DU NERF SENSITIF
moteurs, lestubes larges prédomioent ; le contraire a lieu dans les nerfs seusitifs, où les tubes fins se trouvent dans une proportion plus considérable.
Ici, messieurs, nous arrivons à un caractère plus important, et qui différencie mieux que tous les autres les nerfs moteurs des nerfs sensitifs : la présence d'un gan- ^on sur le trajet de ces derniers. C'est là un fait capital, d'abord en raison de la valeur anatomique de ce caractère, ensuite parce que des expériences récentes ont montré que le ganglion joue un rôle trèi important dans les phénomènes nerveux*
Le ganglion, situé sur la racine postérieure, toujours avant le point où elle se réunit à la racine antérieure, est formé principalement de cellules nerveuses (voy. fig. 11 et 12, p. 126). Nous vous avons déjà dit que ces cellules, les unes bipolaires, d'autres multipolaires, d'autres, enfin, apolaires, sont des cellules à noyau qui composent la substance grise de la moelle et les renflements gan- ^onnaires. Il serait dès lors très important d'être fixé sur le rôle physiologique de ces cellules; peut-être pourraiton concluredes ganglions à la substance grise médullaire.
Le ganglion nerveux se continue avec le nerf du côté de la moelle et du côté de la périphérie ; le nerf semble y entrer et en sortir. Que devient dans ce trajet la fibre nerveuse élémentaire?
Diverses opinions ont été émises à cet égard, opinions qui ne s'excluent pas et qui peuvent être toutes admises tant qu'elles sont basées sur l'observation.
MM. Ch. Robin et R. Wagner ont décrit une disposition dans laquelle la fibre nerveuse pénètre dans une
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cellule pour en sortir par le point opposé. Dans cette disposition, observée surtout chez les plagiostomes, k cellule nerveuse serait une intumescence de la fibre, une sorte de ganglion élémentaire situé sur le trajet de la fibre nerveuse.
On rencontre encore dans le ganglion des celluleB unipolaires , à prolongement ordinairement centrif uge, mais aussi, d'après KoUiker, quelquefois dirigé verB lè centre médullaire. Le ganglion renferme encore dtrt cellules apolairet ; M. Faivre en a reconnu l'exîstanoe chez les animaux inférieurs (1 ).
En résumé, le ganglion nous ofire une agglomération de cellules ayant avec les tubes nerveux élémentaires les rapports les plus divers.
Laissant là les cellules pour suivre les fibres, nom voyons que celles-ci contractent ordinairement dans la ganglion divers rapports de continuité avec les cellules , mais que ce cas n'est pas le seul , et que d'autres fibres traversent le ganglion sans y avoir avec les cellules nerveuses d'autres rapports que des rapports de contact Cette disposition a été figurée par KôUiker chez le chieo.
Mais , messieurs , ce n'est pas ici le lieu de nous étendre sur les caractères anatomiques du ganglioD. Ce que nous avons à étudier, ce sont surtout ses usages. Or, tandis que les fonctions des racines antérieures el des racines postérieures étaient depuis longtemps asseï exactement connues , tandis qu'on avait fait presque complète la topographie du système nerveux , on étail
(1) Études sur l'histologie comparée du système nerveux chez qml ques animaux inférieurs* l^ts, 1S57, in-A, ûg.
DES NERFS SENSITIFS. âftb
resté 8or le rôle des ganglions dans l'ignorance la plus complète; aucune expérience ne permettait de former à ce sujet même de simples conjectures.
Récemment M. Waller a publié des expériences très importantes, expériences dont les résultats remarquables nous paraissent devoir être le point de départ de re- ^erches qui seront faites ultérieurement dans cette TOie encore peu explorée.
Les expériences de M. Waller sont fondées sur ce fait^ auquel il a le premier donné une signification , que , lorsqu'on coupe un nerf, qu'on le sépare de son centre, il s'altère , chez les animaux supérieurs , suivant une direction déterminée.
Nous vous avons déjà dit que , quand on coupe une racine antérieure , c'est le bout périphérique qui se désorganise.
II était intéressant de faire la même chose pour la racine postérieure , et de voir ce qui a lieu selon que la section est opérée entre le ganglion et la moelle , ou au delà du ganglion.
Ces expériences ont été pratiquées par M. Waller sur la deuxième paire rachidienne cervicale des chiens, et surtout des chats. Les racines rachidiennes sont cachées dans le canal vertébral, et ce sont déjà les nerfs mixtes qui sortent par les trous de conjugaison. La deuxième paire rachidienne fait exception à cette règle : le ganglion de la racine postérieure sort du canal vertébral, en dehors duquel a par conséquent lieu Tunion des deux racines. C'est à cette disposition que cette paire doit d'avoir été choisie de préférence à toute autre. Et si les