‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 69 sur 116 · DE NERFS OLFACTIFS · texte numérisé non relu

DE NERFS OLFACTIFS

que la lame criblée n'existe pas ou plutôt qu'elle ne présente pas de trous (fîg. 10).

Voici maintenant la figure de la face inférieure du

FiG. 11 (1).

cerveau (fig. 11). D'un côté on a conservé les méninges et de l'autre côté elles ont été enlevées. Toutes les ori-

physe crisla-galli très peu développée ; — c, fossette correspondant à la lame criblée de l'ethmoïde ; on ne voit pas de pertuis pour les nerfs olfactifs ; — d, petits os wormiens ; — e, rameau elhmoidal du filet nasal de la brandie ophlhalmique de la cinquième paii'e.

(1) A, sillon du nerf olfactif; le sillon existe beaucoup moins prononcé, mais on ne trouve aucune vestige de nerf olfactif, pas même vers son origine.; — B, nerf ophlhalmique; — C, nerf moteur oculaire commun ; — 1>, nerf pathétique ; — E, moteur oculaire externe; — F, nerf tri-

gines des nerfs encéphaliques sont à l'état normal. Il n'y a rien autre chose d'anormal que l'absence de la première paire (nerfs olfactifs).

Nous vous citerons une autre observation invoquée à l'appui de la spéciahté du nerf olfactif; l'examen de cette observation vous montrera qu'elle ne saurait rien prouver.

Observation. — Cécité et diminution de l'olfaction produite par une tumeur fibreuse à la base du crâne, par M. Vidal, interne à la SalpêU'ière. — L'odorat est excessivement obtus, tellement que cette malade, qui avait contracté l'habitude du tabac, en a discontinué l'usage comme ne lui produisant plus de sensation.

A la partie antérieure de la base du cerveau, tumeur de la grosseur d'un œuf de poule, située au-dessus de la selle turcique. Elle semble formée par l'épanouissement de l'extrémité de la tige pituitaire à laquelle elle adhère. Le corps pituitaire ne présente rien de particulier et les os de la base du crâne ne présentent aucune empreinte. Cette tumeur est logée dans l'épaisseur du cerveau, a refoulé en haut le plancher du troisième^ventricule et, placée dans l'espace qu'occupe ordinairement celui-ci, elle a écarté l'extrémité antérieure de la scissure longitudinale, de telle sorte qu'elle a fortement déjeté en dehors les nerfs olfactifs, qui sont comprimés et aplatis. De plus elle a poussé directement au-dessous d'elle les nerfs optiques dont la commissure à disparu ou plutôt fait partie intégrante de ses parois. ^

Dans toute l'observation, M. Vidal ne fait pas mention de la cinquième paire. Cependant la tumeur, du volume d'un œuf, devait comprimer le sinus caverneux et la branche ophthalmique.On ne fait

jumeau ; — G, nerf de la septième paire ; — H, nerf vague ; — î, nerf glosso-pharyngien ; — J, nerf spinal ; — K, nerf grand hypoglosse ; — L, artère carotide interne ; — M, lobe antérieur du cerveau ; — N, lobe cérébral moyen ; — 0, pont de Varole ; — P, artère basilaire ; — Q, pyramide antérieure ; — R, cervelet.

pas mention non plus de la sensibilité générale du nez et des yeux. Sous ce point de vue, l'observation est incomplète et on ne peut en tirer aucune conclusion rigoureuse pour ou contre la spécialité du nerf olfactif.

Si donc on admet aujourd'hui que le nerf olfactif est le nerf spécial de l'odorat, et que la cinquième paire donne seulement à la membrane muqueuse nasale la sensibilité générale , on émet une opinion basée seulement sur l'analogie avec la vision. Après les faits que je viens de vous exposer, il est difficile d'admettre que le rôle du nerf olfactif dans Tolfaction puisse être aujourd'hui regardé comme bien connu. Qu'il ait un rôle dans l'exercice de cette fonction , je suis loin de le nier. Mais quel est exactement ce rôle? — Je l'ignore, personne n'ayant pu diagnostiquer pendant la vie l'absence des nerfs olfactifs, et observer quelles en étaient les conséquences.

On n'a, d'ailleurs, aucune raison même analogique de refuser à la cinquième paire un rôle dans l'olfaction. C'est un nerf de sensibilité générale, sans doute; mais déjà, dans la bouche, ne le voit-on pas réunir les aptitudes des nerfs de sensibilité générale et de sensibilité spéciale?

L'olfaction est une fonction qui n'a pas besoin, comme la vue et l'ouïe, d'un organe particulier et spécial. Des surfaces muqueuses constituent les appareils olfactif et gustatif : la cinquième paire perçoit les sensations gustatives ; pourquoi ne percevrait-elle pas certaines sensations des odeurs ?

On a parlé de sujets qui sentent la saveur d'un aliment,

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