LÉSIONS DU PLANCHER
de l'urine plus facile). Celte urine était acide, limpide et de couleur ambrée ; elle ne donna pas de trace de sucre par le tartrate cupro-potassique. Deux heures après, mêmes caractères et traces de sucre. Cinq heures après la piqûre du pédoncule, T urine retirée de la vessie était claire, limrpide, acide, et donnait des quantités considérables de sucre; par Tacide azotique, il n'y avait pas de précipité dans l'urine. Par la chaleur, il y avait un peu d'opalescence qui disparaissait avec légère effervescence par l'addition d'un peu d'acide azotique. La respiration de l'animal était saccadée, et sa température avait évidemment baissé.
Le lendemain l'animal était mort, on fît son autopsie. On ne rencontra rien de particulier dans ses organes. La bile était rougeâtre et contenait évidemment du sucre. L'estomac, rempli de carottes et d'herbes, offrait une réaction acide, tandis que l'intestin grêle présentait une réaction alcaline.
On retirade la vessie de l'urine qui était opaline, jaunâtre et très nettement alcaline. Par Tacide nitrique, de même que par la chaleur, elle donnait lieu à une coagulation évidente qui paraissait être de l'albumine. Elle réduisait considérablement le liquide cupro-potassique, et fermentait très activement avec la levure de bière. Le tissu du foie cuit donna une décoction très opaline qui contenait beaucoup de sucre. Les vésicules séminales étaient remplies d'un liquide limpide très alcalin, réduisant abondamment le liquide cupro-potassique.
Le sang dans le cœur était noir et assez mal coagulé ; il devenait rutilant à l'air. Ce sang étant cuit avec de
DU QUATRIÈME VENTRICULE. Û6l
l'eau , la décoction contenait évidemment du sucre.
L'autopsie de la tète de Tanimal montra que la blessure avait été faite un peu en arrière du pédoncule céuébelleux.
Exp, (octobre 1849). — J'ai piqué sur le cervelet audessus du vague, comme pour les mammifères, chez un pigeon encore jeune et ne mangeant passeul. Le pigeon manifesta d'abord quelques désordres dans les mouvements. Chose curieuse, la digestion s'arrêta complètement.
A l'autopsie, le foie contenait du sucre et donnait une décoction à peine louche.
Sur un second pigeon , à la suite de la même piqûre, il ne se manifesta pas de sucre dans les excréments, mais la digestion fut encore complètement arrêtée en ce sens que le jabot qui était plein de graines resta dans le même état jusqu'à la mort, qui eut lieu quatre jours après.
A l'autopsie, on trouva que les graines contenues dans le jabot étaient excessivement sèches. Les intestins étaient très rétrécis, et contenaient de la bile verte. Le foicf contenait du sucre, et donnait une décoction claire.
On voit, d'après ces expériences, que la piqûre chez les oiseaux ne parait pas produire le même effet que chez les mammifères, mais qu'il existe un phénomène singulier qui consiste dans l'arrêt de la digestion.
Exp, (13 février 1850). — Sur un jeune lapin oii fit une piqûre aussi exactement que possible sur la ligne médiane, et on maintint quelques secondes l'instrument dans la plaie. A l'instant même le lapin fut comme
li&2 PIQURE DE LA MOELLE ALLONGÉE.
anéanti ; il était flasque, immobile, ne respirait plus ; la conjonctive était insensible ; cependant la cornée n'avait pas la teinte terne qu'elle prend après la mort. On fit alors quelques insufflations pulmonaires. Au bout d'upe demi-minute environ de cet anéantissement, les muscles du lapin se raidirent, et ces sortes de convulsions durèrent pendant une minute environ : elles n'existaient que dans les membres postérieurs, tandis que les membres antérieurs étaient immobiles, écartés, et ne pouvant pas supporter l'animal. Peu à peu le lapin se releva, d'abord en chancelant, puis ensuite plus solidement : il se mit dans un coin , resta calme, le poil hérissé, comme sont les animaux piqués pendant la période diabétique. Au bout d'une demi-heure au plus de cet état, l'animal reprit le poil luisant, redevint parfaitement gai , et se mit à manger.
Cette expérience prouve que lorsqu'on blesse des parties très importantes à la vie, comme la moelle allongée, par exemple, on peut apporter dans la partie un trouble qui cause la mort, indépendamment de la lésion anatomique qui a été produite. Ici, en effet, le lapin était mort et ne serait pas revenu sans la respiration artificielle; mais une fois les fonctions rétablies^ l'animal s'est comporté absolument comme s'il n'avait pas eu de piqûre, ce qui prouve que celle-ci, en tant que lésion anatomique, n'était pas susceptible de gêner beaucoup les fonctions et de produire la mort par elle-même.