MOELLE ALLONGÉE
Voici le lapin sur lequel nous avons, dans la dernière leçon, coupé d'un mtë le filet cervical du grand sympathique. Pour vous faire voir que l'abolition des mouvements respiratoires dans la section du bulbe, n'est pas due à la lésion des pneumogastriques, nous allons chez ce lapin, les lui couper d'abord ; et vous verrez que cette section ne produira pas la mort bien qu'elle amène un peu de gêne dans la respiration.
Nous faisons ensuite, à la partie supérieure et postérieure du cou, une incision qui nous conduit sur une membrane qui réunit l'occipital à l'atlas. La gêne apportée dans la respiration par la section des pneumogastriques fait que nous sommes gênés par une hémorrhagie. Nous ouvrons maintenant la membrane, puis nous piquons la moelle allongée avec cette forte aiguille à bords tranchants ; immédiatement les mouvements respiratoires cessent.
Ainsi, de même que la moelle épinière, la moelle allongée sert non-seulement de conducteur aux impressions sensitiveset motrices, mais elle agit encore comme centre, d'où partent les excitations respiratoires ; mais son rôle, comme centre, ne se borne pas à l'influence que nous venons de lui reconnaître sur les mouvements respiratoires.
Un peu plus haut que le centre respirateur, ou nœud vital, et tout près de lui on en rencontre un autre. Ce nouveau centre commence au-dessus de l'origine du pneumogastrique, au point dont la piqûre n'abolit plus les actes respiratoires, et s'étend jusque un peu au dessus de l'origine du nerf auditif. Il agit sur la circulation abdo-
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minale, c'est lui que nous piquerons quand nous rendrons les animaux diabétiques dans la prochaine leçon.
Messieurs, nous nous sommes déjà arrêtés longtemps sur un fait singulier d'augmentation de la sensibilité par suite de la section d'une moitié latérale de la moelle; nous vous avons dit que cette augmentation de sensibilité n'intéressait pas seulement la peau, mais qu'elle portait aussi sur les nerfs, et que la sensibilité récurrente était augmentée. Voici une expérience très nette à ce sujet, expérience que je dois vous faire connaître, bien qu'elle n'arrive pas ici précisément en son lieu.
Eœp. — Sur un jeune chien, on mit à nu la moelle épiuière dans toute la région lombaire; puis on passa les fils au-dessous des racines rachidiennes pour les isoler les unes des autres. Après cette opération, l'animal était très affaibli et dans l'impossibilité do mouvoir ses membres postérieurs. Alors on coupa la moitié de la moelle épinière du côté droit. La section, qui produisit beaucoup de douleur, avait peut-être légèrement dépassé la ligne moyenne.
Immédiatement après cette section, l'animal était de* venu en apparence complètement paralysé du train postérieur, et l'insensibilité était devenue complète dans le membre correspondant du côté de la moelle coupée, tandis qu'elle avait persisté à un certain degré dans le côté opposé. La plaie étant recousue et l'animal étant laissé en repos, la sensibilité revint peu à peu dans le membre postérieur droit (côté de la section). Cette sensibilité , d'abord moins considérable que celle du côté
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gauche sain, augmenta progressivement et dépasra bientôt celle du côté opposé.
Alors on examina la sensibilité des deux racines antérieures rachidiennes correspondantes^ Tune du côté sain , l'autre du côté où la moelle avait été coupée.
Du côté où la section de la moelle lavait été opérée et au-dessous de la section, la sensibilité récurrente était très évidente dans la racine antérieure. Celle-ci étant coupée, -le bout central était insensible, et le bout périphérique restait sensible. Du côté gauche, sain, la racine antérieure correspondante était complètement insensible, de sorte que la sensibilité récurrente n'existait que du côté où la moelle avait été coupée.
La plaie fut recousue, et plus tard on la découvrit de nouveau, et Ton constata que la plaie était plus chaude et que la sensibilité récurrente existait très nettement des deux côtés, sans qu'il qu'il fût possible d'y reconnaître une différence dans l'intensité, comme cela avait lieu pour les membres.
Alors on incisa la dure-mère au-dessous du point oà elle avait été coupée transversalement lors de la section delà moelle; cette membrane paraissait très sensible. D s'écoula du liquide céphalo-rachidien mêlé de sang. On toucha alors les faisceaux médullaires antérieurs, postérieurs et latéraux , qu'on trouva tous insensibles des deux côtés de la moelle, probablement à cause de la douleur produite au moment de l'ouverture de la duremère. En effet, au bout de quelques instants de repos, la sensibilité revint. Oh vit aussi qu'en pinçant um