‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 62 sur 116 · ET DE LA TROISIÈME PAUPIÈRE · texte numérisé non relu

ET DE LA TROISIÈME PAUPIÈRE

Certaines substances toxiques peuvent produire des effets qui se manifestent par des mouvements dans les yeux : l'essence de térébenthine est dans ce cas. En faisant respirer de l'essence de térébenthine à un lapin, en lui plaçant le nez au-dessus d'un verre rempli de cette substance, j'ai vu se manifester au bout d'un certain temps des mouvements convulsifs très singuliers dans les yeux. Puis ces mouvements disparurent quelque temps après, lorsque l'animal se rétablit.

Il nous resterait, pour compléter l'histoire des mouvements du globe de l'œil, à parler des mouvements de la troisième paupière, ou paupière nictitante, qui existe très développée chez certains oiseaux de proie, et qu'on rencontre aussi chez certains animaux mammifères tels que le chien, le chat, même un peu chez le lapin.

Le mécanisme des mouvements de cette paupière est tout à fait différent chez les oiseaux et chez les mammifères. Chez les oiseaux rapaces, le hibou par exemple , il. existe un muscle destiné spécialement aux mouvements de cette paupière, et dont le tendon, long et grêle, est tellement disposé qu'il agit exactement, pour fermer la paupière, comme une corde qui tire un rideau. C'est un filet nerveux moteur qui anime le muscle de cette troisième paupière, qui se meut dès lors par un mouvement actif.

Chez les mammifères, le chien et le chat, la troisième paupière n'est , pour ainsi dire, que l'exagération de la caroncule lacrymale, qui se trouve supportée par une sorte de tubercule placé à l'angle interne de l'orbite, entre la paroi de l'orbite et le globe oculaire lui-même.

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Ljrsque les muscles du globe oculaire, animés par le moteur oculaire commun, viennent à se contracter, le globe oculaire, se retirant dans le fond de l'orbite, presse le pédicule cartilagineux de la troisième paupière et la chasse en avant comme un noyau de cerise qu'on presserait entre les doigts. Cette propulsion de la base de la trciisiéme paupière la p<:»rte au-devant de loeil dont elle recouvre une partie plus ou moins grande suivant les animaux. Ici donc . quoique le mouvement soit déterminé par la tri^isieme paire, il l'est d'une manière mécanique et passive. Ce qui le prouve, c'est qu'on peut le pr»3dnire mec"ani«:juement. même chez l'animal mort, lorsque avec le doigt on presse sur la cornée pour enfoncer l'œil dans l'orbite. Toutes les fois que l'œil tend à s'enfoncer dans l'orbite le même phénomène a lieu : c'est ce que l'on voit, par exemple, après la section du grand sympathique au cou. parce que cette opération entraine la rétraction du globe oculaire dans le fond de l'orbite.

La galvanisation du nerf sympathique, en amenant le prolapsus de l'œil en dehors, fait rentrer la troisième paupière. L'action delà nicijtine. en amenant la rétraction violente du glot»e oculaire , produit la saillie de cette troisième paupière d'une manière si forte qu'elle couvre complètement la cornée transparente, et que l'animal en est œmme aveuglé. Quelquefois T animal semble mouvoir cette troisième paupière volontairement dans des- mouvements destinés a remplacer le clignement ; mais c'est toujours par le même mécanisme. C'est ce que nous avons vu très nettement sur un chat, chez lequel les

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