‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 128 sur 136 · SUR LES PHÉNOMÈNES CIRCULATOIRES · texte numérisé non relu

SUR LES PHÉNOMÈNES CIRCULATOIRES

Tappareil circulatoire peut être modifiée sans que les autres le soient.

Si au lieu d'agir sur la moelle on agit sur le grand sympathique, sur le premier ganglion dorsal par exemple qui reçoit de la moelle une racine motrice, on obtient exactement les mêmes effets.

Lorsque d'un côté seulement on détruit le filet qui de de ce ganglion remonte vers la tête, on a, comme je Tai montré, une accélération de la circulation dans toute la moitié correspondante de la tête. Nous avons donc encore là un exemple de modification locale. Jusqu'ici ces phénomènes sont encore complètement inexpliqués dans leur nature.

Nous avons coupé sur des chevaux le filet du grand sympathique et nous avons également noté d'abord l'activité plus grande des phénomènes circulatoires, puis nous avons alors regardé quelle était la pressicm atant et après l'opération ; cette pression dans les vaisseaux était plus considérable après l'opération.

L'appréciation de cette pression doit être faite avec certaines précautions, et avec l'instrument spécial hémomètre différentiel que nous avons décrit ailleurs (15* leçon, p. 282).

Messieurs, de la moelle épinière à laquelle nous nous étions arrêté d'abord nous avons passé à la moelle allongée. Continuant maintenant à monter nous verrons qu'il existe dans l'encéphale des parties sur lesquelles des expémnces ont été faites. Nous verrons qu'elles indiquent que des rôles très importants leur sont assignés.

Nous vous avons déjà signalé dans le pont de Yarole,

âW BLËSSttRE DU PÉDONCULE CÉRÉ^LLEUt.

près de l'origine de la cinquième paiw , un poittt dont la piqûre active la sécrétion salivaire.

On a vti encore (ju'il èîciste dans le pont de Varole et dans les prolongements c^ui î'unissieHl aii cerVéfet, dès parties dont te lésiott amène des déisordreS dé ttouve^ ments constants.

Magendie a observé en 1824, que k blessure du pédoncule inférieur du cervelet est suivie chee l^attimâl Sur lequel on la pratique, de mouvements d^ ït}tation suivant l'aie du corps, mouvements irrésirtiMèS tèt » produisant toujours dans un sens détertniné. L'àttimal tourne sur lui-ttiême jusqu'à ce qu'il M ïtonrè arrêté par un obstacle ou jusqu'à ce que ses fdKIA isoîetrt épuisées. Dans ce dernier cas, liés mouvettteéts Éd ifepirodui- Wnt après quelques irtstants de repos.

Des mouvements combinés d'utte hsseÈ grtindé complication s'exécutent donc sous l'influelit* de tîettè pi-^ iqûre. Depuis Magendie on a étudié ces ttlottvfetafettts saus avoir rien ajouté d'essentiel à cequMl avait obsefré. D^îmI^ teurs la simple observation du phénomène ûflVàft déjà y^lques difficultés ; les tentatives que l'on la faites poot* l'expliquer sont restée^ tout à fait stériles.

Magendie avait vu qu'en blessant le pédoncule céré** belleux inférieur, le tournoiement «e ftitdait thi côté W)rrespôndaut au pédoncule lésé. Cte fiait, il ne Tavàit pte mis eu AViaut pour justifier uiîè théôHe ; c'«St «tt essay«f* <te couper là cinquième pêife dat» te «MÉte, «n kittfodtn- «lUt l'instrutoertl en arrière dttns h ftfesè iù«5i|lHâte t^u'ii avait produit les syimptÔtfMss f^ Je viens de vote rttppeler et Ëônsjtaté à r&UtopSie l& l^ictt dtt pédOttcule

TOURNOIEMENT SUIVANT l'aXE DU COEPS. llBl

oérébdleux. En rapportant le résultat de son observatîoo, il était resté dans les termes d'une simple éponoîation de faits examinés sans idée préconçue. Plus tard j des expérimentateurs ont répété ces expériences avec les mêmes résultats. D'autres ont vu que Tanimal tournait du côté opposé à la lésion et sont partis de là pour attaquer la réalité des faits rapportés par Magendie : c'était Taccuser de n'avoir pas su distinguer la droite de la gauche. Et ici, messieurs, je vous rappellerai une règle qui devrait toujours être observée dans les discussions scientifiques : on ne doit pas venir opposer use dénégation à un fait et avancer légèrement qu^n observateur s'est trompé; le débat n'y gagne rien en précision, il y perd en dignité. La science n'a rien à gagner à voir poser des contradictions mais seulement à les éclaircir. U faut reconnaître que si l'on voit autre chose que ses prédécesseur c'est que les conditions dans lesquelles on s'est placé ne sont plus les mêmes, et l'étude de ces conditions peut seule conduire à des appréciations jutiles à la vérité.

Il fallait donc ici chercher à savoir pourquoi, dans la blessure du pédoncule inférieur du cervelet, dans certains cas l'animal tourne à droite^ pourquoi dans d'autres il tourne à gaUcbe. En agisscml ainsi on aurait vu, comme je l'ai montré, que cela dépend de la partie du pédoncule qui a été coujpée.

La portion de ce pédoncule qui se trouve en avant de l'origine de la cinquième paire, et celle qui se touve en arrière de cette origine, donnent, lorsqu'on les blesse, des effets opposés.

ii88 BLESSURE DU PÉDONCULE CÉRÉBELLEUX.

La partie postérieure, qu'avait blessée Mi^endie en introduisant son instrument par Toccipital, lui donna la rotation du même côté. La partie antérieure qu'on blessa lorsqu'on arriva en avant en perforant le temporal, donna la rotation du côté opposé noté par MM. Lafargue etLonget.

J'ai essayé ici sur un lapin de savoir ce qui arriverait si l'on coupait tout le pédoncule, mais je n'ai pas réussi. L'animal n'a pas tourné, et il est, comme vous le voyez, complètement paralysé. Quoique lesdélabrements fussent considérables, Tautopsie que nous faisons montre que la section était incomplète; c'est donc une expérience à tenter de nouveau avec les précautions nécessaires.

M. SchiiT, de Berne, a obtenu les mêmes résultats que nous, relativement à la partie du pédoncule qu'il faut blesser pour obtenir une rotation du corps dans un sens déterminé.

On a voulu ensuite expliquer le mécanisme par lequel se produit ce mouvement de rotation. L'explication de Lafai^ue ne saurait être acceptée : il pensait qu'on produit une paralysie de tout un côté du corps, hémiplégie croisée telle que l'animal, tombant sur le côté paralysé, tournerait en raison des efforts que fait le côté qui a conservé le mouvement pour lutter contre cette chute. Cette explication n'a aucune valeur, les choses se passent tout autrement dans cette rotation rapide de l'animal. Quant à l'hémiplégie invoquée, je ne l'ai jamais rencontrée chez les animaux, et je ne sache pas que personne Tait jamais vue. J'ai consulté à cet égard plusieurs vétérinaires émjnents ; tous avaient observé fréquemment des

ROTATION SUIVANT l'aXE DU CORPS. &89

paraplégies chez les animaux mais jamais une hémiplégie réelle.

Si Ton tenait absolument à se faire une idée de la nature de ce phénomène, je pense qu'on devrait se borner à le considérer comme étant dû à la rupture d'un équilibre physiologique. Ce défaut d'équilibre tiendraitil à une diminution de la force motrice d'un c6té ou bien 6 une exagération de la force motrice de l'autre c6té? — n nous semble probable qu'il y a plutôt exagération, car nous avons vu des lésions de la moelle amener une augmmtation absolue de la sensibilité qui pouvait être nettement constatée au moyen des procédés indiqués par M. L. Tùrck.

On sait aussi que, lorsqu'on a coupé complètement la moelle, la sensibilité se trouve augmentée ; alors en effet la strychnine, qui porte son action spécialement sur la sensibilité, agit plus rapidement sur les parties hyperesthésiées que sur les autres.

Enfin, un autre fait très intéressant a été ajouté par M. Brown-Sequard à cette série de résultats que nous devons pour le moment enregistrer soigneusement , en attendant le jour où, ils seront assez nombreux pour qu'on puisse leur assigner une signification physiologique.

Lorsque, sur un cochon d'Inde, on coupe dans la région dorsale une moitié latérale de la oiQ^lle, l'animal unefoisguéri, la cicatrisation étant terminée, on produit, en pinçant certaines parties de la face, et du cou, des mouvements convulsifs^ épileptiformes. L'irritation du rameau sous-orbitaire de la cinquième paire les produit le plus sûrement.

ft90 ttfEn ht LA ËLfiteOkË

CT^st là un fait que, dann l'état aôtuel de m& connaissances, on doit encore renoncer à expliquer d*une ma*ttièffe Mirfaisatitfe. lé Cfoîs néattmoittir qa'H fiiut toujours ¥air dftttft ce» phénotnènes des «SMgêfilfoo» de Taetivifeé iiérvôUse.

Nous possédons encore quelques Mtres fiiits Mlatifs AUï suites de la blessure de différentes part{M de Tencé^ phale. A la suite de la lésion éès pédoncules oéfébtMt, on oteerve des moiiivementfe de manég:e^ mouvements de Oourse drènlaire dirigée tuntôt de droite à gauelie, tantôt de ganefae à droite, selon que le pédwieule droit nu te gfiuche a Aé blessé. Quelquefois ce mnuveoient m

réduit à une simple rotation du train antérieur môb^

autônr dn train postérieur fite. ;

Dans les nombreuses etpérienee» quMis ont faitM mtrèfôis sur les propriétés des diverses portkAS de Teiieéphale, Magendie et M. Floumis (1 ) ont eneore ob^ «ervé des mouvements de pft^SSîon ioit en*imt Mît tiû arrière.

Le reeul serait déterminé pftr la blessure dn pédoieule postérieur du cervelet : il est toutefois diffioîto à produire.

D'Après Magendie, la blessim dei eorps ttriéa déterminerait des mcnivements de progression «n avMitt

INous avona va arriver ces mouvemente éè fMrogr»sions irrésistibles en «tant, qnand on asphyue mi Mimal, en lui liant la traicbée , par exemple , «t «b lui laissant la liberté des mouvements.

(i) hecherches expérimentales sur les propriéUs et tes foncHom du système nerveuœ.

DE DIVERSES PARTIES DE l' ENCÉPHALE. &9l

Des cas pathologiques ont été sigDidés, dans lesquds C€ts Bdouvemeots^ observés plus haut , se soot retrollvéii

M« Serres a le premier remarqué des malades atteints de mouvements de rotation suivant Taxe de leur corpsi ces malades, dans leur lit, tournaient de façon à s'enrouler de leurs draps. Nous avons vu quelque fànom d'analogue cbes des animaux qui survivaient à lap^Atfe du pédoncule cérébelleux ; ils se roulaient dans fat paille de maûière à paraître avoir été empaquetési

On a également noté chez des malades les raouv^ meûts de recul ou de propulsion en avant.

Migendie a dté le cas d'un de ses malades, qui Maigrt lui marchait en avant ; quand il voulait s'arrâtef , il était obligé de fixer devant lui sa canne tmtniaée par urne pointe de fer. Pour se retourner, il était dooc obUgé de s'arrêter et de chaîner ainsi te direction^ après quoi fl marchait de nouveau devant lui.

On peut vivre quelquefois longtemps avec des lésions de ce genre, et je ne sache pas qu'on ait jamais été à même de faire d'autopsies dans ces cas. Mais il est très prcdMible qu'elles montreraimt des lésions anattimiqats qui confiimeraient les faits physiologiques dont WMs Avmis parié.

Messieurs^ nous avons dû nous borner à la simple énumération des faits dont je vous ai dernièrement ét^ treteûus, car leur signification nous échappe. Peut»être^ «tous la deuxième partie du cours^ au)ron»^nous quekfue oecaiion d'y revenir et de vous présenter À ce s«tjet dtt vues nouvrtles et plus complètes.

FMlr vous moQtrur de quelle nature sont lesjiiouirth

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