu des chiens survivre trois ou quatre jours à l'opération sans présenter de signes d'asphyxie et conservant les poumons sains et le sang artériel parfaitement rouge.

Lorsqu'on a coupé les pneumogastriques à un animal^ la mort qui survient n'est donc pas nécessairement la cmséquence de Vasphyxie.

M. Traube, de Berlin , a expérimenté sur des lapins pour tâcher de saisir la cause de l'altération que présentent chez eux les poumons. Il a cru remarquer que, chez eux, l'altération des poumons était due à l'introduction, dans les bronches, des liquides sécrétés dans la bouche ou remontant de l'estomac dans l'oesophage paralysé. La présence de ces liquides dans les brondies expliquerait, suivant cet auteur, l'ftsphyxie et les altéra-

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