‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 4)Chapitre 85 sur 86 · EFFETS DE LÀ SECTION DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LÀ SECTION DE LA MOELLE

Gules. Le foie et l'urine ne contenaient pas de sucre.

Eœp. — Sur un lapin, en digestion et bien portant, on coupa la moelle épinière au commencement de la région dorsale, après quoi on piqua le plancher du quatrième ventricule comme pour rendre le lapin diabétique. Mais, ainsi que nous l'ont montré les expériences précédentes, comme il est impossible d'avoir de Furine dans ces conditions, nous avons eu recours à l'examen du sang pour y constater la présence du sucre. On avait, avant la piqûre du plancher du quatrième ventricule, saigné Tauimal et vidé la vessie de l'urine qu'elle contenait. Ensuite on laissa en repos l'animal qui était paralysé du train postérieur, couché sur le côté, ne respirant que par Tabdomeu.

Une heure et demie après, l'animal étant toujours dans le même état, on le saigna de nouveau à la même veine jugulaire, et on vit qu'il n'y avait pas d'urine dans la vessie.

En examinant, au point de vue du sucre, le sang des deux saignées, on constata qu'il existait du sucre dans toutes deux, et il était difiScile de déterminer s'il y en avait plus dans un cas que dans l'autre.

Trois heures et demie après l'opération, l'animal étant toujours dans le môme état, on fit de nouveau une saignée à la veine jugulaire» et on constata qu'il n'y avait plus de sucre dans le sang. On observa de plus qu'à ce moment la température de l'animal avait considérablement baissé dans le rectum, et que de 38 degrés, température normale, elle était descendue à 23 degrés.

Alors on tua l'animal par bémorrhagie, et on coq*

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stata de nouveau dans tout son sang qu'il n'y avait pas de sucre.

Le foie donna une décoction très laiteuse qui était dépourvue de sucre.

L'autopsie de la tète montra que la piqûre avait été faite dans le lieu convenable pour produire l'apparition du diabète.

Cette expérience est intéressante en ce qu'elle nous montre, d'abord qu'après lasection de la moelle épinière l'urine cesse de se produire et que le sucre disparaît du sang, d'où il résulte clairement que l'action delà piqûre, qui apour effet d'augmenter cette transformation de ma* tière sucrée, ne peut plus se transmettre au foie lorsque la moelle épinière a été coupée. De plus, nous avons vu le tissu du foie lui-même ne plus contenir de matière sucrée, mais il renfermait la matière glycogène qui, dans ce cas, ainsi que cela a lieu dans toutes les sections de la moelle, semble s'être formée en quantité plus abondante, comme si le tissu du foie avait acquis un surcroît de vitalité, comme cela a lieu, dans ces conditions, pour les tissus musculaire et nerveux.

Exp. — Sur un lapin adulte et bien portant on fit la piqûre du plancher du quatrième ventricule, en cherchant à tomber un peu plus bas que le point ordinaire, pour obtenir une augmentation de l'urine en même temps que l'apparition du sucre.

Après la piqûre, l'animal éprouva un désordre considérable des mouvements et une espèce d'opisthotonos. Après cette piqûre, la quantité de l'urine augmenta considérablement, et de trouble qu'elle était avant l'opération, elle devint limpide et transparente.

96ft Wkwin àWTWfœt.

Poodwit trois ou quatre heurM après l'opératiûn,

on constata raugmentation de la quantité d'urine , mais il n'apparut poiut de sucre. On tua atora raniaial par bémorrhagie et on constata dans son sang des traoes eicessivement faibles de sucr&; ou n'eu put pas trouTer dans la décoction de son foie, qui était à peu près transparente. L'autopsie de la tète montra que la pî^ qûre était faite bien eiactement sur la ligde médiane ; mais beaucoup au^essous des tubercules de Wensd, et c'est là un des câs que nous avons déjà sigoalés, dans lesquels on peut produire Taugmentation de Turine sans l'apparition du sucre*

Ecop, -^ Un chien de forte tailla, et en digestîoQ, fut piqué au plancher du quatrième ventricule, après qu'on eut fait préalablement, à Taide d'un perforateur, uo trou à l'occipital par lequel on put diriger l'instrument. Au moment de la piqûre, Tapimal fit un mouvement qui causa une blessure plus large et des désordres considérables dans les mouvements. L'animal avait la tète fortement inclinée à droite, poussait des hurlements très forts, fut pris de vomissements et d'une salivation très abondante.

Une heure après environ, on examina l'urine qui contenait des quantités considérables de sucre, et elle resta sucrée jusqu'à la mort de l'animal, qui eut lieu pendant la nuit. En effet, le lendemain on retira de l'urine de la vessie, après la mort, et on constata qu'elle était toujours sucrée. Le tissu du foie donna une décoction qui contenait également du sucre.

L'autopsie de la tète montra que la piqûre siégeait à droite, qu'elle était oblique, très étenduot et remon^

tait juK[tt'aii'*dûisu8 de Torigine des iN»6umog«atriqu6s.

On peut voir, d'après les expérieoces préoëdentesi que les résultats obtenus offrent une grande variété qtiant au rapport entre l'apparition du suore dans les urines et sa production dans le foie.

De plus, dans ces eipérienoes, nous avons vu que la section de la moelle épinière fait disparaître le suere du sang ainsi que de la décoction du foie; mais, dans ce cas, le foie contient de la matièire glycogène en très •grande proportion.

Quant à la section des nerfs splanchniques et à l'influence que cette opération peut avoir sur la production du diabète artificiel, nous voyons que la section de ees nerfs ne parait pas empêcher ce phénomène. Il en ré*sulterait que c'est probablement par les filets sfdanob* niques nés plus haut que peut se transmettre oette action de la piqûre du plancher du quatrième ventricule, qui doit évidemment se propager depuis la moella allongée jusqu'au foie par une continuité nerveuse.

Aujourd'hui, le cours de ce semestre se trouve terminé, et là doivent s'arrêter pour le moment nos études sur le système nerveux. Nous n'avons pas eu la prétention d'épuiser notre sujet. Nous avons voulu vous montrer seulement qua la soieqce est loin , comme on l'a voulu montrer, d'être faite sur cette partie , et qu'elle offre encore matière à d'abondantes découvertes pour ceux qui voudront s'en occuper.

Nous avions chemin faisant ajourné certaines questions qui, malheureusement, restent encore à résoudre.

Ainsi, relativement aux nerfs olfactifs, nous avons émis notre opinion sur les fonctions exclusives de ces

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nerfs dans le sens de Volfaction. Nous avions à ce sujet projeté des expériences que nous n'avons pas eu le temps de réaliser.

Relativement à rinfluence des différents rameaux qui partent du nerf intermédiaire de Wrisberg pour se rendre aux glandes, nous n'avons pas non plus terminé les expériences que nous avons projetées. Mais, dans an cours prochain , nous aurons certainement l'occasion de revenir sur ces questions.

Nous n'avons pas non plus épuisé aussi complètement que nous l'eussions désiré la recherche des propriétés de sensibilité récurrente dans les nerfs de la face, ni les différentes études que nous aurions pu poursuivre sur la nature de ce phénomène. Toutefois, nous . vous avons indiqué toutes ces questions d'une manière suffisamment précise, pour qu'elles puissent servir de point de départ à ceux d'entre vous qui désireraient poursuivre quelques-uns des problèmes si intéressants que nous présente encore l'étendue du système nerveux.

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