ET ELECTRO -MOTRICES DES NERFS. Ô
été tué parie curare, a perdu complètement ses propriétés physiologiques motrices. Cette expérience prouverait clairement, si elle se vérifiait pour le tissu musculaire, que la propriété physiologique des tissus n'est pas inhérente à leur propriété électro-motrice et qu'elle est sous l'influence de conditions qui nous échappent encore ; à moins qu'on admette que les manisfestations électriques qu'on a vu persister dans le nerf mixte curare soient dues exclusivement au nerf sensitif, qui est respecté par ce singulier poison.
Relativement à la nature de l'agent nerveux, nous ne sommes donc en réalité guère plus avancés que les anciens; et si nous n'admettons pas comme eux des esprits animaux, nous admettons un agent nerveux également inconnu.
Toutefois nos connaissances sont bien supérieures à celles des anciens sur toutes les questions qui touchent non plus à la nature, mais à la distribution de l'agent nerveux; et nous savons que les mêmes parties ne servent pas à transmettre indistinctement les actions seositiveset motrices.
Nous savons en outre que ces propriétés nerveuses ne sont pas différenciées seulement par la séparation des organes chargés d'en opérer la distribution, mais encore qu'elles sont de nature essentiellement différente, puisqu'il nous a été possible, par certains réactifs, de détruire les unes en respectant les autres. De plus , nous savons encore que, bien que distincts et pouvant liiôme être séparés l'un de l'autre, le mouvemeiit et le sentiment n'en sont pas moins uuis physiologiqaement par
Û. CLASSIFICATiO^^S ÂNATOMlQUES
la solidarité la plus étroite : il est impossible en effet qu'ils agissent normalement l'un sans l'autre.
A cette distinction des propriétés nerveuses et à la constatation de leur influence réciproque se bornent à peu près les notions générales qu'il nous a été jusqu'ici possible d'acquérir, les faits qu'il nous a été possible de démontrer expérimentalement.
Nous devons maintenant faire l'histoire topographique des nerfs crâniens, qui présentent dans leur constitution , dans leur distribution et leur origine une complexité bien plus grande que les nerfs rachidiens. Vous avez vu, dans ces derniers, la paire nerveuse présenter une individualité complète et bien définie, due à la réunion do deux éléments anatomiquement et physiologiquement distincts. Dans les nerfs encéphaliques, cette association, qui fait une unité physiologique des deux éliments luoteur et sensitif, existe encore, mais elle est beaucoup plus difficile à saisir.
Dans l'étude des nerfs crâniens, il pourrait paraître avantageux de commencer par ceux que leur simplicité rapproche le plus des nerfs rachidiens. Ce classement, qu'ont suivi Tiedemann, Arnold, BischofF, procède des nerfs qui partent de la partie postérieure de l'encéphale à ceux qui sortent de sa partie antérieure. Cet ordre, peut-être plus logique au point de vue anatomique, nous conduirait, dans l'examen des caractères physiologiques, à fractionner les fonctions nerveuses et à établir, pour les besoins de l'exposition systématique, des divisions qui nuiraient à la clarté des notions physiologiques d'ensemble ; c'est pour cette raison que nous suivrons une
DES NERFS CRANIENS.
autre marche, qui nous a paru plus commode pour grouper les phénomènes nerveux que nous avons à étudier. Les anatomistes ont proposé diverses classifications des nerfs crâniens. Willis les classa d'après l'ordre de succession des orifices de la dure-mère, par lesquels ils s'engagent d'avant en arrière pour sortir par la base du crâne. D'après cette base de classification, il distingua les nerfs de la manière suivante :
paire
nerfs olfactifs.
— optiques.
— moteurs oculaires communs.
— pathétiques.
— trijumeaux.
— moteurs oculaires externes.
— faciaux et acoustiques.
— glosso-pharyngiens,pneumo-gastriques
et spinaux ou accessoires de Willi.''.
— grands hypoglosses.
De plus, Willis admettait encore une dixième paire constituée par le nerf sous-occipital.
Une autre division anatomique des nerfs crâniens, due à Soemmerring et Yicq d'Azyr, les a groupés par paires dans l'ordre suivant :
pan-e.
nerfs olfactifs, nerfs optiques.
— moteurs oculaires communs.
— pathétiques.
— trijumeaux.
— moteurs oculaires externes.
— faciaux.
— auditifs ou acoustiques.
— glosso-pharyngiens.
— pncumo-gastriques.
— sjjiiiaux ou accessoires de Willis.
— grands hypoglosses.