‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 51 sur 136 · COURANT MUSCULAIRE · texte numérisé non relu

COURANT MUSCULAIRE

mouille le papier qui les fait communiquer arec une solution de sel marin ; de plus, les extrémités des conducteurs plongeant dans les vases sont en platine. Dans ces conditions, le contact de la solution saline avec le platine suffisait à produire un courant capable de dévier d'une façon très appréciable Taiguille du galvanomètre, courant dont l'action devait être notée pour être ajoutée à la déviation électro-musculaire ou pour en être retranchée. M. Jules Regnauld a évité cet inconvénient en terminant les conducteurs par des lames de zinc pur plongeant dans une dissolution saturée de sulfate de zinc. On n'obtient ainsi aucune polarisation secondaire.

Galvani, vous le savez, admettait que les nerfs étaient des conducteurs dans lesquels circulerait une électricité particulière. Vous connaissez déjà une expérience , que nous répétons ici et qui consiste à déterminer des convulsions dans un membre de grenouille récemment tuée en mettant le nerf de ce membre en contact avec les muscles d'un autre membre. On suppose qu'il se développerait de l'électricité dans les muscles de la cuisse qui repose sur ma main ; je tiens le nerf du membre qui formerait lautre pôle , de l'autre main , et au moment du contact du nerf et des muscles il se produit une sorte de décharge électrique qui les fait contracter.

C'est là Texpérience de Galvani ; seulement il n'est pas nécessaire, comme vous le voyez , de réunir le muscle au nerf par un arc métallique. Le corps de Tobservateur ([ui tient dans ses mains les pattes de grenouille en ex** périence , établit entre elles une communication conductrice nécessaire.

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CiCtte oommunication, disoiis-nous, est indispensable pour que le phénomène se produise.

Si , en effet , on Tempèche , comroe nous le faisons ici, en cessant de tenir à la main la patte qui se contractait tout à rheure, et en l'introduisant dans un tube de verre T qui Tisole, le phénomène ne se produit plus. Le

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nerf n qui sort du tube dans lequel a été engagée la patte, peut être mis en contact avec les muscles de l'autre patte sans déterminer la moindre convulsion dans le membre auquel il se rend. Et cette absence d'excitation motrice De tient pas à ce que le nerf est fatigué, car nous pouvons en aviver la coupe sans obtenir aucun effet; tandis que, retirant la patte du tube et la prenant à la main, nous la voyons se convulser énergiquement chaque fois que son nerf est mis en contact avec un muscle.

Les effets que nous voyons se produire dans les expériences précitées ont été attribués à ce qu'on a appelé le courant propre du nerf, courant qui circulerait de la périphérie au centre. Ce courant ne doit pas être confondu avec le courant musculaire ; car, s'il y a une électricité propre au nerf, il faut admettre aussi une électricité musculaire. L'expérience de Galvani mettrait donc en évidence le courant propre du nerf.

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