AT
FiG. 26. Fig. 27.
de la figure 26), qui donne un résultat tout opposé, si ce n'est que dans ces deux dernières le nerf et les muscle^ sous-jacents forment un circuit fermé, et par suite de l'application des deux pôles aux points Pet N, il s'étabUt dans ce circuit deux courants, un courant principal PN inverse et un courant dérivé PABIS qui est direct dans les deux portions du nerf qu'il traverse PA etBA (fig. 25 et fig. 26).
» C'est le courant dérivé qui produit la contraction en suivant la loi de la colonne n' I, tandis que l'action du courant principal ne se manifeste pas.
» 4* Comme une preuve plus évidente de la vérité de FactioD que nous attribuons à ce courant dérivé.
» Interrompons le circuit dans un point quelconque D (fig. 27) de rintervalle AB, en coupant la cuisse de la grenouille, de manière que les deux fragments ne tiennent plus que par le nerf sciatique AB soulevé en anse par un fil de soie; séparons les deux fragments par uu corps isolant, un morceau de taffetas bien sec plaa* sous toute la patte ; il n'y a plus de courant dérivé : le courant principal agit seul, et la contraction se manifeste alors suivant la loi générale :
PN, courant direct, ... 1.0.
» S"" Dans cette expérience de la figure 27 si Ton n'*tabli t le courant dérivé en fermant le circuit par un peu de papier mouillé D (fig. 28), ou un peu d'eau sur le taffetas, immédiatement le résultat change , et la contraction a lieu au commencement quand le courant principal est un :
Courant inverse, . • i • 0.
» Maintenant, recherchons comment ce courant dérivé peut être assez fort pour empêcher la manifestation du courant principal , qui généralement est plus intense que le courant dérivé.
Fig. 29.
» A. Est-ce parce qu'il traverse deux portions du nerf NB et P A, et que la somme de ces deux portions forme une longueur plus considérable que la portion P N ;
B., Stst. hmv. — I. ^*
178 ACTION DE l'ÉLECTEICITÉ
non, car nous pouvons écarter P et N davantage (Gg, 29), et comprendre entre eux plus de la moitié de la longueur du nerf, sans cesser d'avoir le même résultat :
PN, courant inverse • • • i . 0.
» B. L'action du courant dérivé sur la portion da nerf NB la plus rapprochée du centre nerveux est-elle nécessaire à la production du phénomène? Non, car nous pouvons poser l'un des pôles au point B d'émergence supérieure du nerf (fig. 30), et le résultat reste le même :
PN, courant inverse ... 1.0.
» C. Mais alors ce ne peut être que l'acUon du courant dérivé sur la portion du nerf P A, plus rapprochée de la périphérie et des muscles qu'anime le nerf, qui arrête celle du courant principal PN, plus éloigné que lui des muscles à mouvoir.
» Si notre conclusion est juste, en plaçant l'un des pôles de la pile au point A (point d'immergence inférieur du
Fig. 30. Fig. 31.
nerf dans le membre) , nous devons retrouver l'action du courant principal (fig. 31). En efTet , nous obtenons (malgré le courant dérivé supérieur BP) :
PN, courant direct. ... 1.0.
» Arrêtons-nous un peu sur ce résultat : nous voyons (fig. 30) un courant dérivé PA qui annule l'action d'un
SUR LBS lieaFS MOTEURS ET MIXTES. 179
oouraot principal PN {de sens opposé au sien)^ bien qu'il traverse une portion de nerf moins longue, rien que par suite de cette circonstance qu'il est plus près de la périphérie, qu'il est situé entre lui et les muscles animés par le nerf; dans rexpérience (fig. 31), c'est le courant principal PN placé plus près des muscles à mouvoir qui aanule Faction du courant dérivé PB placé plus loin de oea muscles.
» A Taide d'un petit appareil que j'ai imaginé, et dont je parlerai bientôt , on peut prouver la généralité de ce fait au moyen d'une démonstration directe.
» Il faut ajouter une remarque qui est relative à la différence qui existe entre les nerfs et les muscles.
» Dans toutes les expériences précédentes, les muscles de la patte (auxquels se distribue la portion di nerf sciatique soumise à Teipérience) ont bien suivi dans leur contraction la loi indiquée à l'avance; mais les muscles de la cuisse (qui ne sont pas animés par ce nerf) se sont quelquefois contractés , et toujours alors au commencement du courant (quel que soit son sens). Cette contraction n'avait lieu que quand un courant dérivé traversait ces muscles; et c'est un fait général que, qtumd un courant agit directement sur des muscles^ ceux-ci se eonlradent au inomeni où le courant commence^ quel qu'en 9Hl le sens.
9 Jusqu'ici nous avons cherché surtout à montrer par quelle suite d'expériences et par quel enchaînement d'idées nous avons été amené :
» !• A tenir compte du courant dérivé, dont la présence rend , dans ce dernier cas, les résultats complète-'
180 ACTION DE L'ÉI^ECTtllClTÉ
ment opposés à ceux que fournit le courant principal quand il existe seul ;
» 2® A reconnaître Vinfluence de la position relative de deux courants de sens opposé par rapport aux muscles à mouvoir.
» Nous formulons ainsi cette influence de la position :
» De deux courants de sens opposé qui agissent simulUih nément sur deux portions différentes d'un même nerf [moteur ou mixte) ^ celui qui est le plus près de la périphérie manifeste seul son action par des contractions dam les muscles par ce nerf; il s'oppose comme une barrière à la transmission (à travers la portion de nerf qu'il excite) de l'action nerveuse développée plus haut par le courant de sens opposé.
)> (11 y a tout au plus une réserve à faire pour le cas dï le courant inférieur est très faible par rapport à l'intensité du courant supérieur, et pour celui où il n'agit sur le nerf que dans une longueur égale ou peu supérieure! son épaisseur, auxquels cas les résultats perdent de leur netteté.)
» Cette proposition étant la base de notre travail , il importe de la démontrer par des expériences qui ne vous laissent pas de doutes. »
M. Rousseau a imaginé pour cela un appareil à rhéo-* phore bifurqué, de manière à neutraliser les courants dérivés. Le fil a (fig. 32) représente le rhéophore positif qui vient se placer entre le rliéophore négatif bifurqué, et le nerf se trouve placé sur les trois fils de laiton, le rhéophore positif étant au milieu , de façon que le courant dérivé inverse se trouve neutralise^.
Avec cet appareil on obtient toujours des résultats identiques, quel que soit le sens du courant, et que le nerf soit adhérent ou libre.
Après avoir fait connaître les résultats intéressants du travail de M. Rousseau , nous devons maintenant , mes sieurs, raisonner sur les faits que nous vous avons exposés et arriver à déterminer leur signification physiologique dans Texplication des phénomènes nerveux.
Nous savons déjà que l'excitation électrique ne fait qu'éveiller l'activité propre du nerf qui fait ensuite contracter le muscle, non j)as en lui transmettant par conductibilité un fluide particulier, mais en sollicitant chez lui une aptitude spéciale qui excite le muscle. Il y a, dans le mouvement qui suit l'application du galvanisme sur un nerf, une série d'actions qui se succèdent, mais non transmission d'un agent qui serait toujours le même. Ainsi l'électricité excite le nerf, et le nerf excité provoque à son tour le muscle à se contracter. Ce n'est pas, comme on le voit, l'électricité qui s'est transmise du nerf au muscle. Nous verrons plus tard qu'il en est de
FiG. 32 (1).
(1) FIg. 3*i. Appareil à rhéop!u)re bifurqué. — a, fil de laiton ; — 6, tube de verre ; — c, bouchon ; — d </, lige de verre horizontale ; — e, coade à angle droit des fils de laiton ; — f^ eau acidulée dans des godets enverre; — <7, pile.
183 ACTION DE l'électricité
même pour rinfluence de la volonté , qui excite de proche en proche les différents oignes nerveux qui agissent les uns sur les autres.
Or, en examinant l'action de l'électricité sur les nerfii moteurs, nous nous sommes arrêté à la question de savoir comment le nerf moteur réagissait sous rinfluence de cet excitant et s'il réagissait différemment selon qu'on le prenait purement moteur ou associé à des fibres sensitives.
Aujourd'hui, nous allons résumer la question et donner nos conclusions sur ce sujet.
Nous savons qu'il avait été remarqué dans des expériences que les effets déterminés par l'électricité n'étaient pas les mêmes dans tous les cas. MM. Longet et Matteucci avaient dit que, faisant traverser un nerf mixte par un courant électrique, il y avait une contraction à l'entrée du courant, quand ce courant était direct ou centrifuge, tandis que la contraction avait lieu à la sortie quand le courant était inverse ou centripète. L'inverse avait lieu quand ils galvanisaient les racines antérieures tenant encore à la moelle ; ils obtenaient alors la contraction à la sortie du courant direct et à l'entrée du courant inverse. Ces faits sont exacts, mais on n'avait pas su, dans leur appréciation , se garantir d'une cause d*erreur tenant aux conditions matérielles dans lesquelles se faisait l'opération. Je vous avais déjà indiqué, dans la dernière séance , les raisons physiologiques qui ne permettaient pas d'adopter les conclusions de MM . Longet et Matteucci ; aujourd'hui je viens de vous indiquer les causes d'erreur dépendant des conditions physiques de l'expérience.
M. Rousseau, en r^piHant ces expériences, est arrivé à voir que les nerfs moteurs purs ou mixtes présentent les mêmes réactions sous rinfluence galvanique, et que fat différence des résultats obtenus par MM. Matteucci et LoDget tient à ce que, dans quelques-unes de leurs expériences, la production de courants électriques dérivés est venue modifier les conditions expérimentales.
Lorsqu'on fait passer dans un nerf mixte un courant direct, courant de direction centrifuge, on a une contraction à l'entrée. Lors(|u'au contraire on fait passer on courant inverse, courant de direction centripète, on a la contraction à la sortie. Telles sont les n'^actions du nerf mixte notées par MM. Matteucci et Long(*t. Mais M. Rousseau a montré laiH)ssibilité d'obtenir avec ce nerf mixte les réactions invei'ses qui sont assignées ii la racine motrice par MM. I^nget et Matteucci. Pour cela, il suffît que le nerf soit en communication avec le nniscle, soit directement, soit médiatement par l'intermédiaire d'un corps conducteur. Il s'établit alors un courant dérivé de sens inverse au courant principal, et c'est sous l'influence de ce courant que se manifestent les contractions. Si, en opérant sur les racines, on obtient des résultats différents de ceux qui se produisent lorscpi'on op<Te sur le nerf mixte isolé, cela déjiend uniquement du défaut dMsolement de c^s racines, (pii tiennent encore à la moelle, et à ce que, dans ce cas. la contraction (^ due. non au courant principal, mais au courant d«'»rivé. I^ divei^encc des résultats s'explicpie donc suffisamment par la différence des conditions pbysiques dans lesquelles est faite rexpérience.
18& ACTION DE L'ÉLEGTRiaTi
Maintenant nou& devons vous montrer que ces résultats ne sont pas des résultats physiologiques, et qu'on ne saurait conclure des phénomènes qui se passent dans ces conditions à ce qui se produit dans les conditions physiologiques normales. Lorsqu'un nerf est examiné sur un animal vivant pendant la vie et dans ses rapports normaux , nous vous avons déjà dit qu'il ne donne jamais qu'une contraction à l'entrée du courant, quelle que soit la direction de celui-ci y comme vous pouvez te voir sur cette grenouille, dont le nerf sciatique établit seul une communication entre le corps et le membre postérieur isolé et soulevé par un fil de soie.
Plus tard, lorsque le nerf se fatigue par une cause quelconque, soit par la dessiccation, soit par la section ou la ligature peu au-dessus du point où on l'examine, soit par l'action trop énergique ou trop longtemps prolongée de Télectricité, soit par l'action delà chaleur pooh dant l'été, ou lorsqu'enfin il se trouve privé de ses rapports normaux, le phénomène n'est plus le même et on obtient, bientôt après, deux contractions, l'une à l'entrée, l'autre à la sortie, quel que soit le sens du courant. Nous allons ici vous montrer les réactions de cette deuxième période en interrompant par une ligature la communication entre le nerf et la moelle. La ligature posée, chaque passage du courant est accompagné de ladoubte contraction, à rentrée et à la sortie. Dans quelques instants, ce nerf isolé de la moelle par la ligature nous offrirait les réactions de la troisième période : contraction unique à l'entrée ou à la sortie, suivant le sens du courant; mais pour ne \vàs avoir à attendre, nous pou-