SON ACTION SUR LES COEURS
tous les cœurs supplémentaires que l'on rencontre chez les aoimaux.
La moelle, agissant comme centre , exerce encore d'autres actions.
Je vous ai déjà dit que Pourfour-Dupetit avait observé Taction du sympathique sur Toeil.
Aujourd'hui nous savons que c'est dans la moelle épinière que se trouve le centre de cette action.
Nous n'avons aucune notion sur le mécanisme des phénomènes que nous produisons, lorsque nous piquons un point actif de la moelle. Cependant les désordres que nous observerons en détruisant un pédoncule cérébelleux, porteraient à penser que dans ces lésions on rompt l'équilibre entre des actions qui ne sont régulières qu'à la condition de conserver entre elles une certaine solidarité.
Certains points de la moelle sont en rapport avec des mouvements d'une nature déterminée. Il y a des régions dont l'influence porte sur les mouvements d'extension, d'autres sur les mouvements de flexion ; quelques-unes tiennent plus spécialement sous leur dépendance les mouvements des membres antérieurs ou ceux des membres postérieurs.
Nous vous avons déjà dit qu'on ne saurait admettre que le mouvement réflexe fût le résultat de la continuité directe entre la fibre sensitive et la fibre motrice. Vous comprenez maintenant comment les phénomènes réflexes peuvent s'expliquer sans recourir à cette hypothèse : il y a dans la moelle des centres sur lesquels convergent des systèmes de fibres motrices; Tirrita-
tion de ces centres produit un mouvement déterminé.
Je me bornerai à vous citer ici le résumé des observations de Mueller, Engelhart, Polettr, sur ces divers points de la moelle qui agissent comme centres.
!• Lorsqu'on irrite sur une grenouille une partie comprise entre la première et la quatrième ou la cinquième vertèbre cervicale, on produit des mouvements de flexion du membre postérieur.
2' L'excitation de la moelle, à partir de la quatrième ou cinquième vertèbre cervicale, jusqu'à son extrémité inférieure, produit l'extension des membres postérieurs.
3' En irritant la partie comprise entre la deuxième ei la troisième vertèbre cervicales, on détermine l'adduo^ tion des membres antérieurs.
4* Le reste de la moelle donne, lorsqu'on l'irrite, un écartemeut des membres antérieurs.
Il nous reste à examiner l'influence qu'exerce la moelle, considérée comme centre , sur les mouvements respiratoires.
Quand ici je vous parle de la moelle, je veux vous indiquer son prolongement au-delà du trou occipital. Le centre respiratoire, en effet, se trouve au-dessus d'un plan qui couperait la moelle entre l'occipital et l!atlas, plan qui, nous l'ayons vu, est la limité que les ânatomistes assignent à la moelle.
La moelle a cependant sur les actes respiratoires, une influence qu'on né doit pas méconnaître. Ainsi, quand on la détruit dans la région lombaire, la respiration continue à s'effectuer, le thorax se dilate, le diaphragme fonctionne fort bien, mais les parois abdominales para-
SON INFLUENCE SUR LA RESPlBATiON. 389
lysées ne vieQnent plus prendre part aux mouvements d'expansion ou de resserrement de la cavité thoracique.
Si on fait une plaie à Tabdomen, on voit que par cette plaie les intestins ne s'échappent plus. L'air entre dans la plaie, et en sort ensuite, aspiré d'abord puis repoussé par le jeu du diaphragme»
Si on détruisait la partie dorsale de la moelle, on abolirait les mouvements respiratoires de la même manière, en paralysant les parois thoraciques, mais dans ce cas encore, la moelle n'agit pas comme centre, et l'animal qui aurait subi cette opération, pourrait encore respirer par le diaphragme, comme nous l'avons vu chez ce lapin, auquel nous avions fait la section de la moelle entre le plexus brachial et le plexus cervical.
La destruction de toute la portion cervicale de la moelle, amènerait une abolition complète des mouve* ments respiratoires.
Depuis longtemps on sait qu'il est un point de la moelle allongée qui préside aux mouvements respiratoires. Galien ea parle ; et Willis, qui signale ce point comme celui où s'accumulent les esprits animaux, ajoute comme preuve de l'exactitude de cette assertion, que la mort est la conséquence nécessaire de sa blessure. Le fait s'est toujours montré le même dans les expériences de Legallois, de M. Flourens, etc.
On peut blesser toutes les autres parties de la moelle sans amener un arrêt immédiat des mouvements respiratoires; mais si l'on vient, par un instrument introduit entre Toccipital et l'atlas, à produire une plaie de la