‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 129 sur 136 · ABLATION · texte numérisé non relu

ABLATION

ments de rotation que je vous ai signalés aujourd'hui ^ et lafîn que vous voyez combien il est impossible de les expliquer par une hémiplégie simple, nous allons essayer de piquer sur ce lapin le pédoncule cérébelleux.

L'opération est assez difficile parce qu'on n^ plus, comme pour la section de la cinquième paire, la ressource de diriger l'instrument sur une surface osseuse. I^ points de repère manquent ici. Nous voici entre l'occipital et l'atlas, et nous poussons Tinstrument dans la direction que nous présumons être celle qui convient. L'animal, après cette blessure, tombe du côté lésé, mais il ne tourne pas encore très vivement ; nous allons réintroduire l'instrument et faire une blessure plus élevée pour amener une rotation plus complète.

L'expérience est nette maintenant : l'animal tourne bien, mais quand il est affaibli et fatigué, il ne recommence à tourner qu'autant qu'on l'excite en le pinçant.

Nous devons citer encore ici une déviation des yeux qui sont dirigés dans le sens où se fait la rotation.

L'opération que nous venons de vous montrer est généralement plus facile à produire chez les jeunes lapins.

Avant de terminer ces considérations sur les propriétés des différentes parties des centres nerveux, nou^ devons vous indiquer que les expérimentateurs qui en ont étudié les propriétés ne se sont pas bornés à des piqûres ou à des solutions de continuité de peu d*étendue. On à fait aussi des ablations, et vu que certaines parties peuvent manquer sans que la vie soit immédiatement détruite, tandis qu'il n'en est pas de même i)Our d'mitres.

DES HÉMISPHÈRES CÉRÉfiRAtlX. &93

La moelle allongée ne peut être enlevée chez un animal élevé sans que Tanimal périsse aussitôt : c'esl Torgane le plus important du centre nerveux, celui dont le rôle est le plus nécessaire à la vie. Quant à la moelle et au cerveau, on a pu en enlever des portions assea; considérables sans produire une mort rapide. On a re-* connu, par exemple, en enlevant les hémisphères céré* braux, que ces organes ne sont pas nécessaires à la vie organique, mais qu'ils sont indispensables aux manifestations de la vie animale.

M. Flourens, qui a fait surtout ses expériences sur des oiseaux, a pu, sans les tuer, enlever les lobes cérébraux. Chez ces animaux, le sang est doué d'une grande force plastique, il se coagule facilement, ce qui empêche rhémorrhagie de les tuer. Les jeunes mammifères sont eilcore dans ce cas. Ainsi, voici de petits chats qu'on a apportés dans mon laboratoire, ils sont malades et n'ont pas teté depuis longtemps; néanmoins nous allons vous montrer qu'ils peuvent survivre à l'ablation du cerveau.

Une incision médiane de la peau nous amène sur la calotte crânienne que nous détachons avec des ciseaux; puis, avec le dos d'un bistouri, nous détachons le cerveau, respectant la moelle allongée et aussi le cervelet , à cause de rintimité de ses rapports avec le pont de Varole.

Ce petit chat ne meurt pas immédiatement, il respire librement, ses cris se font entendre, il pourrait têter. Toutefois ses mouvements ne sont pas volontaires et doivent être attribués à une réaction inconsciente provoquée par diverses excitations extérieures, ou par la secousse de l'opération.

h9k ABLATIM MS HÉMlgFHÂRVS GÉRÉBRAinC.

M. Flourensapu voir sur des poules qui ont survécu plulieurs mois à l'ablatiou des hémisphères cérébraux que ees animaux complètement immobiles, privées de lâTue, trituraient néanmoins, avalaient et digéraient les graines qu'on leur mettait dans le bec ; jetées en Pair elles volaient, mais leurs mouvements avaient perdu toute spontanéité. Il semblait qu'on leur avait simplement enlevé la volonté. Si notre petit chat avait sa mère, il pourrait teter et vivre encore quelques jours, assez pour périr, non de Topération immédiate, mais de ses suites.

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