SA SENSIBILITÉ
racine antérieure sensible , elle cessa d'être sensible à one excitation portée sur elle immédiatement après; mais il sufBsait de la laisser reposer quelque temps pour que cette sensibilité revint, ce qui donna à penser qu'il y avait dans les racines nerveuses un épuisement tout à fait local.
Du côté où la moelle épinière avait été coupée, on avait divisé ensuite une racine postérieure, et la racine antérieure correspondante, qui était sensible, était immédiatement devenue insensible.
Aussitôt après la section de la racine postérieure, très sensible , il y avait eu diminution générale de la sensibilité, d'où il résultat qu'en pinçant la racine postérieure située au-dessus, elle parut insensible ; puis elle reprit sa sensibilité après quelques instants de repos.
Après toutes ces opérations, on excita la surface extérieure de la moelle du côté coupé, et Ton ne trouva nulle part de sensibilité bien développée. En piquant les faisceaux médullaires, le postérieur seul dénotait de la sensibilité.
Le lendemain l'animal était mort, et l'autopsie montra que la moelle était coupée au niveau de la première vertèbre lombaire, et que le faisceau postérieur du côté droit était seul coupé.
Le foie de Tanimal ne contenait pas de sucre , non plus que son liquide céphalo-rachidien, qui parut moins alcalin qu'à l'ordinaire.
Cette expérience est intéressante en ce qu'elle montre toutes les variations de cette sensibilité nerveuse
et les conclusions contradictoires qu'on eu pourrait tirer, si Ton ne considérait les phénomènes que dans une de leurs périodes. Je tiens essentiellement à fixer votre attention sur de pareils faits, parce qu'ils sont de nature à vous montrer la variabilité et la complexité des phénomènes physiologiques, et qu'ils peuvent seuls nous donner la clef des dissidences qu'on remarque si souvent entre les physiologistes.
VÏNGT-DEUXIÈME LEÇON.
il lABS i857,
SOMMAIRE : Blessore de divers points de la moelle allongée. — Pk|ttres da plancher da quatrième yentrlcoie. — LapiiM rendus diabétiques. — E](périeo€es. — Détermination du centre actit — Propagation de rinfluence de la piqûre par la moelle épitaière.
Messieurs,
Dans la moelle allongée, à cMé du centre respiratoire, nous examinerons aujourd'hui une influence de la moelle agissant comme centre d'une action qui est des plus intéressantes. Cette influence agit sur les organes abdominaux et particulièrement sur leur circulation ; il en résulté un phénomène sur lequel nous avons déjà appelé l'attention depuis longtemps, le passage du sucre dans les urines ou le diabèie artificiel.
J'avais cru d'abord, et on l'a répété après moi, que dans ce cas, le diabète tenait à la piqûre du centre respiratoire, d'où suivait, dans le poumon, une combustion incomplète du sucre arrivant dans le sang veineux. C'était là une vue théorique, qui m'a fait découvrir la présence du sucre dans l'urine des fœtus ; mais appliqué au diabète artificiel, j'ai reconnu que celle explication était complètement en désaccord avècles faits. Les symptômes observés lorsque le centre respiratoire est atteint n'ont aucune ressemblance avec ceux qui se voient lorsque nous rendons un animal diabétique. Les phénomènes sont bien tranchés et se présentent avec des caractères trop nets pour qu'il soit permis de voir dans
398 PLAJ^GHEE DU QUATEIÊIIE VENTEIGULE
le cas qui nous occupe une simple diminution dans l'intensité des accidents produits par la piqûre du nœud vital. Les animaux rendus diabétiques par la piqûre du quatrième ventricule, détruisent aussi bien le sucre que ceux chez liesquels on n'a pas produit cette lésion. Plaçant , en effet , un de ces animaux dans un milieu confiné en comparaison avec un anittial sain , nous avons déjà vu que le premier rend autant et même un peu plus d'acide carbonique que le second.
Les centres mentioupés plus haut ne sont pas les seuls que Ton rencontre dans la moelle allongée ; et je suis convaincu qu'en les cherchant avec soin on y en découvrirait d'autres. Ainsi, en portant plus haut Taiguille, on arrive encore quelquefois à agir sur d'autres fonctions. Cette variété de phénomènes a été souvent produite dans nos expériences, alors que n'ayant pour nous guider que les points de repère fournis par les saillies osseuses,
la lame de l'instrument s'égarait parfois au delà des parties que nous avions l'intention d'atteindre.
La piqûre du milieu de l'espace compris entre l'origine des pneumogastriques et celle des nerfs auditifs, détermine en même temps une augmentation de la quantité de l'urine, et Tapparition du sucre dans Turine.
Piquant un peu plus haut, l'urine est moins abondante, moins chargée de sucre ; mais elle renferme souvent de l'albumine.
L'exagération de la quantité d'urine, le passage du sucre ou de l'albumine dans cette urine, nous ont semblé être des phénomènes indépendants les uns des autres et pouvant être produits sépaiément. Ainsi, en piquant la
SA PIQUEE. 399
moelle allongée un peu au-dessous de Torigine des uerfs auditifs^ ou a une exagération de la quantité d'urine sans passage dans cette urine de sucre ni d'albumine.
Remontant plus haut, vers le pont do Varole, un peu en arrière de l'origine de la 5' paire, on rencontre un centre sécrétoire, dont la piqûre imprime une grande activité à la sécrétion salivaire. Il nous est souvent arrivé, en voulant rendre des animaux diabétiques, de déterminer d'un seul côté une salivation abondante. Dans ces expériences, le dernier centre que nous veixms de vous signaler avait ordinairement été lésé du même côté que celui où se manifestait l'hypersécrétion. Et cette exagération de la sécrétion salivaire était indépendante de la sécrétion du côté opposé ; car cette dwnière^ restée intermittente, pouvait être provoquée aa moyen des excitants ordinaires, comme le prouve l'expérience suivante.
£œp. — Sur un jeune chien, bien portant et en digestion, on avait piqué le plancher du quatrième ventricule pour produire le diabète. Une heure et demie après, l'urine contenait du sucre, et l'animal présentait une salivation abondante.
On mit à découveil les conduits salivaires sousmaxillaires et parotidiens, et Ton y introduisit des tubes. On remarqua d'abord que l'écoulement par la glande sous-maxillaire était plus abondant que par la glande parotide; on observa ensuite que la glande sous-maxillaire droite donnait une sécrétion continue et beaucoup plus abondante que la glande sous-maxillaire gauche. Alors on coupa des deux côtés le nerf
lingual au-dessous du ganglion sous-maxillaire, et ron en irrita successivement les bouts périphériques et centraux. Lorsqu'on excitait les bouts périphériques, il n'y avait augmentation de la sécrétion sous-maxillaire ni à droite ni à gauche. Lorsqu'on pinçait les bouts centraux, il y avait augmentation de sécrétion des deiix côtés; mais le pincement du bout central du nerf lingual droit provoquait un écoulement de salive très considérable de ce côté, agissant faiblement sur le côté opposé. Quand, au contraire, on pinçait le bout oentral du nerf lingual gauche , on provoquait un écoulemrat modéré de salive de ce côté et un écoulement très considérable du côté droit.
 l'autopsie de la tète, on trouva que la piqûre, oblique, avait porté à droite, et que, commençant im-médiatement au-dessus de l'origine du pneumogastrique, elle se prolongeait jusque ve]*s l'origine du facial et de la cinquième paire de ce côté, ce qui est en rapport avec l'hypersécrétion salivaire observée à droite.
Il résulterait de cette observation que la glande sousmaxillaire droite était devenue d'une sensibiUté exagérée pour la sécrétion. En effet, dans l'état normal, lorsqu'on irrite le bout central d'un nerf lingual, il y a sécrétion par action réflexe plus intense sur la glande du côté correspondant que sur celle du côté opposé. Ici nous voyons que la sécrétion était toujours au contraire plus abondante dans la glande droite, alors même qu'on irritait le nerf lingual gauche.
Arrivons maintenant à la piqûre qui détermine le diabète artificiel.
SA PIQUEE. &0i
Comme toutes ces actions sont des choses nouvellement connues et que leurs études laissent encore beau* coup de points à élucider, il est important de vous donner les faits tels qu'ils ont été observés afin qu'ils puissent servir de point de départ à des recherches ultérieures.
Quoique ce sujet ait déjà été traité, dans un de nos cours, au point de vue du diabète artificiel, cependant je crois utile de revenir ici sur quelques détails relatifs aux points précis des centres nerveux qui se trouvent lésés, et aussi sur certains phénomènes ou troubles nerveux qui coïncident avec cette singulière apparition du sucre dans les urines.
Nous avons dit ailleurs par quelle série de considérations hypothétiques nous avions été amené à faire la piqûre du quatrième ventricule, dans le but de produire te diabète artificiel (tome 1" de nos leçons); nous vous indiquerons ici d'une manière suc^cincte la série des procédés opératoires par lesquels nous avons passé.
On peut compter trois procédés. I^ premier que nous ayons employé consiste à ouvrir la membrane occipitoàtloïdienne, et à faire pénétrer Tinstrument piquant par Torifice inférieur du quatrième ventricule. Ce procédé, qui exige la sJBction des muscles de la nuque, amène des délabrements qui ne permettent pas aux animaux de survivre longtemps. On pourrait cependant pénétrer par le trou occipital , en arrière , sans faire la section des muscles de la nuque ; mais alors on est forcé de traverser obliquement presque toute l'étendue de la moelle allongée.
B., Stst. beat. — - t. I. 26
/|03 PIQURE D€ PLAÎfCHER
Le second pix)cédé a consisté à faire pénétrer l'inslruinent piquant par la partie antérieure de la moelle allongée , entre l'occipital et l'atlas. Ce procédé offre l'avantage de conduire rinstrument plus près du point où la moelle doit être piquée ; de sorte qu'il suffit de le. diriger un peu on haut et en avant pour arriver sur le lieu dont la blessure détermine le diabète artificiel.
Vjaûn le troisième procédé, décrit ailleurs (tome I"), consiste à percer avec un petit trocart, ou avec rinstrument même qui sert à la piqûre^ l'os occipital, et à arriver ainsi directement, en traversant le cenelet. sur le plancher du quatrième ventricule.
Quant aux instruments qui ont servi à faire la pi([âre, ils peuvent être de formes très variables. Nous avions d'abord employé un petit instrument en forme de ciseau et très tranchant par son extrémité; ensuite, pour agir sur les deux côtés de la moelle allongée , nous avions fait un instrument en forme de fourche (fig. 49). Eofin nous avons adopté un autre instrument, muni d'une pointe, afin de ne pas couper toute l'épaisseur de la moelle lorsqu'on l'attaque par sa partie supérieure (fig. 50).
On pourrait encore , pour simphfier la fabrication de l'instrument, tailler son extrémité en biseau (A, fig. 48), ou placer sur un de ses c^Més la pointe qui ailleurs est au milieu du tranchant (voy. B, fig. 68).
Tous les procédés et tous les instruments peuvent réussir. Nous avons fait un certain nombre de piqûres par la partie inférieure de la moelle allongée, et, en général , aussitôt après ces piqûres , les anin^aux sont aplatis sur leurs membres antérieurs; de telle façon que
DU QUATRIÈME VENTBICULE. AOS
leur thorax porte sur lo sol. Bientôt ils se relèvent et peuvent marcher, en présentant des di'sordres variés. H Y a souvcul aussi siilivation très abondante , et quelquefois, lorsque la piqûre ne porte pas exactement sur la ligne médiane, des troubles semblables à ceux qu'on trouve dans les autres pi-océdés. Nous avons TU, à ce propos, un lapin chez lequel la moelle allongée avait été traversée obliquement à gauche, depuis le trou occipital jusqu'à ; l'origine de la cinquième paire.
L'animal avait toujours de la tendance ii tomber du cOté gauche; et , comme il voulait se retenir, il olïrait ce phénomène singulier d'une progi-essien transversale de droite a gauche, sur les quatre membres, sansavancer ni reculer.
Api es la piiplre par ce procé'dé. le sucre apparaît dans l'urine, en général , de deux licures à deux heures et demie après l'opération.
La piqûre de la moelle allongée, en péné'traiit par le trou oc- *'"g. ù8. ficù». Kic. îo. cipital avec un instrument simple ou double, amèni' également le diabète, et il nous a semblé que l'apparition du sucre était plus rapide lorscjuon faisait usage de l'instrument à deux pointes (fig. Û9).
Relativement à la i-égion précise qu'il convient de
blesser pour produire le diabète artificiel, nous ne pouvions la connaître à priori^ et sa détermination n'a pu être que le résultat de l'examen comparatif de toutes les piqûres que nous avons produites et des résultats auxquels elles ont donné lieu. Cette indication ressortira d'ailleurs des expériences mêmes que nous allons citer, et qui sont faites par divers procédés. Nous ajouterons enfin que ces piqûres ont toutes été faites sur des animaux bien portants; car, chez les animaux affaiblis par l'abstinence ou la maladie, toutes circonstances qui amènent une diminution de l'activité glycogénique du oie, il n'y a pas possibilité de produire le diabète artificiel , quelque bien dirigée que soit la piqûre.
Parmi le grand nombre d'expériences que nous avons exécutées, en voici quelques-unes qui nous présenteront les faits sous les aspects les plus variés que nous ayons observés : une première série d'expériences montrera qu'il y a eu, avec des grandes variétés symptomatiques, constamment production du sucre dans les urines. Nous verrons en même temps quelles sont les limites exactes de la partie de la moelle allongée qu'il faut atteindre pour déterminer Tapparition du sucre dans Turine.
L'expérience suivante montrera qu'en blessant les deux olives il droite et à gauche, on a du sucre dans furine. On pourrait avoir le même résultat en n'en blesscant qu'une; seulement lanimal aurait des mouvements convulsifs qui ne se rencontrent pas quand on a neutralisé l'action d'un côté par une lésion faite en même temps sur le côté opposé.
lixp, (0 mars 1849). — Sur un lapin de petite taille,
Doiirri de carottes et de navets, ayant Kurine claire et nettement alcaline, on a blessé par Tintervalle occipitoatloïdien, le corps olivaire à la base du pédoncule cérébelleux droit; Tanimal tournait à droite. Alors je blessai, par le même procédé, l'olive et le pédoncule cérébelleux du côté opposé, et Tanimal alors tourna à gauche. On blessa de nouveau le pédoncule droit et on amena l'animal à ne plus tourner ni d'un côté ni de l'autre. Alors l'animal resta couché comme dans une sorte de coma : les respirations d'abord accélérées furent ensuite profondes, stertoreuses et enfin très faibles. Une heure après cette double opération, on commença à examiner les urines, et voici le résultat qu'on obtint de cet examen :
f Avant la piqûre : urine alcaline, claire, limpide, ne contenant ni sucre, ni albumine ;
2« Une heure après : urine claire, limpide, abondante, contenant du sucre très évidemment mais pas d'albumine ;
3' Trois heures après : urine toujours alcaline, contenant beaucoup de sucre et pas d'albumine ;
&• Cinq heures après : urines claires, toujours abondantes, un peu *moins alcalines, contiennent toujours beaucoup de sucre et pas d'albumine ;
5* Six heures après : urines abondantes, claires, peu alcalines, paraissant contenir moins de sucre.
Le lendemain matin l'animal était mort. L'urine trouvée dans sa vessie était alcaline, trouble; elle était albumineuse et ne renfermait plus aucune trace de sucre.
Les corps olivaires et les pédoncules du cervelet avaient été atteints des deux côtés ainsi que le prouva lautopsie
/t06 PIQURE DU PLANCHES
de la tête (fig. 51); la lésion plus profonde à droite, avait
causti chez l'animal une paralysie de la 5" paire de ce cfité.
li existait un t'panche-
ment sanguin considé-
rable, ce qui expliquait
l'état comateux.
Les poumons étaient
Li/ V '
rkii:^A,
sains; le foie était pâle;
Xcx^ — P
son tissu broyé donna
une décoction jaune, très claire, limpide,
«■BCjj^
qui ne contenait pas de