SECTION DES VAGUES
La température, dans le rectum, était de 38«.
Alors on tua Tanimal par hémorrhagie , et on fit l'autopsie.
Le foie pesait 66 grammes. Le lapin pesait l^SSO»'. Le tissu du foie, broyé et épuisé par l'eau à chaud, donna H 2 centimètres cubes d'un liquide qui donna 0«%95 de isucre pour le contenu du foie, ce qui fait 1,Û4 pour 100.
Eœp. (9 avril 1850). — Un lapin, nourri de choux, fut piqué par le procédé ordinaire. Aussitôt l'animal devint flasque dans tous ses membres et tomba en syncope. Peu à peu il revint, se releva; la respiration était accélérée , mais il se tenait bien sur ses quatre pattes, seulement avec une propension à aller toujours en avant. Au bout d'environ deux heures seulement, le lapin fut pris de frisson , resta dans un coin , les poils hérissés, et à ce moment son urine contenait beaucoup de sucre. Mais plus tard, après une heure ou deux, le lapin cessa d'être dans cet état et l'urine ne contenait plus de sucre.
Eœp. (10 avril 1850). — Sur un gros lapin, on coupa les deux pneumo-gastriques dans la région moyenne du cou^ et l'on piqua directement le plancher du quatrième ventricule. Au moment de la piqûre, l'animal fit un mouvement brusque qui fit dévier l'instrument. Le facial semblait paralysé du côté gauche, à la suite de cette piqûre. L'animal resta sur le flanc.
L'urine était trouble, alcaline, avant l'opération. Trois (juarts d'heure après la piqûre, elle contenait des traces de sucre. Examinée une heure, deux heures, trois
heures, quatre heures après, elle renfermait beaucoup de sucre. Le lapin était toujours dans îe même état , couché sur le flanc et faisant entendre un rhonchus considérable. La respiration paraissait difficile; elle était profonde, quoique assez rapide.
Cinq heures après la piqûre, Tanimal fut tué par bémorrhagie. Son sang, qui se coagula rapideoient, donna un sérum très sucré. Le foie fut examiné le lendemain de la mort ; il pesait 7& grammes, le lapin pesant 2S050.
Le foie, broyé et cuit, donna une décoction très opaline, contenant beaucoup de sucre ; le dosage en indiqua 3,1 pour 100.
L'autopsie de la tète montra que la piqûre était bien située.
Eoop. (11 avril 1850). — Sur un lapin fort et vigoureux, on piqua le cervelet. L'animal n'ayant pas remué, la piqûre fut très nette. Après l'opération , le lapin ne chancela pas du tout et n'eut pas de lésion apparente des mouvements; cependant, quelque temps après, l'animal se blottit dans un coin. Il prit une espèce de frisson; ses poils se hérissèrent, et une heure après l'urine contenait très évidemment du sucre, quoiqu'on petite quantité. Le lapin reprit bientôt ses allures, et le sucre disparut de ses urines; de sorte que le diabète a été, dans ce cas, excessivement fugace. 11 a duré une demiheure environ, sans doute parce que la piqûre avait été légère.
Le lendemain 12 avril, sur le même lapin, très bien revenu de son opération de la veille, je coupai la moelle
ASS SfiGTION DB LA MOELLE ÉPINIÉRE
épinière à la partie inférieure de la région cervicale. Il y eut aussitôt paralysie de tout le train postérieur; les respirations ne se firent plus que par le diaphragme.
Alors on piqua le plancher du quatrième ventricule par le procédé ordinaire. Auparavant, l'urine M contenait pas de sucre ; une heure après la piqûre , Turine recueillie ne contenait pas de sucre non plus. On essaya ensuite, à différentes reprises, de faire uriner le lapin, et il fut impossible d'avoir aucune trace d'urine. Le lapin présentait tous les caractères qui accompagnent la piqûre ; il était tremblotant, couché sur le flanc. Lorsqu'on essayait de le faire pisser, la compression de la vessie produisait des mouvements réflexes très violents dans les membres postérieurs. Le lendemain l'animal était mort.
Son foie donna une décoction opaline qui contenait beaucoup de sucre : le dosage en indiqua une proportion de 3 pour 100 environ.
En résumé, on n'a pu, dans cette expérience, savoHP si l'urine contenait du sucre; il a été impossible d'm extraire, de sorte que la section de la moelle semblerait arrêter la formation de l'urine.
Eœp. (28 mars 18/i9). — Un gros lapin fut piqué sur le plancher du quatrième ventricule à travers la membrane occipito-atloïdienne, mise à nu. La piqûre s'égara trop en avant, par suite d'un mouvement de l'animal. Aussitôt le lapin se raidit, tomba sur le flanc ; les yeux firent saillie hors de l'orbite, et Fanimal parut aveugle. Les mouvements respiratoires furent d'abord très accélérés. L'animal était en digestion de carottes; ses urines
étaient troubles et alcalines. La piqûre fut faite à huit heures et demie ; on revint à onze heures et demie : le lapin venait d'expirer. La vessie contenait une grande quantité d'urine acide, ne renfermant pas de sucre.
À Tautopsie, on trouva dans la tête que la piqûre avait porté au milieu des tubercules quadrijumeaux.
Le foie présentait une coloration noirâtre, et son tissu, bouilli avec de Teau, donnait une décoction claire qui ne contenait pas de sucre. I.es poumons étaient sains: le oœur était rempli d'un sang noir dans toutes ses cavités.
Sur plusieurs lapins, après avoir fait la section du pédoncule cérébelleux, de façon à produire la rotation qui en est la conséquence, j'ai observé qu'il survenait au bout de quelque temps (deux, trois , quatre ou cinq heures après) une modification telle dans l'urine , que cell^-ci étant avant l'opération trouble, alcaline, dépourvue de sucre et d'albumine, devenait par suite claire, neutre, puis acide avec présence de sucre et d'albumine.
J'ai voulu faire des expériences pour vérifier de nouveau ces faits.
Ewp, (S mars 1849). — On piqua en arrière le pédoncule cérébelleux chez un lapin de taille moyenne. On ne put pas avant l'opération lui prendre d'urine ; mais un autre lapin , nourri de même, avait les urines alcalines. Ce qui fait penser qu'elles devaient être alcalines chez le lapin en expérience.
Aussitôt après la piqûre l'animal se mit à tourner sur son axe du même côté. Une heure après l'opération , on retira facilement de l'urine de la vessie (les piqûres produisent un relâchement qui rend toujours rémission