‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 6 sur 116 · PROPRIÉTÉS COMMUNES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS COMMUNES

îcî chaque paire crânienne est due à l'ensemble de deux nerfs symétriques par rapport au plan médian ; on ne tient compte^ dans sa composition , que de la configuration, et il ne faudrait pas voir, dans ces douze paires aiiatomiques, des paires physiologiques telles que nous les avons comprises.

A notre point de vue, purement physiologique, l'individualité nerveuse est constituée par un élément sensitif pur (racine postérieure), un élément moteur pur (racine antérieure) , et enfin un élément sympathique agissant sur les organes de la vie nutritive, qu'on a encore appelé nerf trophique et que nous avons considéré comme ua élément moteur spécial, tenant surtout sous sa dépendance les phénomènes physico-chimiques de l'organisme. Nous aurons, par conséquent, à poursuivre d'après le même point de vue l'étude des nerfs de la tête ; seulement, la détermination de notre unité nerveuse deviendra plus difficile.

Dans la moelle épinière, les racines antérieure et postérieure d'une miême paire nerveuse se correspondent anatomiquement et entrent visiblement dans la constitution du même nerf mixte. Dans la tête, les corrélations anatomiques des nerfs sont beaucoup plus complexes; mais, heureusement, nous avons donné, à propos des nerfs rachidiens, un caractère physiologique d'association des éléments d'une paire nerveuse cjui deviendra ici très précieux pour nous diriger ; nous voulons parler de la sensibilité récurrente qui associe toujours l'élément nerveux moteur à un élément sensitif déterminé. Nous rappelierons donc ici le principe que

AUX PAIRES RACFJDIKNNES ET CRANIENNES. 7

nous avons posé à propos des paires rachidiennes, à savoir : qu'un nerf moteur joue le rôle de racine antérieure par rapport à un nerfsensitif, toutes les fois quHl reçoit de ce dernier sa sensibilité récurrente ; et que, réciproquement^ un nerf sensitif joue ^ par rapport à un nerf moteur^ le rôle de racine postérieure toutes les fois qu'il lui fournit la sensibilité récurrente. Quant à l'élément sympathique qui, émanant de la moelle épinière, entre encore dans la constitution de l'unité nerveuse, il nous serait difficile de dire, pour le moment , s'il est plus spécialement associé à l'élément moteur d'une paire nerveuse qu'à son élément sensitif. Notons seulement que les mouvements réflexes auxquels les nerfs sympathiques donnent lieu peuvent avoir pour point de départ, soit des sensations internes, soit des sensations externes, soit enfin des sensations spéciales.

Parmi les propriétés nouvelles que nous présentent les nerfs crâniens, nous devons surtout signaler celles qui appartiennent à un ordre nouveau de nerfs qui ne se rencontrent que dans l'encéphale ; ce sont celles des nerfs spéciaux des sens, ou nerfs sensoriaux.

Relativement à la sensibilité des nerfs raehidiens, nous avons déjà longuement insisté, dans le semestre dernier, sur ce fait, que les nerfs sensitifs et les nerfs moteurs intacts sont les uns et les autres sensibles cfuoiqu'à des degrés divers; seulement, que l'un de ces éléments, le nerf sensitif, possède une sensibilité directe qu'il tient du centre nerveux et qui, après sa section, persiste dans son bout central, tandis que l'autre, le nerf moteur, possède une sensibilité récurrente, qu'il tire du nerf sensitif et

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