‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 72 sur 86 · EXPÉRIENCES COMPARATIVES. A · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES COMPARATIVES. A

conservé toute sa sensibilité, ce qui témoignait de Tintégrité de la cinquième paire. Un phénomène momentané d'élévation de chaleur des parties périphériques a presque toujours lieu quand on blesse brusquement, d'une manière quelconque, un point des centres nerveux ; mais cela ne peut pas être confondu avec lès phénomènes durables que je décris ici.

n se manifeste donc, ainsi qu'on le voit, des effets calorifiques différents, suivant que le nerf facial est coupé dans son trajet extra-crânien, ou suivant que ses fibres originaires sont coupées dans la substance même de la moelle allongée. Dans ce dernier cas, la paralysie du facial amène, au point de vue de la calorification, des effets qui ne diffèrent pas notablement de ceux que produit la section de la cinquième paire ; et si, pour ce dernier nerf, rabaissement de température est ordinairement plus considérable, on pourrait l'attribuer aux lésions de nutrition qui surviennent après la section du trijumeau, lésions qui ne se manifestent pas après la section du facial.

Quand au contraire on coupe le facial après qu'il s'est engagé dans le canal spiroïde du temporal, et surtout après qu'il en est sorti, les effets de sa section se rapprochent beaucoup de ceux que produit le sympathique, en ce sens qu'il y a toujours une élévation marquée de température.

Celte opposition entre les expériences précédemment citées me fait penser qu'en agissant sur la moelle allongée on paralysait uniquement les origines spécialement motrices muscalaircs du facial, car on avait une para-

lysf je CDinplëte ç}<3S fnuscle^ de la fac^ sans ^tugi^ieotatiop f]e lempérature ; qu'en coqpant, au contraire, Ip fp^pi^l d^nsle capal spiroïde, on agissait non-sculeofen^ ^W les qrigines motripes piuscul^ires, piais çqcpr« sur le§ gtjfes syiopalhiques qui s'y trouvaient a()jQjnte$, puisqu'on ol^seryait Taugnienta^iap de tepipér^ture, fêtais, du reste, porté à celle iifterprélatiofi ^es phénot^^u^s par d'autres expériences. En effet, s'il est îppon- (est^})l6^ en s'fippuyapt sur l'apatomie compaf^^ et mv 1^ physiologie, que le sympathique en prenant o^isswcç daus |es centres nerveux cérébro-spinaux ^ (le; {apports (j^ oqntact avec les nerfs moteurs, il faut néanpioins admettre upe origipe spéciale daps la substaqce nanreuy pour les nerfs sympathiques à raison d'une spécialité pptte (|e leurs propriétés. J'ai vu en particulier que le c\|r^re, qui agit (j'une pianière si rçimafquahle $ur le ^ystèpoe parveux, éteint distinctemept les propriétés nerveuses, d'abord celles des nerfs (|q sentimeqt, puis pelles des perfs de mouvemept, pt pelles des nprfs sjm* patbiques, dont Textinction se manifeste la dernière, figurai, du reste, occasion de développer ailleurs ces faits iptéressants; je veux seulement insister ici sur cç point que riqQuence sur la caloriQcation a.ppartient spécialement au perf sympathique, qu^pd op agit sur lui {Spl^pient. Les pçrfs desentiipent, cpipipe la cinquième paire, ne peuvent être, sous ce rapport, coufon(}us avec lui, puisqu'il^ produisent un refroidisseiqent; et si maintenant on trouve que le facial cpupé dans son trajet extra-cr^nien donpe lieu à des eifets complexes, il est beaucoup plus naturel et plus logique de conclure que ce

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nerf qui contracte, comme oo sait, tant çi'ant^niose^ dans le canal spiroïde, est déjà compliqué dans sa compo* sition. Pour obtenir une solution directe de la question^ et pour savoir si les ner£s n^oteurs pur^ ffgissent sur |a calorjfication, je pensai qu'il était plus convenptble d'&* gÎjT sur les racines rachidienqes, qu'on peut atteindre avgnt qi)'elles aient subj aucun qoélapge.

4* Expériences sur les nerfs rachidiens. — Sqr up chien de forte taille, adulte et vigpureu:^, j'ouyri^ la çoloqqp vertébrale dans la région lombo-saoréQ, pp^: ^tteindrp les racines des nerfs qui animent Ips nien)t)re9 postériepr^. L'aujmal ne perdit pas beaucoup (le saiig et support^ bien Topératiou, qui dura environ une demir heure. Toutes If s racines rachidiennes étant à découvert e^ cppvenablement préparées à droite et à gauche, je pris la température dans les deu^ niembres en faisapt une ppqçtiqq sous-cutanée à la partie interne de cbaqqe cuisse et en introduisait exactement toute la loqgueur de la cuvette du thermomètre sous la peau ; je pris aussi la température du rectum. Voici les chiffres que donna le thermomètre :

Citee gaocbe. 85%S cent

puisse dn>|te .•••*• 35%& cent Rectum. . • 39°,5 cent.

Les températures étant bien constatées et vériQé^s àplu* ^Wï^ X'^vA^h J^ ^ ^1^^ ^ droite la section des six rapiqf^ antérieure (quatre dernières lombaires et deui^ sacrées) qui (K^ncourent à la formation des plexus lombaire et sacré. Ces racines possédaient une sensibilité récurrente très faible, à c^use d'un peu de fatigue de

ranimai et du temps un peu considérable depuis lequel la moelle était dénudée. Alors la plaie du dos fut soigneusement recousue, Tanimal délié et laissé en repos. Fréquemment le chien se relevait et courait dans le laboratoire, traînant son membre postérieur droit paralysé du mouvement ; on constata que la sensibilité était très bien conservée dans les deux membres posté* rieurs.

Deux heures et demie après la section des racines antérieures, j'examinai Tanimal au point de vue de latem* pérature de ses deux membres postérieurs. A la main on sentait manifestement que le membre gauche sain avait une température plus élevée que le membre droit paralysé du mouvement. La température fut reprise avec le thermomètre, plongé sous la peau par les mêmes incisions et de la môme façon que la première fois. Voici le nombre qu'on obtint constamment dans un grand nombre de vériflcations successives :

Cuisse gauche saine. 36*cenu

Cuisse droite paralysée du monveiiieiil • W ceoU

Alors la plaie du dos fut décousue, la moelle était chaude et très sensible, ainsi que les racines antérieures qui offrirent alors une sensibilité récurrente très développée. Ce réchauffement de la plaie survenu pendant le repos de l'animal peut expliquer l'élévation de température d'un demi-degré qu'on a trouvée du côté sain ; mais il n'en reste que plus évident que la section des racines antérieures a amené un abaissement 'de température dans le membre coirespondant.

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