SUR LES NEEFS A DIVERSES PÉRIODES
YODS les ccHistater sur uo membre déjà séparé du tronc depuis quelque temps.
Les conclusions à tirer de ces faits, sur lesquels nous n'avons longuement insisté qu'en raison des ingénieuses et patientes recherches auxquelles ils ont donné lieu, sont donc :
1* Qu'on ne peut pas, au moyen de Télectricité, distinguer le nerf moteur pur du nerf mixte ;
2* Qu'un nerf placé dans les conditions organiques normales, apte à transmettre les excitations volontaires, ne donne jamais, lorsqu'on l'excite par le galvanisme, qu'une seule contraction, contraction qui a lieu au moment où on ferme le courant, quelle que soit sa direction ;
S"* Le nerf, dans ces conditions, ressemble au muscle qui ne se contracte jamais qu'à l'entrée du courant, quel que soit le sens de celui-ci;
4* De sorte que ces actions des courants dérivés, si importantes à considérer sur les nerfs séparés de l'individu, sont sans action sur le nerf à Tétat physiologique.
Ces conclusions simpliGent considérablement la ([uestioD physiologique.
Relativement aux différents degrés d'intégrité ou de détérioration par lesquels passent ces nerfs, j'admets quatre périodes, caractérisées par des réactions distinctes à l'excitation galvanique faible.
Dans la première période , on obtient une seule contraction musculaire, contraction unique qui se produit à l'entrée du courant faible, quel que soit le sens de ce courant. Nous avons vu que c'est là la condition normale, physiologique.
Î86 ACTION DE l'électricité
Dans une deucoiètne période^ on a une double contraction à chaque passage du courant : une contraction à rentrée et une à la sortie ; et cela, quel que soit encore le sens du courant.
A partir de la troisième période , le sens du courant cesse d'être indifférent. On obtient alors des contractions que j'appelle alternes, c'est-à-dire tantôt à l'entrée, tantôt à la sortie, suivant qu'on fait usage du courant direct, centrifuge, ou du courant inverse, centripète.
Enfin , à une quatrième période, lorsque le nerf va bientôt cesser complètement de réagir, on peut encore saisir une contraction ultime : c'est une contraction qui se voit seulement à l'entrée du courant direct. Le courant inverse ne produit plus aucun effet.
Ces deux dernières périodes, dans lesquelles vous voyez la direction du courant exercer une influence, ne sont applicables qu'à un nerf isolé. Si une communication conductrice centrale existait entre le nerf et les muscles, les effets produits devraient être rapportés, non plus au courant dont on fait usage, mais à un courant dérivé de sens contraire, qui s'établit alors. Pour que ces propositions fussent applicables à ce demiercas, il serait donc nécessaire d'en renverser les termes. J'ajouterai que les périodes que nous venons de passer en revue se succèdent plus ou moins rapidement suivant qu'on opère pendant l'été ou pendant l'hiver.
Un autre fait intéressant s'est montré encore dans le cours des expériences dont je viens de vous entretenir. Nous avons reconnu qu'un nerf se fatigue localement.
SUR LES IfBRFS A DIVERSES PÉRIODES. 187
Ainsi la partie du nerf expost^e à Tair se desst^chera, s'altérera, tandis que les points situés ou plus haut ou plus bas conserveront, avec leur intégrité, la faculté de présenter les réactions d'une |x'Tiode moins avanctHî. Mettant un nerf à nu dans une partie iusseï étendue, nous lui avons bientôt trouvé la double contraction àe la deuxième période; à ce moment nous obtenons la contraction simple à l'entrée de la première période, »ur lefe parties du nerf qui, plus près de la moelle, ou plus près de la périphérie , sont restées couvertes. Ce fait 8iii||[ulier reste pour nous complètement inexpliqué.
L'altération que subit un nerf ex]>os('' à Tair n'est qu'une sorte de dessiccation ; il n'est |)as altéré chimiquetpent. On a la preuve qu'il en est ainsi en replaçant le nerf au fond de la plaie, en le recouvi ant avec les parties molles, ou même en rhumeetant avec Thaleine en soufflant dessus. Placé dans ces nouvelles conditions, il peut revenir peu à peu à la première ])ério(le et présenter ainsi de nouveau les caractèies de l'état physiologique. Voici une grenouille dont les deux cuisses coupées entièrement ne tiennent plus au tronc que par les nerfs sciatiques. L'un des membres, soulevé jmr un fil de soie, est exposé à l'air ; l'autre trempe dans Thuile, qui gartintit ainsi le nerf sciatique de ce cAté de la dessiccation . Si nous mettons successivement ces deux nerfs en conunuaication avec les pôles de la même pile, vous voyez que celui qui est resté à Tair donne la double contraction de la seconde période, tandis que a4ui ipii trempe dans l'huile présente encore la contraction unique à l'entrée, c'est-à-dire l'état physiologique.
188 ACTION DE L'ÉLECraiCITÉ
Je vous ai dit qu'un nerf dont l'activité se perd par le contact de l'air, reprend ses propriétés lorsqu'on le remet dans lïi plaie et qu'on le recouvre avec les
parties molles. Comment se rétablit-il alors? Est-ce par la moelle, est-o; par la périphérie, c'est-à-dire par atm contact avec les muscles ?
La première de ces conclusions serait d'accord avec les résultats obtenus par M. Waller dans ses expériences sur la régénération des nerfs. 11 a vu, en effet, que quand on coupe un nerf moteui-, c'est sur le bout non attenant à la moelle que se produit l'altératiou caractéristique de sa destruction.
(1) Cette flmire représente an petit appareil destiné h emptaher U dessiccation des nerfs. C'est une petite cuve inclinée contenant de l'huUt dans laquelle trempent les nerfs sciatiqiies ti' d'une grenniiille ; tout le membre a ^lé conptf , moins le nerf qni tient encore au centre cl i la périphérie. Si l'on veut, un peut placer un nerf au dehors du bain et l'autre dedans poui' avoir les elTcts compai'alifH. On pouri'ait encore remplacer riiuile par d'autres liquides, tels que du sérum, du sang, etc.