UIFLUENCB DE LA SECTION DES NERFS
Exp. (19 janvier 185&). — Sur un lapin, chez lequel on avait coupé à gauche le filet du grand sympathique, depuis sept jours, on fit les expériences suivantes :
L'animal étant en repos, la température de Toreille gauche était de 22 dc^s, mais Texcitation que Ton produisit chez lui en le liant sur la table, fit subitement monter la température de 22 à 28 degrés, tandis que l'oreille droite ne marquait que 22*, 5.
Alors on mit à nu les nerfs auriculaires droit et gauche du plexus cervical qu'on isola en passant un fil audessous ; après ces opérations, lorsque Tanimal fut un peu revenu de son émotion , la température de Toreille gauche s'étaitarrètée à 2 A degrés, celle de Toreille droite à 22*,5.
On lia alors le nerf auriculaire gauche, ce qui fit éprouver au lapin une douleur vive et fit monter subitement la température de son oreille de 2& à SA, 35, 36, 37, 38 degrés, c'est-à-dire de lA degrés.
Pendant cette élévation si considérable de la température de l'oreille gauche, l'oreille droite était à 2A degrés; elle avait par conséquent monté de 1^,6. Alors on pratiqua la ligature du nerf auriculaire droit, et aussitôt après on trouva, comme température, 38 degrés à gauche et 22*,5 à droite.
Après ces opérations, on procéda à la galvanisation des nerfs auriculaires.
On galvanisa d'abord le bout périphérique du nerf auriculaire droit coupé ; il n'en résulta aucune douleur, et la température de Toreille ne varia pas : elle resta à 22*,5.
Alors on galvanisa le bout central, ce qui produisit une vive douleur et fit descendre la température de
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Foreille à 20 degrés. Toutefois, pendant cette galvanisation, Toreille ne devint pas paie ; elle paraissait même au contraire un peu plus vascularisée. Pendant cette opération, la température de Toreille gauche était de 36d^;rés.
On galvanisa alors le nerf auriculaire gauche. La galvanisation du bout périphérique ne produisit ni douleur, ni changement de température. La galvanisation du bout central produisit de la douleur ; le thermomètre marquait 35 degrés et n'oscilla guère pendant Topera tion que dans les limites de 1 degré ; l'oreille finit par rester à 35 d^és.
Pendant les galvanisations des bouts centraux des nerfs auriculaires, on remarqua que les yeux devenaient larmoyants ; il y avait des contractions de la face pendant la galvanisation du bout central du nerf auriculaire droit.
Après toutes ces opérations, on isola le nerf sympar thique du côté droit dans la région du cou et on passa un fil au-dessous de lui. Par le seul fait de cet isolement du nerf et de son tiraillement, le thermomètre placé dans l'oreille était monté de 22 à 35 degrés.
Alors, sans couper le nerf sympathique, on le galvanisa en le soulevant sur un fil ; cette galvanisation fit descendre rapidement la température de l'oreille de 35 à 30 degrés.
Alors on galvanisa le bout central du filet auriculaire droit, et, pendant cette galvanisation, la tempérarature de l'oreille, au lieu de baisser comme cela avait eu lieu lorsque te filet sympathique u'était pas détruit,
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Continua à monter de 32 à 84 degrés où elle était parvenue lorsqu'on cessa l*expérieface.
Ce dernier résultat montre bien que l'excitation du bout central du nerf auriculaire sensitîf détermine un mouvement réflexe qui agit sur l'oreille par Fînterniédiaire du grand sympathique, car, après la section de ce filet, le refroidissement de Poreille, résultat de cette action réflexe, ne se manifeste plus.
J^œp. — Sur un autre lapin, qui avait eu le filet sympathique cervical coupé à gauche, depuis trois à quatre semaines, l'oreille gauche marquait 18 degrés. Pendant la galvanisation directe^ elle oscilla entre 17 et 18 degrés et remonta aussitôt après à 22 degrés.
L'oreille droite, examinée après cette première opération, marquait 17%5. Le filet auriculaire du plexus cervical de ce côté avait été coupé.
On fit la galvanisation du bout central de ce nerf: ranimai poussa des cris aigus, et la température de 17%5 descendit successivement jusqu'à lu degrés où elle s'arrêta.
On observa encore que pendant la galvanisation les yeux devenaient larmoyants.
Messieurs, les effets de calorification du grand sympathique peuvent se transformer en phénomènes inflammatoires lorsque l'animal s'affaiblit. C'est ce que montre l'expérience suivante :
Eœp. — On coupa d'un seul côté, à gauche, le pneumogastrique et le vague réunis, sur un chien. Après quoi on pratiqua une fistule salivaire permanente du canal parotidîen. On pratiqua, plusieurs jours après, des expériences surrexcitation de la sécrétion salivaire à Taide
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du Vinaigre porté shr la langue, et sur la rapidité dû passage de riodure de potassium dans la salive. On prit d» liquide céphalo-rachidien pour y constater le passage de riodure de potassium. Cette dernière opération rendit ranimai malade et produisit une inflammation des cen-i très nerveux : il mourut -cinq jours après. Ce qu'il y eut de remarquable , c'est que les muqueuses du côté de la face correspondant à la section du sympathique ^ devinrent le siège d'une inflammation violente, dès le moment où l'animal commença à s'affaiblir par la maladie. Il y avait une suppuration abondante de la narine, de la muqueuse buccale et de la conjonctive gauches, tandis que du côté opposé les mêmes muqueuses étaient à l'état normal. De sorte que l'on voit ici que l'inflammation des membrane» muqueuses, qui est bien la conséquence de la section du sympathique, n'a pu se manifester que lorsque l'animal s'y est trouvé prédisposé par un état général morbide. C'est là un fait dont il faut tenir compte dans les recherches physiologiques sur l'inflammation.
L'ablation de certains ganglions produit encore des effets de vascularisation qui donnent lieu très facilement à des inflammations violentes. Les ganglions tboraciques, ainsi que ceux du plexus solaire, sont dans ce cas, ainsi que le prouvent les expériences suivantes :
Bœp. (4 juillet 4858). — Sur un chien de moyenne taille, on fit une incision au-dessus de l'épaule gauche qui fut tirée en bas. On arriva ainsi sur le muscle grand dentelé dont on divisa l'insertion à la première côte \ puis on fit une ouverture au thorax en incisant les muscles intercostaux entre la première et la secoifd^