‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 73 sur 86 · EXPÉRIENCES COMPARATIVES · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES COMPARATIVES

Alors et pendant que la plaie était décousue , je fis du côté gauche la section de toutes les racines postérieures de sentiment (quatre dernières lombaires et deux sacrées) qui concourent à la formation des plexus lombaire et sacré. Cette opération finie, la plaie fut recousue une seconde fois et Tanimal laissé en repos.

Une demi-heure et une heure après, on prit à deux reprises la température sous-cutanée des deux cuisses, comme il a été indiqué, en ayant soin de toujours répéter plusieurs fois les vérifications. Voici ce que Ton obtint :

1** OBSERVATION [Cuisse gauche paralysée du sentiment. • 35* cenL après 1/2 Iieurc. (Cuisse droite paralysée du mouvement . 34* cent.

S* OBSERVATION ( Cuisse gaoche paralysée du Sentiment • 3A*cent. après i heure, • (Cuisse droite paralysée du mouvement . 32* cent.

On voit ainsi qu'aussitôt après la section des racines rachidiennes, aussi bien après la section des antérieures qu'après celle des postérieures, la température du membre a commencé à s'abaisser, tandis que la température s'était très bien maintenue dans le membre tant qu'il avait conservé ses deux ordres de nerfs rachidiens.

Trois heures s'étaient à peine écoulées depuis la section des racines antérieures, que la température du membre droit s'était abaissée de quatre degréâ ; et déjà une heure après la section des racines de sentiment, celle du membre gauche s'était abaissée d'un degré.

L'animal était resté très vigoureux après son opéralion, et on ne pouvait pas objecter que son état d'affaiblissement avait cm pèche les effets de caloricité de

49p ISEÇF (iR.V»P îiYMPATHIQVP.

se dévelQ(»ppr. Touttifoi^, je voulus lever toute prise à robjection en faisant une confre-épreuve directe : en ppnséquejice, sur le c|ïien f^i avait 9uhi toutes ces expériences sur Ips racines rachidienneç., je coupai le sypipalhiqpe m cpu, et après vingt-cinq minutes il y avait à la m^in déjà qne \\è^ grande différence de teqipéra- |urp entre les à^w^ oreilles : l'oreille gauche, où Ton avftjt ppupé le sympatbiquci donnait 23 degrés, tandis que celle du côté saiu marquait seulement 2Q d%rés. Il fut donc Remontré par l|t qup la calorificatipn se développait encore très activement chez cet animal, et que par conséquent ce phénomène aurait dû nécessairement se produire, si la section des racines antérieures eût été dans le cas de le déterminer.

En résumé, il me semble résulter clairement des expériences contenues dans ce paragraphe les propositions qiji sHiyent ;

V L^ section ^ps nerfs flu sentiment, optre l'abolition du gentiment, produit la diminution de température des parties.

i"" Celle des nerfs de mouvement y outre rabolition du mouvement^ ft donné lieu é^^Iement à un refroidisscRïeflt des pftrtips paralysées.

3* I4 destruptiqn du nerf sypipathique, qui ne produit ni rimmQt^iljté des muscles n| la perte de fusibilité, amène une augmentation de températnre constante et très considérable.

V Maintenant, si Ton coupe un tronc nerveux mixte qqi renferme à la fois des nerfs de sentiment, (|e mouvement et des fllets sympathiques, on a les trois effets

réuujs, Savoir : par^I;sie de mouvement, paralysie éê scntîwpot et exaltation 4e caloricité. p'est oe que Top pei|t o))tenir par l^ çpptîoo du neff sciatiqite) par e^wir pIpi t^HtefoiSi pp popi^prendra que ^calorifiMtion doive ^tre dfws ce dei*nier P4s un ptsq ipoipa prppoqeée, parce gy'p))p e^t f^Iprs poptrert^nti^ pi^r rAt>ai8MineQt que détermine simultai^éfqppt la PAra);$ie de» mth de (POP¥exQent et d^ septitpent.

5** D'apr^ cela je prois donc ^vQÎr établi aveo v{ûaQD gqe cette ^ugineptatiop de caloricité e$t le ré»iltiit apé* ei^i de la aectiop du uerf sypipatbique. C'ast cal eflit

i^lé qp'il s'ugira d'étqdier daii^ lp« paragraphe* suh

vvits,

4*^ pbservé que lorsque sur PR ftpinii^I mipateifi^e, spr HP c}iiei), sur un chat» sur un pji^vftl, sqr m l»piP pi)^ur un cocbpn d'tnde, par e:i^eipple, on cQupe pu on }ip d^f la région pioyenne du pop le filet de copimu* piçatiop {\] qui existe entre le gaqglioq cervical ipférieur et je g^glion çerviqal supérieur, on çoqstate aMWitâit qne la caloricité ^ugniepte dans topt le c6té correipoqdant ^e |a tète de Taniuial Cette éléyatiop de tepipé* rature débute d'une mapière in^fant^éf} , et elle le développe si vite qu'en quelques miqq^e^, danaçQrMûpw pircQnstancesy on troqve entre les deqx pûté$ de la t(kte

Cl) €boi !• IqitBt le cocboa A'fnde, le cheTal.ce ilM cit Isolé du pi|çi9in(^strkme, et le ti»uTe p|9ç^ entre ce merf e( )>rtèce C9io)Ue. chef le chien, le chat, le filet sympathique est confondu avec le vaçne, et H devient impossible de couper isolément ces deux nerfs. Le ganglion 09r?k«l moyen inanque sénéralemen^ chfs ces «pinaiis. niPf^i dits le cochon d'Inde, où je l*ai à peu près toujours rcncontril<

une différence de température qui peut s'élever quelquefois jusqu'à A ou 5 degrés oenti^çrades. Cette diSftrence de chaleur s'apprécie parfaitement à Taide de la main, maison la détermine plus convenablement en introduisant comparativement^ et avec les précautions convenables, un petit thermomètre dans la narine oa daus le conduit auditif de Tanimal.

J'ai souvent extirpé les ganglions cervicaux supérieurs du grand sympathique chez le chien et chez le lapin ; chez ce dernier animal, je les ai trouvés insensibles à la pression d'une pince, ainsi que l'avait déjà constaté M. Flourens; seulement leur arrachement semble toujours accompagné d'une douleur plus ou moins vive. Chez lechien, cette sensibilité paraît un peu plus grande. L'ablation du ganglion cervical supérieur est suivie des mêmes effets calorifiques que la section du filet cervical ; toutefois ces effets sont toujours plus rapides, plus intenses et plus durables. Il est inutile de citer toutes les expériences excessivement nombreuses que j'ai pratiquées; je dirai seulement qu'après la* section du filet sympathique chez les lapins, les phénomènes de l'excès de calorification et de sensibilité ne sont guère évidents au delà de quinze à dix-huit jours, tandis que chez les chiens cela peut durer six semaines à deux mois. Après l'ablation des ganglions chez ces animaux, la persistance de la lésion peut être considérée comme indéfinie; car sur un chien à qui j'avais fait l'extirpation du ganglion cervical supérieur à gauche, tous les phénomènes d'excès de caloricité et de sensibilité dus à cette extirpation étaient encore très intenses un au et demi après

INFLUENCE SUR LA CALOAtPiCATION. AdS

Textirpation du ganglion, lorsque l'animal fut sacrifié pour d'au très expériences.

Cette différence de & à 5 degrés est remarquable comme différence de calorifîcation relative entre les deux côtés de la face. Mais si Ton compare la chaleur de l'oreille et de la narine (ainsi échauffée par suite de la section du nerf) à la chaleur du rectum ou des parties centrales du corps, le thorax ou l'abdomen , on voit qu'elle est à peu près la même. Toutefois, j'ai constaté assez souvent que l'extirpation du nerf sympathique élevait dans l'oreille correspondante la chaleur jusqu'à hO degrés, tandis que la température normale dans . le rectum, chez cet animal, ne dépassait alors pas 38 ou 39 d^rés centigrades.

Toute la partie de la tète qui s'échauffe après la section du nerf devient le siège d'une circulation sanguine plus active. Cela se voit très distinctement sur les vaisseaux de l'oreille chez le lapin. Mais les jours suivants, et quelquefois même dès le lendemain, cette turgescence vasculaire a souvent considérablement diminué, bien que la chaleur de la face, de ce côté, continue à être très développée.

On peut constater, en faisant pénétrer le thermomètre à l'aide d'incisions préalables, que cette élévation de température qu'on apprécie superficiellement s'étend également aux parties profondes, et même dans la cavité crânienne et dans la substance cérébrale. Cela se

remarque mieux après Textirpation des ganglions sympathiques. Le sang lui-même qui revient des parties atusi échauffées possède ure température plus élevée^

A9& mikf 6AÀMD ^tifi^A^fiiOOe.

àitisi c|ùe je VU Constaté plusieurs fois sur des chiens, en introduisant un petit thermomètre datis là veine jugulaire à la régititi riioyenne du coll. tl est bien entendu que la cuvette du thermomètre doit être dirigée en haut, dé manière à être baignée pdr le sang teiùéux t|tti dëâeend dé Va tête.

i'âi fotilu rechercher comtrfent lé Côté de la tête échauffé par k section du nerf syrtipalhîque se comporterait compàrâlivémeiit avec les autres parties dû 6o^ps, si Toh venait ti âoUmettre les animaux à de grandes va- Hatibns de température amblâfate. Je plaçai donc Un àniinal (uri lapin auquel j'avaiâ pratiqué la sectiotf dii Hér^ danft UUé étuvé, dans Un tUilieU dont la température était au-dessus de celle de soti ctirps. Le côté de la tété (}ui était déjà chaud ne le détint pas sensiblement davantage, tandis que la moitié opposée de la face s*échaiiffà; et bientôt il ne fut pliis possible de distinguer le côté de la tôtë où le tierf syriipathîque avait été coupé, jJârce que toutes les piarties du corpîj, en acquérant leur summum de ëaloricité, s'étaient mises eh harmonie de température.

Les choses se passent tout autrement quand oh refroidit Tailimal eti le plaçant danâ un ntllietl anibiànt dôtit la tethpératUre est beaucoup au-dessoUS de celle dé kfti corps. On toit âlorè que la partie de la tète co^réspdildante au tietf sympathique coupé, résiste beâtiébuf) plus aU froid qué Celle du côté opposé ; c'est-à-dire que le côté normal de la tête se refroidit et perd son calorique beaucoup plus vite que celui du côté opposé. De telle sorte qu'alors la dësharmonie de température entre

INFLUENCE SUk LA CÂLOltlFlCAtlON. 1H)S

les detix moitiés de là tèlë devient de ]iltid en {dus évidente, et c'est ddLïïÈ cette circonstance que l'on eonstftte line différence de température qui peut n'élever quelqHtf^ foià jtiàqtt^à 10 ou 12 dëgi^ centigrades.

J^avats eu ridée de faire la section du nerf sytnpo^ tbiqUe sur deS anitiiaûx hibernants, petit* Mtoir in éèift les rendrait moins sensibles à raelioifi eUgoufdiaMUiM que le froid leui- fkit éprouver. Je n'ai pas encore eu roccasion de réalisei* cette expérience.

Clé phénomène singulier d'utie plus grande résistance aU froid s'accompagne autel d'une sorte d'exaltation d« la vitalité des parties, qui devient surtout très tnâUlfMié tjbdnd oii fait mourir les atiittiaUi d'une Inanière lente; Soit en tes empoisdiinant d'une certaine façon, Soit M leur réséquant les nerfs pneumogastrique^. A mesuft que l'animal approche de l'agonie^ la température bais^ |)fogreSsivèment dans toutes les parties extérieures de son corps ; mais on cOUstate toujours que le eMé d« la tète où le neif sympathique a été coupé offre une ièrmpétttut'e relatitement plus élevée, et au moment oà lu thèri suiirient^ c'eM ce cMé de la face qui conserve k dernier les caractères de la vie. Si bien qu'au momeât où l'animal cesse de vivre, il peut arriver un ioslant où le edté normal de la tète présente déjà le froid et rim<^ iliobilité de la mort, tandis que l'antre moitié de la face) du côté où le nerf sympathique a été coupé^ est srosi^ blémeUt plus chaude et offre encore ces espèces demoa^ vements involontaires qui dépendent d'one sensibilité sans conscience et auxquels on a donné le nom de mou<vements réflexes.

496 NERF GftAND STliPATHIOtlE.

En observant pendant longtemps les animaux auxquels j'avais fait la section de la partie céphalique du grand sympathique, j'ai pu suivre les phénomènes de calorification ainsi que je Tai dit plus haut. Si les animaux restaient bien portants, je n'ai jamais vu, après cette expérience, survenir dans les parties plus chaudes aucun œdème ni aucun trouble morbide qu'on puisse rattacher à ce qu'on appelle de l'inflammation. J'ai dit : si les animaux étaient bien portants, car en effet, lorsqu'ils deviennent malades, soit spontanément, soit à la suite d'autres opérations qu'on leur fait subir, on voit les membranes muqueuses oculaire et nasale, seulement du côté où le nerf sympathique a été coupé, devenir très rouges, gonflées, et produire du pus en grande abondance. Les paupières restent habituellement collées par du mucus purulent, et la narine en est fréquemment obstruée. Si l'animal guérit, ces phénomènes morbides disparaissent avec le retour à la santé.

D'après cela je n'admets i^Yinflammaiion de la conjonctive signalée par Dupuy, JohnReid, etc., comme une conséquence normale de la lésion du nerf sympathique : je considère ce phénomène comme accidentel et comme ne survenant qu'à la suite d'un état d'affaiblisment consécutif de l'aninial. Je signale du reste le fait comme je l'ai observé, sans vouloir essayer d'expliquer pour le moment, comment il se fait que cette augmentation de caloricité et de sensibilité des parties arrive à se changer subitement sous certaines influences en ce qu'on appelle une inflammation violente avec formation purulente excessivement intense.

INFLOBNCB SUR LA GALORIFICATION. &97

Les faits de calorification de la tète que j'ai préoédemmeot signalés, après la section, la ligature, la contusion ou la destruction de la partie cervicale du grand sympathique, sont faciles à reproduire et à vérifier. Toutefois, comme toujours en physiologie expérimentale, il est nécessaire de prendre quelques précautions pour obtenir des résultats constants et bien tranchés. Voici les conditions qui me paraissent les meilleures :

1* 11 est préférable de faire l'expérience lorsque la température ambiante est un peu basse, parce qu'alors la diiférence de chaleur entre les deux côtés de la face est d'autant plus facile à saisir qu'elle est plus considérable.

2* n faut choisir des animaux vigoureux et plutôt en digestion, Tobservation m'ayant appris que les phénomènes de calorification se manifestent d'autant plus faiblement et plus tardivement que les animaux sont préalablement affaiblis ou languissants.

h!" 11 faut éviter les grandes douleurs et l'i^tation de l'animal pendant l'opération. 11 arrive en efiet, si celleci est laborieuse, que l'émotion et l'excitation générale que l'animal éprouve en se débattant masquent complètement le résultat immédiat. Bien qu'on n'ait coupé le nerf sympathique que d'un seul côté, on pourrait trouver les deux oreilles par exemple aussi diaudes l'une que l'autre immédiatement après la section. Mais bientôt, si on laisse l'animal en liberté, les choses reprennent leur équilibre et le côté correspondant au nerf coupé reste seul avec une température plus élevée.

4* Ainsi qu'il a été dit, les phénomènes sont toujours

B., Swr. wiBT. — n. 3S

iM Wakf 01I4ND 8Vllt»ATHIQM.

pliis marqués et plus durables, quand au lieu de couper le filet d'union du sympathique au oou, on eitirpe le ganglion cervical supérieur.

6* Du reste, en revenant ailleurs sur les phénomènes de caloriflcatîon produits par la section du sympathique nous verrons qu'ils paraissent suivre les variations phy« Biologiques de la chaleur animale. Ils sont plus marqués généralement pendant la période digestive et plus fai*blés pendant l'abstineuce. J'ai pratiqué encore l'extirpatbn des ganglions et la section des filets du sympathique dans lé thorax et dans l'abdomen « Je ne décrirai point ici ces expérienoes, parce qu'elles ont été faites à d'autres points de vue. Je dirai seulement qu'elles sont suivies quelquefois mais non toujours des mêmes effets vascubiires et calorifiques qu'à la tète.

Lorsqu'on galvanise avec une forte machine électromi^oétique le bout cépbalique du nerf sympathique coupé, chez un chien par exemple, ce n'est pat seulement la pupille qui reinrend sou élargissement, mais tous les autres phénomènes qui avaient suivi la section eu nerf disparaissent également et même s'exagèrent en sens inverse; c'est^-dire, que sous cette influence gal« vanique» la pupille rétrécie devient plus laigeque celledu côté opposé, l'œil enfoncé devient saillant hors de For» bite, la vasodarisation des parties s'ellhoe et leur ten^ rature baisse au-<iessotts de l'état ooi^mal. C'est en me fondant sur ces faits que j'ai insisté depuis longtemps sur la connexion évidente de tous ces désordres et sur la possibilité deles ramener tous, malgré leur variété, à ime explication unique, puisqu'ils apparaissent et di^-

mws^pt ooBstamroeBt tons mm riofluenoe ites mêmes

^'ai fait GûQ^aUre ow r^aultoti dam mon eeura de Tannée 1853, et ils ont été impripiéi aui mois d'octobre et novembre de la m^ipe aQoée^ dans les oomptes ren« dus 4e la Sopi^té de Biologie. Voici une partie de Tex-* tr^t qnï s^y trouve ; « Si Toq galvanise le bout supé^ rieur du grand sympathique divisé, tous les phénomènes qu'on avait Tu se prodpire par la destruction de V'm^ fluence du grand sympathique changent de fdoe et sont opposés. La pupille s'élargit, l'ouverture palpébrale s'agrandit; l'œil fait saillie hors de Torbite. D'aative qu'elle était lacirculation devient faille ; la conjonctive, les narines, les oreilles qui étaient rouges pâlissent. Si Ton cesse le galvaqisoie, toiis les phénomènes primitif vement produits par la section du grand sympathique ror paraissent peu h peu pour disparaître de nouveau à une seconde application du galvanisme. On peqt continuer à volonté cette expérience, la répéter autant de fois qm» l'on voudra, toujours les résultats sont les mêmes. Si l'on applique une goutte d'ammoniaque sur la conjonctive d'un chiw du côté où le nerf a été coupé, ladou-r leur détermine l'anims^ à teqir son œil obstinément et constamment fermé. Mais à ce moment si Ton galvanise le bont supérieur du sympathique coupé, malgré la doubleur qu'il éprouve, le chien ne peut maintenir soq ceil fermé; les paupières ^'ouvrent largement en même temps que la rongeur produite par le caustique diminue et disparaît presque entièrement. »

Parmi les exp^afioes très iiemlMnaiiBes que j'ai faites

500 NERF PNEUMOGASTRIQUE.

relativement à rinfluence de la galvanisation sur la ca-^ lorification, il me sufiSra de décrire une de celles qui ont été faites avec des mesures thermométriques pour donner une idée exacte de la nature du phénomène. Les chiffres indiqués ci-dessous représentent des nombres arbitraires pris sur des thermomètres métastatiques à déversement de M. Walferdin, qui a bien voulu me prêter son concours dans ces recherches délicates. Mais la comparaison n'en est que plus facile et plus sûre ; du reste on peut avoir les valeurs réelles par le calcul en se reportant à un thermomètre étalon (1).

Ces expériences ont été faites pendant Tété ; la température ambiante était élevée et oscillait entre 20* et 22' G. Cela doit être noté, parce que la différence de caloricité entre les parties saines et celles où le sympathique avait été coupé a dû se montrer moins grande qu'elle ne Tauraitété par un temps plus froid.

Exp. — Sur une chienne, de petite taille, j'ai fait la section du grand sympathique dans la partie moyenne du cou, du côté droit. 11 est impossible, ainsi qu'il a été dit, de couper le sympathique seul chez le chien, parce qu'il est intimement uni au tronc du nerf vague. Mais ce nerf n'a aucune part dans ces phénomènes de calorification, ainsi que cela se prouve par la même expérience donnant les mêmes résultais chez le lapin, où l'on

(1) 56,7 parties du thermomètre métastatique mis en usage = 1 degré centigrade, 1 partie = par conséquent 0*,0176; d'où il résulte que dans cette série d'expériences on a pu lire directement des fractions très faciles à apprécier à Vœi\ nu, et correspondant à une fraction plus petite que la centième partie d'un degré centésimal. Ce thermomètre avait été réglé de 35* h A0% La température ambiante de 20*,5,

51 GALVANISATION. 501

peut bâte la section du sympathique isolément. Si j'ai choisi le chien, c'est parce que le volume plus considérable des nerfs se prête mieux à la galvanisation.

On pritla température dans les deux conduits auditifs 9 minutes après la section du nerf.

Ordlle gauche » 280. Oreille droite = 287. Différence 7.

liO thermomètre restant placé dans l'oreille droite, on galvanise le bout céphalique du sympathique du même côté, en alternant à peu près avec une minute de repos, et on constate pendant la galvanisation l'abaissement de température dans Toreille de ta manière suivante :

287 point de départ

269 après 7 minutes.

255 après 11 minutes.

2ik5 ,•••••. après 15 minutes.

2^0 • • après 16 minutes.

On cesse la galvanisation et bientôt la température s'élève ainsi qu'il est démontré par les nombres suivants :

Seize minutes après qu'on avait

cessé la galvanisation, on re-

240. Point extrême d'abaissement. { place le thermomètre dans

Toreille , et il donne les nombres suivants :

2Z|5 • après 16 minutes de repos.

276 • • • • 25 (1^ température mon-

tant toujours, on cesse Tobservation).

On voit donc que l'oreille droite qui, par la section du sympathique, était montée de 7 parties au-dessus de Toreille gauche saine, est descendue par la galvanisation

603 NERF QftAïlD SîàlPATtltQUE.

bien au-de»us de la normate 280, puisqu'elle est arritée au chiffre 340, c'esUà^inà iin abaissement de d7 {Nirties.

Pendant cette galvanisation Toi'eiile gauche normale ne participait en rieh à Tabais^etneiit de tettipératune observé sur Toreille droitet Au contraire elle éprouvait une influence inverse ; car en eiaminanl la temftéreture imn)édiatement après la galvanisation au moment où Toreille droite marquait 2&0^ on trouva dans la gauche 266,5, c'est-à-dire une augmentation de température à peu près égale à celle que la section du neif aympathique avait produite primitivement dans Toreille droite.

On avait done alor« comme résultat comparatif les nombres suivants :

ï Oreille eauchë salnè 280

Avant la galvanMttoft. | Oreille droite trorrespondânt aa sympa-

( thique œupé 287

^Oreille gauche saine. ....,...• 286,6 Afirès k galtaolsatiiHi . { Oreille droite correspondant ai t^talpa^

\ thique coupé 2&0

Celié espèce de renversement ou d'antagonisme des phërttttHêries caloriBqiJes d'un côté à Taulré, est très remarquable et nota allons le retrouver encore à Toccasien des effets de lït chlorofofmation.

Les inspirations d'éther ou de chloroforme^ qui ont la propriété d'éteindre la sensibilité, produisent ce même elîei qiiand le Sympathique a été détruit; seulement^ si otl f&it agir te chloroforme lentement, on voit que ce résultat arrive ordinairement tin p(eu {dus tai*d à cause de Texcës de sensibilité qui existe touyoUrs dans les parties. Maîa c'est la calonfioatioD qui aoin offre le plus d^iiMé-

INFLUBlfQli DfiS ANBfiTaÉaiQUfiS. SOS

téi BU œ qu'elle se œmporte oomnae s'il s'agmitt de réiectrioité*

Première expérience. *— Unfl diienàe de petite taillé et encore jeane avait subi la section du filet sympathique dun^ le cou du côté droit, çlle avait égaleoieot été soumise à la galvanisation du bout périphérique de ce perf, et avait fourni les résultats qui ont été consignés précédemment.

Le quatorzième jour après Topération, la plaie du cou était depuis longtemps cicatrisée ; mais les phénomènes de calorification persistaient toujours très évidemment, l'oreille droite était plus injectée et plus chaude que celle du côté apposé. On chloroforma alors ranimai à l'aide d'un masque de caoutchouc serré autour du museau et communiquant avec de Vair chargé de vapeur de chloroforme : bientôt Tinsensibilité se manifesta, et eu moment où elle était devenue complète au point qu6 l'attouchement des conjotictives ne produisait plus dd clignement, l'oreille droite baissa rapidement de têtu'pérature, .devint frpide et pâle ; tandis quo cetta dqcôté sain à gauche devint plus injectée et plus chatide.On introduisit un thermomètre dans tes oreilles et qq trouva (

OrelUe droite corrêspoiukÉit au B«rf lympathlquaiioi||ié ptn^

dant la chloroformation et PinaeiMibilité complète. • , • • 3B%8 G. Oreille gauche saine att même moment « 37*,2 C

On cessa alors les inspirations de chloroforme, peu & peu l'animal revint, et an0 heure et demie après, lorsqu'il était à peu près sorti dç son ivresse chloroformique, on trouva :

Çr«lila drgHpi iM dt r#péra|i<Mi > » ; . t « « f »7*|S^

On soumit de nouveau Tanimal à Faction du chloroforme, et au moment ou Tinsensibilité devint compIètei la température des oreilles était :

Oreille droite, côté de ropération 37*,3 G.

Oreille gauche, côté sain 37%S C

Deuxième eoopérience. — Sur une chienne de forte taille, adulte, je fis la section à droite du filet cervical du grand sympathique. Quelques instants après, la température fut prise avec un thermomètre métastatique à déversement de M. Walferdin, à échelle arbitraire j on obtint :

!• Côté saache saia. | j^arine'aâ moment de l^xpiratlôn! 165,5

On voit dans la narine une oscillation d'une demi* division environ pendant la respiration ; il y a un abaissement à chaque inspiration par l'action de Tair froid, et élévation à chaque expiration par sortie de Tair chaud.

2* Côté droit correspoD- ( Oreille. 177,5

dant au nerf coupé • i Narine 17A,2

On n'observait plus alors ces oscillations respiratoires indiquées précédemment ; il semblait qu'il passait à peine de l'air par cette narine. Cela dépendait de la section du vague qui avait été opérée avec le sympathique.

On soumit alors l'animal à' la chloroformation, et aussitôt que l'insensibilité fut obtenue, on mesura la température des oreilles qui fut trouvée :

1* Oreille droite, nerf coupé. • . balisée de 177,5 ft 175,3 3* Oreille gauchet oôlé sain . • . montée de 165,5 ft t7M

EFFETS SDH LA YASCULARISATION. 605

Je me borne à citer ces deux expériences ; elles démontrrat que le chloroforme n*agit pas de même sur les parties saines et sur celles où le sympathique a été coupé. Plus tard ces faits seront repris à un autre point de vue.

Ainsi que je l'ai indiqué dans ma note lue. à TAca^ demie en mars 1852, la section du filet cervical du crrand sympathique et surtout l'extirpation du crandion ^mcal au^rieur, amènent îmmédiaLent et en même temps que l'augmentation de chaleur, une très forte tui^escence vasculaire dans Toreille et dans tout le côté correspondant de la tète. Les artères, plus pleines, semblent battre avec plus de force ; la circulation est activée et l'absorption des substances toxiques ou autres, déposées à quantité égale dans le tissu cellulaire souscutané de la face ou à la base de l'oreille, paraissent toujours plus vite absorbées du côté où a été opérée la section du sympathique.

n y a, sans aucun doute, des rapports intimes que personne ne peut méconnaître, entre les phénomènes de calorification et de vascularisation des parties du corps; mais est-ce à dire pour cela que dans le cas qui nous occupe, on devra attribuer l'augmentation de chaleur de l'oreille ou de la face purement et simplement à ce que la masse de sang, qui est devenue plus consi* dérable, se refroidit moins facilement et fait apparaître les parties plus chaudes ? Cette interprétation par la stase toute mécanique^ qui devait d'abord se présenter à l'esprit, serait insuffisante pour expliquer ces difiérences de 6* à 7' G. de température qui existent quelquefois entre les deux côtés de la face. J'ai été encore porté à

Md NiHF GRAND SYMPATIUOUB*

repousser ootto explioatîoui p^rceqUe Toii wit très aou* vont reogorgemeiit des VaissMux diminuer oemidénH bleinent dès le lendemaîti de TopératiM^ Maa que Toreille ne mûrie pas sensiblement de température. Pêxtûi un très grand nombre d'èxpdnenees de œtte nature que j*ai pu observer, j'en citerai une seule pour donner une idée plus e&acte du fait.

Bmp. -^ Sur un gros lapin, vigoureux et bien nourri, j'ai fait Textirpation du ganglion cenrical supérieur du côté droit. L'opémtion fut faite au mois de déoembre et la température ambiante était basse ; avant ropératîon la teadpératdre prise dans les deux oreilles était x

Pont l^orellle droite S)*" cent.

r^ur roRtflt gftudifl. 4 • é » • 4 18* etttU

Aussitôt après rextirpation du ganglion l'oreille droite devint .très vascularisée et très chaude^ tandis que eelle du côté opposé n'avait pas sensiblement ehangé d'ae» pect» Un quart d'heure après l'enlèvemeiit du ganglion on reprend la teitipérature des deux Di%iiles el ou trouve :

t^r fortlllè droite v i VT etilt

Pour riK«aie fttadM. »»»•>» SS^ w0U

Ainsi en un quart d'heure la ehsleur de l'oreille et de la faoe avait monté de G"" C. Le phénomène p'élait pas eneore arrivé à son ^uàimfÊm^ car uM heure aittés <Mi trouva &0« G. dans l'oreille droits.

L'animal fut laissé jusqu'au lendemain où il fut de nouveau soumis à rohservation. L'oreille droite était alors beaucoup moins turgenente que la veille ; les arièm étaient oobsidérablemeDt diminuées de caUbee^ et

BFFUT9 SUA LA YASGULARISATtON. 507

il fallait une oasee grande atteniiOB pour voir une difié» rence entre 1« deux oreilles au premier abord* G'étaieitt seulemeiit les très petites ramifications vasouiaires o« les capillaires qui étaient restés plus visibles et plus nom^ breux dans Toreille droite; mais la main percevaft toujours très manifestement une grande différence de température entre les deux oôlés de la têtoi Le thermomètre plongé dans les deua oreilles donna :

Poarl'btefllearolie. 4 « i • w • • 9V iMà» Pour TorelUe gauche ••••••• SO%dc«iU

On toit ainsi que rénwme turgeseetice tanulaf re et Taocumulation d'une grande quantité de sang qui sui- Tedt imitiédiatbment ropération^ peuvent diminuer eoûsidérablement^ sans entraîner un abaiiiemiint de tMtpéftiturB notablOi Cependant ^ mmme je Tai dit> la ciroulaiioR capillaire reste toujours plus visîbte dans l'oretUe plus chaude.

Toutefois il ne faudrait pas encore condure de là que la température sera toujours phM élevée quand les vaisseaux capillaires seront plUfe visibles* A la suite de la section de la cinqoièmie paire, comme on sait^ la conjonctive devient très rouge et les vaisseaux eapillaîras y sont très vmibles ainsi que dans d'autres parties de la face, et cependant il y a dans ces cas un abaînstmNit de tompératurei Si à o^ on objectait avec raison qu'il y a^ après la seetion dft la cinquième pairO) un^ pamlysie des vaisseaux qin enraye la cîit^uiatioii «t produit le refroidissement, je répondnûs qu'il est étonnant de wn»sidérer aussi comme une paralysie, la seetion du sympathii|wqtti Ut apparaître «usBÎtM U(WoriiMion danàlM

tissus OÙ la turgescence vasculaire existait déjà cependant, mais avec refroidissement. Cette influence calorifiante du sympathique, même sur les parties où le cours du sang se trouve gêné et diminué par une inertie vasculaire, sera encore rendue plus évidente par Texpérience suivante :

Eœp. — Sur un lapin adulte et bien portant, j'ai fait la ligature des deux troncs vasculaires veineux de chaque oreille. Après cette opération les veines se dilatèrent, devinrent gorgées par le sang qui stagnait. Après trois quarts d'heure, les deux oreilles s'étaient manifestement refroidies par suite de cette stase de sang. Alors je fis la section du filet sympathique cervical du côté droit, et aussitôt loreille correspondante devint plus chaude ; il était cependant impossible d'expliquer cette calorifica* tion par l'accumulation seule du sang qui précédemment produisait un phénomène inverse, le refroidissement qui s'observait toujours sur l'oreille du côté opposé. Alors je fis la ligature de l'artère de façon à emprisonner autant que possible le sang dans l'oreille, la température diminua un peu, mais elle resta toujours plus élevée que dans l'oreille opposée.

Quand, au lieu de la ligature primitive des veines, on pratique celle des artères, les parties se refroidissent aussi, mais par un mécanisme inverse. Dans le premier cas, le refroidissement est la conséquence de l'imposabilité du renouvellement du sang, et dans le second, le résultat de son absence. Nous avons vu qu'en réséquant . le sympathique après la ligature des veines, la calorificalion peut se produire, ce qui n'a pas lieu quand on

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fait la section de ce nerf après la ligature exacte des artères seules ; mais tout cela démontre simplement que si le phénomène de calorification ne peut passe produire dans les parties dont les vaisseaux sont complètement vides de sang, il peut au contraire avoir lieu dan3 des parties où le sang stagnait, quand son mouvement peut devenir plus rapide. J'ai encore remarqué que si chez les chiens ou les lapins, où la calorification d'un des côtés de la tète se trouve bien développée, sous l'influence de l'extirpation du sympathique , on vient à diminuer l'afflux ou le renouvellement du sang par la ligature de l'artère carotide du côté correspondant, on voit néanmoins la chaleur des parties rester toujours plus élevée que celle du côté opposé.

D'après ces expériences, il n'est donc pas possible d'expliquer le réchauffement des parties par une simple paralysie des artères qui, à raison d'un élargissement passif, laisseraient accumuler une plus grande quantité de sang. En résumé, le mot paralysie est ici plutôt l'expression d'une théorie que d'un fait démontré.

La section du sympathique n'amène pas toujours à l'instant même de l'opération un élargissement subit de l'artère; c'^ souvent le contraire qu'on observe. En faisant sur des lapins la section du filet cervical du sympathique qui avoisine la carotide, on voit d'aborà cette artère se resserrer au moment de la section ou du déchirement du filet. Plus tard cette artère et ses divisions deviennent plus grosses et sont en quelque sorte distendues par un appel de sang qui se fait dans les partiescorrespondaites; roaiscetefifet, loin de ressembler

51 Û NERF GAAm STItPXraïQUE.

à une paralyse^ amène una oircuiation plus aotive. Quand en galvanisant ie bout périphérique du nerf sym* patbique eoupé avec une forte maobine éleotro-magnétique, on produit dans les parties où il se distribue une série de troubles profonds, je ne puis pas les ooostdérer CNNoame une exagération de l'état fonotionnel qui amène* rait un arrêt de la circulatioii. Alors les artères eomnie les veines se rosserraut et reviennent sur elles-mêmes; il n'y a plus de sang pour les distendre. Mais il n'est pas prouvé que ce resserrement des vaisseaux ne soit pas le simple effet d'une rupture d'équilibre fonettonnel. Et du reste, si c'était une vraie paralysie ou atonie des artères, il me semble que l'impulsion du cœur devrait finir par amener des dilatations artérielles anévrysma* tiques» Il n'arrive rien de seqnblable, puisque nous a^ons vu au contraire que le lendemain de la section du spn^ pathique la vascularisation a ordinairement beaiiooup diminué, les artères sont revenues sur elles-mêmes, bien que la chaleur soit toujours très notablemeRt aufh montée.

En un mot, le phénomène eireulatôire qui suecède à la section du nerf sympathique me parait actif et non passif, il est de la même nature que la turgesœnce san* guinequi ainsi que je l'ai démontré ailleurs, survient dans un organe sécréteur qui^ d'un état de repos ou de fono* tion nement faible, passe à un état de fonctionnement très actif; U se rapproche encore de l'afflux de sang et de l'augmentation de sensibilité qui surviennent autour d'une plaie récente ou aux environs d'un œrps étranger qui séjourne dans les tissus vivants. Je n'ai paa à me

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