AGENT NERVEUX
La propagation de Tagenl nerveux cesse toutes les fois qu'on en arrête la production. Cest ce qui a lieu lorsqu'on empêche le sang d'arriver à rencéphale.
Les anciens , qui connaissaient cette expérience y en expliquaient le résultat en concluant que les esprits animaux étaient fournis par le sang, d'où l'encéphale ne faisait que les séparer. Willis , dont je vous ai déjà rappelé les idées, cite à l'appui l'expérience qui consiste à lier les artères qui se rendent au cerveau, expérience dans laquelle on cause la mort de l'animal par la suppression dé tous les phénomènes de l'innervation. Depuis Texplication a changé ; les faits sont restés les mêmes : le sang arrivant au centre , il y a production , puis dispersion de l'agent nerveux.
Lorsqu'on vient à isoler une partie de la moelle, en respectant les vaisseaux qui s'y rendent, on peut^ sans empêcher la formation de l'agent nerveux, en empêcher k distribution : d'où accumulation. C'est ce qui arrive quand on opère la section de la moelle: il y a une sorte d'accumulation de l'agent nerveux dans la partie inférieure, isolée de l'encéphale par la section.
On peut le démontrer en coupant la moelle à une j^renouille. Vous savez qu'après cette opération les parties séparées dç l'encéphale deviennent plus sensibles, et que des mouvements réflexes sont provoqués par des excitations qui, dans les conditions normales, n'en produisent pas. Mais là ne se bornent pas les elTets de la section de la moelle : cette exaltation de la sensibilité est accompagnée d'une énergie plus grande dans les mouvements.
378 MOELLE ÉPINIÉRE.
Le lendemain de Topération , soit qu'on ait coupé toute la moelle, soit qu'on en ait coupé seulement une moitié, les contractions musculaires des parties correspondantes sont plus énergiques. Toutefois, pour que ces phénomènes se produisent , il faut que la partie de la moelle qui a été séparée de Tencéphale offre une étendue suffisante. Peut-être est-il nécessaire qu'elle renferme un de ces centres dont l'observation des faits conduit à admettre Texistence. Quoi qu'il en soit de cette vue, nous ne nous engagerons pas plus avant au* jourd'hui dans cette voie de localisation de la production de l'agent nerveux.
Nous avons vu que, quand on coupe la moelle sans détruire le système vasculaire, Taccumulation delaforo6 nerveuse se traduit par une suractivité des manifestations sensitives et motrices. Cette suractivité oe se borne pas à ces manifestations extérieures : les organes intérieurs sont, eux aussi, le siège de réactions qui accusent cette exaltation des phénomènes de sensibilité et de mouvement.
C'est sur ces faits, moins connus, que j'insisterai aujourd'hui.
Eœp. — Voici un lapin chez lequel nous avons fait, à l'aided'un bistouri àlameétroite, introduitentre les lames vertébrales, la section de la moelle dans la région du cou, au-dessous des nerfs phréniques, entre le plexus cervical et le plexus brachial. Les nerfs intercostaux et ceux émanant du plexus brachial ne sont plus en communication avec l'encéphale ; l'animal ne respire plus avec les côtes, mais avec le diaphragme. Eu pinçant une patte, nous