EFFETS SYMPATHIQUES
tement asphyxié. Il y a un procédé qui conduit juste sur l'espace intervertébral qu'il faut atteindre. Pour cela, on saisit, entre le pouce et Tindex de la main gauche, la colonne vertébrale par derrière, inuDédiatement audessus de la première côte. En remontant, on trouve à un centimètre ou deux, une dépre^ion qui correspond à l'espace intervertébral dans lequel il faut pénétrer avec l'instrument. De cette manière, on ménage toujours les origines supérieures des nerfs phréniques.
Enfin ces actions réflexes, qui, d'après la théorie actuelle, sont sous la dépendance des cellules du grand sympathique, semblent prendre, ainsi que certaines sécrétions qui en dépendraient, une plus grande activité sous l'influence de certaines substances, le curare eu particulier. Voici un nouvel exemple de cesfaitssurles- <iuels nous avons déjà appelé l'attention.
Exp, (28 octobre 1851). — Sur un gros chien, bien portant, ayant servi quelques jours auparavant à l'établissement d'une fistule pancréatique qui était cicatrisée, on introduisit, au commencement de la digestion, une solution de purare sous la peau du dos. Dix à douze minutes après, le poison fit sentir ses effets et la re^iration s^arrêta. Alors on plaça l'animal sur une table et on soufila dans la trachée avec un spufilet pendant environ deux heures et demie, en cessant seulement par intervalles. Voici ce qu'on observa :
Le sang, pendant l'insufflation, était très bien poussé dans les artères par le cœur et le pouls était très manifeste. Aussitôt qu'on cessait l'insufilation, le sang devenait noir dans les artères; dès qu'on la recommençait il deve-
MOUVEMENTS SYMPATHIQUES. 5iS
nait rutilant. Pendant Tinsufflation, les pupilles étaient constammenten mouyement, se dilatant ou se rétrécissant suivant qu'on diminuait ou qu'on laissait arriver la lutmière. Il y avait cependant, en général, dilatation pupillaire. Pendant Tiusufflation , il y avait sécrétion abondante de larmes et de salive ; la plaie même de la fistule pancréatique, qui n'était pas encore complètement cicatrisée, se couvrit abondamment d'une sorte de plasma ou de sérosité. Après deui heures d'insufflation^ le cœur battait très bien. Alors, on découvrit le pneumogastrique droit et on le coupa dans la région moyenne du cou* On vit, à ce moment, que la pupille du côté correspondant se rétrécit. Quand on saisissait avec des pinces le bout supérieur du vague et du sympathique, la pupille se dilatait largement, tandis que le pincement et le ti* nullement des bouts inférieurs du même nerf ne produisaient aucun effet sur la pupille. En même temps, et lorsqu'on avait cessé momentanément l'insufflation, on vit se manifester dans les membres une espèce de tremblement convulsif. Il y avait des mouvements de déglu*tition, des mouvements dans la queue, et émission des urines et des excréments ; puis enfin des sortes de tentatives de mouv^Qiients respiratoires. Un enduit sec, qui s'était formé sur la cornée, disparut en partie et les pulsations semblèrent devenir plus fortes. Alor^ on coupa le nerf sciatique et on irrita les deux bouts. L'irritation du bout inférieur produisit quelques mouvemepts dans les muscles, et celle du bout supéri^eur des mouvements généraux dans tout le corps. Alors on constata l'apparition du sucre dans l'urine. Enfin, ayant cessé
5&& SFFET DE LA SECTlOff DE LA MOELLE ÉPINIÉRE.
d'insuffler l'animal^ il mourut. On a remarqué que les muscles étaient plus irritables qu'à Tordinaire, et à Tautopsie les ganglions solaires ont paru plus rouges.
Enfin, Messieurs, dans cette leçon, la dernière, relative au système nerveux, nous devons réunir ce qui nous reste à dire sur ce sujet. Nous vous avons déjà rappelé beaucoup d'expériences isolées et se rattachant en même temps à des sujets divers; il nous reste encore à ajouter quelque chose à des expériences dont nous vous avons souvent entretenus, mais dont Texplication physiologique est fort difficile, et eu même temps fort importante.
n s agit de recherches sur la piqûre du plancher du quatrième ventricule, et du mécanisme par lequel cette lésion vient réagir sur le foie. Nous vousavons déjà dit que cette piqûre ne se transmet pas par les pneumogastriques. D'après des expériences que nous vous avons citées précédemment, elle ne se transmettait pas non plus par les filets du grand splanchnique. Il s'agirait de savoir si la moelle épinière est l'agent de cette transmission. Nous avons fait à ce sujet quelques expériences que nous allons vous rapporter; nous y joindrons, en même temps, quelques nouveaux résultats relatifs au diabète artificiel dont nous vous avons déjà, à d'autres points de vue, cité beaucoup d'exemples.
Celles que nous allons d'abord vous rapporter établiront, qu'en suivant notre procédé ordinaire, qui cod« siste à traverser le cervelet avant d'arriver sur le plancher du quatrième ventricule,' la blessure du cervelet n'a aucune action sur la production du sucre et que
SUR LE DUBÉTE ARTinÉIEL. 5&5
cette production de sucre peut avoir lieu lorsqu'on arme sur le plancher du quatrième ventricule sans blesser le cervelet. Nous avons montré, eu outre, dans d'autres circonstances^ que les blessures superficielles de la moelle allongée, soit sur sa partie antérieure, soit sur sa partie postérieure, ne produisent pas le diabète artificiel et qu'il faut, pour le déterminer, atteindre la partie moyenne de l'épaisseur de cette partie des centres nerveux.
Eœp. {2^ juin 1850). — Sur trois lapins de la même portée on fit les expériences suivantes :
r Sur Tun deux, on découvrit la membrane occipitoatloïdienne en écartant les muscles de la nuque sans les diviser en travers, afin d'éviter la titubation qui en est< la conséquence. Ou divisa ensuite la membrane occipitoatloïdienne d'où résulta l'écoulement du liquide céphalo-
rachidien ; après on introduisit l'instrument à piqûre par l'orifice inférieur du quatrième ventricule, de manière tt en blesser le plancher au niveau de l'origine des pneumogastriques sans léser le cervelet. Au moment de la piqûre, qu'un mouvement de l'animal rendit un peu plus étendue, il y eut une espèce de sidération, les respirations s'arrêtèrent et les conjonctives devinrent insensibles. Mais bientôt l'animal se rétablit , la respiration s'effectua de nouveau et les yeux reprirent leur sensibilité. Toutefois l'animal resta couché sur le côté.
Après une heure, les urines recueillies étaient alca^ lines, troubles, jaunâtres et ne contenaient pas de sucre. Plus tard, l'animal était toujours dans le même état,