‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 52 sur 136 · COURANT PROPRE · texte numérisé non relu

COURANT PROPRE

Or^ Dous avons vu que ce courant propre n*appartient qu'au nerf moteur.

Nous savons déjà que les nerfs mixtes donnent des contractions quand on les met en contact avec un muscle. Pour nous rendre compte de T influence qu'exeroe chacun des éléments nerveux sur cette propriété du nerf mixte, nous avons essayé séparément les racines antérieures et les racines postérieures. La racine antérieure, mise en contact avec un muscle, a donné des contractions comme le fait le nerf mixte. La racine postérieure seule ne donna absolument rien ni par son bout périphérique, ni par son bout central. Ce courant électro-nerveux serait donc exclusif à la racine motrice.

Si, dans Texpérience précédente , on vient à substi* tuer au nerf moteur une coupe de la moelle, il aeinble qu'on doive obtenir les mêmes résultats, puisque les nerfs naissent de la moelle. Cependant ayant dénudé la moelle d'une grenouille, et touchant un muscle avec la surface d'une coupe faite sur cette moelle, nous n'avons pas obtenu de contractions dans le membre dont les nerfs tenaient à cette coupe de la moelle.

Nous touchions cependant les deux faisceaux antérieurs d'où naissent les radines motrices; et ces racines jouissent de la propriété de donner lieu à la contracUoo électrique par leur contact avec un muscle. Pourquoi donc une coupe du faisceau antérieur où naissent les origines nerveuses motrices, ne donne*t-elle pas lieu au phénomène? Afin de nous édifier sur la signification du fait qui se présentait à notre observation , nous avons repris l'expérience en essayant de haut en bas la moelle

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à diverses hauteurs, la divisant couche par couche par des sectious transversales successives. Nous sommes ainsi arrivé, dans la région lombaire, à trouver une coupe qui, mise au contact d'un muscle, donnait des contractions dans le train postérieur. Sur ces pièces qui ont macéré dans Talcool, après avoir servi à Texpérience que je vous signale, vous pourrez voir que le phénomène s'est produit généralement pour des sections faites au même niveau. On voit , en examinant avec un pou de soin, que la section correspond au point du renflement lombaire de la moelle d où partent les racines antérieures qui donnent le mouvement aux membres postérieurs. Si donc, dans ce cas, on obtient des convulsigos, cela tient à ce que Ton a agi sur les racines antérieures au point où elles pénètrent dans la moelle.

Cette expérience montrerait que les faisceaux antérieurs de la moelle ne se comportent pas pour le mouvement comme les postérieurs pour le sentiment. On ne saurait donc assigner une origine centrale commune aux i*acines antérieures dont les manifestations sont isolées. Les recherches anatomiques de Slilling sont d'ailleurs confirmatives de ce fait; les racines antérieures semblent naître de centres isolés et indépendants.

Le courant électrique propre du nerf moteur lui serait donc tout à fait spécial et n'existerait pas dans la moelle.

Un fait important et sur lequel je dois encore insister, c'est la variété des réactions que Ton obtient suivant que le nerf est isolé, coupé, ou qu'il a conservé ses rapports physiologiques normaux.

En (^rant chez un animal vivant, sur un nerf assez

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long, on peut, le dénudant dans un espace suffisant pour en isoler une anse, mettre cette anse en contact avec un muscle. Or, dans ce cas du nerf tenant à la moelle, on observe de fortes convulsions dans le membre auquel il se rend. Les convulsions se produisent également lorsqu'on sépare le nerf de la moelle, soit en le coupant, soit en Tétreignant par une ligature. Dans d'autres cas cependant, la section ou la ligature du nerf y amène un trouble qui senible favorable pour établir une sorte de polarité et rendre visible un courant qui ne se manifesterait pas à l'état physiologique.

Je crois même, et c'est un fait à vérifler expérimentalement, qu'on se fait une idée fausse de la direction de l'agent nerveux. On le regarde comme dirigé de la périphérie au centre. C'estvrai quand le nerf est coupé, mais je serais très disposé à penser que l'inverse a lieu quand le nerf n'est pas coupé. L'excitation volontaire est centrifuge, et il me paraît très probable que cette direction centrifuge est celle de toutes les excitations dont le nerf est dans les conditions normales de l'organe de transmission.

Quoi qu'il en soit de cette vue, que je ne vous présente que comme une idée à vérifier, la présence d'une solution de continuité dans le nerf qui produit des contractions par décharge musculaire , ne parait pas une condition indispensable. Nous pourrions revenir plus tard sur ce fait.

Je vous ai déjà signalé l'existence d'un courant musculaire propre, que vous avez pu voir mettre en mon-

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