‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 25 sur 116 · BRANCHE MAXILLAIRE SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

BRANCHE MAXILLAIRE SUPÉRIEURE

il en est séparé et se trouve à côté de lui dans la fosse ptérygoïde. Nous avons donc, sur un chien, enlevé l'arcade zygomatique , soulevé l'œil, suivi vers l'orbite le nerf maxillaire supérieur; et, arrivé sur le ganglion sphéno-palatin, nous l'avons arraché.

Avant d'enlever ce ganglion, nous avons vu que quand on le pinçait on ne provoquait pas de sensibilité bien évidente , tandis que quand on l'arracha on produisit une douleur très vive, ce qui est d'accord avec ce que nous avons vu des autres ganglions du grand sympathique. Nous avons ensuite observé ce chien , et n'avons rien vu qui parût se rattacher aux conséquences de l'opération. Aucun symptôme particulier ne s'est manifesté du côté de l'œil ; rien de précis du côté des narines où se distribue le nerf maxillaire supérieur. La sensibilité de la membrane muqueuse nasale paraissait aussi développée du côté où avait été enlevé le ganglion de Meckel, peut-être même l' était-elle davantage?

Les filets qui émanent du ganglion de Meckel vont se distribuer à la membrane muqueuse du nez avec une branche delà cinquième paire. Examinant chez le chien le nerf naso -palatin qui va à la membran© muqueuse du nez, nous avons été très surpris de le trouver en apparence complètement insensible, tandis que la branche principale, la sous-orbitaire , nous offrait tous les signes d'une sensibilité vive. Cette insensibihté d'un rameau appartenant à la cinquième paire porterait à penser qu'elle renferme des filets de sensibilité spéciale ; Magendie ayant prouvé que les nerfs de sensations spéciales sont complètement insensibles aux irritations mécaniques.

Déjà autrefois, expérimentant sur la cinquième paire, il m'avait semblé que le nerf lingual, nerf de sensibilité générale et spéciale à la fois, était moins sensible que les rameaux superficiels de la cinquième paire. Cela pourrait peut-être tenir aussi à cette double aptitude fonctionnelle.

En résumé, dans l'opération citée plus haut , nous avions donc remarqué que le ganglion sphéno-palatin, insensil}le quand on le pince, ne peut être arraché sans produire une vive douleur. Un autre fait nous avait surtout frappé, je veux parler de l'insensibilité d'un filet nerveux de la cinquième paire qui se rend à la muqueuse nasale.

Aujourd'hui nous avons répété sur le même animal cette expérience, de l'autre côté, avec les mêmes résultats. Ce fdet singulier a donc été coupé des deux côtés. En introduisant un stylet dans les narines on trouve que la membrane muqueuse nasale est toujours sensible ; d'ici aux prochaines leçons, nous observerons l'animal et tâcherons de voir si l'odorat a été modifié, et, dans le cas où il l'aurait été, quelle altération il aura subie.

Si les observations précédentes se vérifiaient, la cinquième paire se trouverait ainsi composée de trois parties : un nerf moteur, petite branche d'origine qui se rend tout entière dans le nerf maxillaire inférieur; des nerfs de sensibilité générale, et des nerfs de sensibilité spéciale qui présideraient à l'olfaction et à la gustation. Il ne s'agira plus que de vérifier ces vues expérimentalement en analysant convenablement les faits; il faudra couper les branches que nous sommes disposé à regar-

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(lor comme pR'siclaiit ù la sensibilité spéciale, et voir si après la section de ces branches l'olfaction a été détruite ou troublée.

Sans insist(3r aujourd'hui sur ce tait de savoir si la cinquième paire préside ou ne préside pas, dans le nez, pour une certaine part à la sensibilité olfactive, question sur laquelle Texpérience doit prononcer, je me borne à vous poser la proposition que nous examinerons plus tard .

Nous savons que la cinquième paire tient sous sa dépendance certains phénomènes de nutrition. Vous l'avez vu pour la branche ophthalnrique ; on peut le constater aussi pour les branches maxillaires supérieure et inférieui'e. La membrane muqueuse nasale est gonflée et rougeâtre. Nous constaterons cette apparence le jour où nous ferons l'autopsie de ce lapin. Je vous signalerai à ce propos une précaution à prendre dans les conclusions à tirer des expériences entreprises pour juger de Tintluence de la cinquième paire sur l'olfaction : il ne faudrait évidemment pas attendre, pour étudier les modifications de ce sens après la section du trijumeau, que les altérations de nutrition se fussent produites dans le nez. L'expérience ayant pour objet de recherchef si le sens olfactif est atteint primitivement, son altération, après que les désordres de nutrition sont survenus, n'établirait l)as plus son aptitude sensoriale que la cécité, après les altérations de l'œil consé'cutives à la section de la branche ophthalmique, n'étal;>lit une influence du'ccte de cette branche sur la vision.

Passons maintenant à l'examen des usages de la branche maxillaire inférieure.

B., SY5T. MKdV. — If. 7

La branche maxillaire inférieure du nerf trijumeau sort du trou maxillaire inférieur et vient se distribuer à la bouche. Ce nerf diffère des autres branches de la cinquième paire en ce qu'il n'est pas exclusivement sensitif. Lorsqu'au delà du ganglion de Gasser, la cinquième paire s'est divisée en trois branches, la branche inférieure de cette trifucation, branche maxillaire inférieure, reçoit un filet d'origine distincte qui passe audessous du ganglion sans se confondre avec lui. Ce filet représente la partie motrice d'une paire nerveuse, dont le tronc principal du trijumeau renferme l'élément sensitif. Cette branche motrice n'abandonnant rien aux deux branches supérieures du trijumeau, le nerf maxillaire inférieur se trouve seul dans la cinquième paire représenter un nerf mixte.

Dans l'étude du nerf maxillaire inférieur, nous avons donc à considérer des phénomènes de sentiment et des phénomènes de mouvement.

Je vous ai déjà dit que la branche maxillaire inférieure donne la sensibilité aux parois de la bouche et le mouvement aux muscles de la mâchoire inférieure. Tandis que le facial donne le mouvement aux muscles superficiels, le nerf maxifiaire inférieur préside au mouvement des muscles masticateurs profonds : masséters, mylo-hyoïdiens , ptérygoïdiens et crotaphytes.

Après la section de la cinquième paire, on constate en effet, une paralysie des muscles de la mâchoire. Lorsque la lésion n'a été produite que d'un côté, cette paralysie n'empêche pas immédiatement Tanimal de se nourrir : la mâchoire formanl un seul osj et les mouvements du

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