EXCITANTS ÉLECTRIQUES
qui les rend impropres aux expérieuces physiologiqiies destinées à être comparées entre elles, et pour lesquelles on doit désirer avoir toujours uu courant de la même énei^ie. Aussi préfère-t-on les piles à courant constant, et particulièrement celle de Bunsen.
Je vous signalais lout à Theure les appareils dans les-* quels on emploie les courants induits, courants indirects, se développant sous l'influence d'un courant direct produit par une pile (appareils de MM. Duchenne (de Bou* logne), Legendre et Morin) , ou par la rotation d'un morceau de fer doux devant un aimant (appareils de Clarke, Breton) (1).
Ces derniers appareils sont aujourd'hui les plus fréquemment employés. On admet que les courants induits ont certains avantages sur les courants directs; tandis que ces derniers produisent, outre tes commotions, une douleur des plus vives, les coiurants induits agissent très énei^iquement sur le mouvement sans avoir, à beaucoup près, sur le sentiment, une influence aussi marquée. Quant aux effets thérapeutiques, sont-ils les mêmes? On ne peut encore l'affirmer; mais, dans rincertitude où Ton se trouve sur les effets et le mode d'action des uns et des autres, on conçoit la préférence qui est accordée à ceux qui ne produisent qu'une douleur moindre. En outre, bien qu'on puisse employer des courants continus ou des courants interrompus, on
(1) Voyez Dtichenne, De Vélectrisation localisée et de son apjdicatkm a la physiologie, à la pathologie et à la thérafmUique, Paris, 1855, in*8. ^ Bouvier, Rapport à l'Académie de médecine sur let MvÊn appareils électriques {Bulletin de V Académie de médecine^ |S5a t. XXI, p. 650).
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n'emploie plus ordinairement ces derniers. M. Remak a particulièrement insisté sur l'emploi des courants contint», dont il dit avoir retiré de très grands avantages. Le procédé que Ton mettait autrefois en usage pour appliquer des courants continus fournis par une pile à auges, avait un inconvénient : pour les appliquer, on plantait dans les chairs deux aiguilles autant que pos* sîble sur le trajet des nerfs; puis ces aiguilles étaient mises chacune en communication j|vec les pôles de la pile. Cette opération causait une douleur très vive; de pins, il y avait toujours autour de Tune des aiguilles rubéfaction de la peau , souvent avec production d'une eschare profonde et difficile à guérir.
Avec les piles à courant interrompu , on n a pas à redouter les mêmes inconvénients; Tintenuption du courant supprime les effets chimiques, comme j'ai pu m'en assurer expérimentalement.
Pour cela, j'avais fait faire un appareil éminemment propre à montrer combien les effets d'un courant interrompu diffèrent de ceux d'un courant continu.
Sur le trajet du courant CI Z (fig. 17), j'avais fait disposer un petit voltamètre V, renfermant de l'eau, et une cuisse de grenouille G touchant par son nerf n au Gl traversé par le courant. Un petit interrupteur 1, paren i celui de ta figure II, permettait, étant placé sur le trajet du courant, de le rendre intermittent. Or, on peut voir, à Faide de cet appai'eil , que, tant que le courant est continu, les effets chimiques se produisent et les effets physiologiques sont nuls, ou du moins ne sont pas appréciables. En effet, l'eau du voltamètre est alors décom-