BRANCHE MAXILLAIRE INFÉRIEURE
côté opposé étant conservés, la mastication peut encore s'effectuer. Cependant cette mastication est incomplète, l'animal se nourrit mal, dépérit et maigrit.
FiG. h (1).
Je dois vous signaler à ce propos un fait intéressant à noter, fait relatif à l'accroissement des dents. La sec-
(1) Portion motrice de la cinquième paire chez le cheval. — Fig. 1. A, portion motrice de la cinquième paire qui embrasse en forme de collier le nerf maxillaire inférieur; — A', branche auriculo-temporale qui est entourée par une anse provenant de la portion motrice ; — 0', autre portion du nerf auriculo-temporal provenant exclusivement de
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tiun (les raineaux dentaires que Ibiiniii la (ituiuiciKC paire, n'empêche pas les dents de pousser. On peut h^ constater sur les animaux chez lesquels raccroissement des dents est continuel, chez les lapins, par exenqile.
Lorsque chez ces animaux, on coupe la cinijuienic paire d'un seul côté, les dents incisives correspondantes ne sont plus en rapport; elles ne s'usent })lus les unes sur les autres. Cette altération des rapports entre les dents tient ii ce qu'après la section de la cinquième paire, la destruction de sa iietite racine motrice a paralysé les muscles masticateurs d'un C(Mé.
La mâchoire étant déviée et attirée du coté sain, la dent incisive supérieure du côté sain frotte seule sur l'incisive intérieure du côté paralysé. Mais alors l'incisive supérieure du côté opéré et l'incisive intérieure du côté sain portant à vide continuent à s'accroître. Au l)out de cinq ou six jours on peut déjà reconnaître que ces dents sont plus longues (voy. tig. 5).
la porlioii sonsitivo, du maxillaire infiîrieiir, cl envoyant un lilel aiiasloniolique S à la corde du iympan 1 ; — S', aulie filet allant du niaxillaiic inférieur à la corde du tympan I ; — 15, rameau Imccal du maxillaiio inférieur venant en plus grande partie de la portion moliice du nerf; — Ci', (ilet moteur poiu' ie muscle crotapliyte ; — V, filet moteur poulie voile du i)alais ; — I», rameau moteur pour le ptérygoïdien ; — '/i, brancheo plithalniicpic de la cincpiième paire ; — U, i)ranclie maxillaire supérieure de la cinquième paire ; — X , nerf lingual ; — Y, nerf dent=urc inférieur.
fig. II. Même, nerf que ])récédemm('nt vu par la face externe; — CM, filets méssetériens et crotapliytes venant de la portion niotrice du maxillaire inférieur et auxquels se mêlent cependant quelques libres venant de la portion sensitive.du nerf; ~ D, branche ophtbalmiqne ; — K , nerf maxillaire supérieur; — ]■', nerf dentaire; — II, nerf lingqal ; A , portion de la branche auriculo-tcjnporale.
JJRANClIli MA\l[>r.AIRI': INFliRIKURi:. 101
Jj'accroissemeut des dents est donc indépendant de l'influence nerveuse.
Il est très probable que c'est là un fait général . car, chez le fœtus, le développement des organes se fait alors qu'ils ne sont pas encore pourvus de nerfs : rinfluence nerveuse ne paraît, en efï'et, intervenir dans les phénomènes de nutrition que comme moyen d'harmonisation ojénérale.
Le lapin que nous avons montré tout à l'heure périra dans quelques jours. Il ne mourra pas par l'opération même de la section de la cinquième paire ; il mourra de] faim. A Fautopsie, on trouvera dans l'estomac peu d'aliments, beaucoup moins que dans les conditions normales : on pourrait peut-être prolonger son existence en lui injectant dans l'estomac des aliments suffisamment divisés ou dissous, du bouillon, par exemple.
Cette imperfection de la mastication doit reconnaître deux causes : d'une part, l'animal se sert moins bien de ses dents molaires, dont le contact ne se fait plus que par une portion restreinte de leur surface triturante ; ensuite, l'action des incisives est singulièrement amoindrie par ce déplacement latéral qui ne permet qu'à' deux dents de se mettre en rapport.
Chez un chien ces inconvénients seraient moins prononcés, les mouvements de diduction des mâchoires prenant une part beaucoup moins large dans la mastication des carnivores. Toutefois , le rapprochement des dents se fait assez faiblement du côté paralysé pour qu'on puisse, en mettant le doigt entre les deux mâchoires du côté lésé, sentir qu'il n'est serré que légèrement.
Lorsque au lieu de couper la cinquième paire d'un côté seulenient on la coupe des deux côtés, l'animal ne peut plus ni mâcher, ni avaler. Alors il meurt de faim; la bouche reste béante et la mâchoire inférieure pendante.
Vous voyez donc que la section de la cinquième paire amène des désordres du mouvement qui sont limités à la mâchoire ; voilà tout pour ce qui concerne son influence motrice.
Mais, outre cela, le nerf maxillaire inférieur[est aussi un nerf de sentiment. C'est lui qui donne la sensibilité aux joues, à la bouche, à certaines parties de l'oreille. H fournit des anastomoses au facial par une branche uuriculo-temporale. La section du nerf maxillaire inférieur est suivie d'une paralysie du sentiment, nonseulement dans les parties profondes, mais encore dans les parties superficielles ; c'est ce qu'il est facile de constater sur ce lapin. La sensibilité a disparu dans la muqueuse comme dans la peau des joues; nous pouvons aussi sans causer de douleur à l'animal pincer la langue du côté paralysé.
Les effets de la paralysie delà branche maxillaire inférieure ou de sa section ne paraissent pas se borner à ces lésions du mouvement et de la sensibilité : nous trouvons sur les lèvres et la langue des altérations consécutives qui peuvent porter à penser qu'il y a en même temps des altérations de nutrition. La muqueuse des lèvres est quelquefois rouge, gonflée ; elle est, aux lèvres supérieure et inférieure, le siège d'ulcérations ; le bout de la langue présente aussi une ulcération. Toutefois, avaiit de se prononcer sur la nature de ces ulcérations, il convient