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S8 DES PROPRIÉTÉS ET DBS USA0R

Passant ensuite à l'examen des bouts périphériques, on voit que les choses s'y passent d'une façon inverse. Le bout périphérique A' de la racine antérieure s'altère, en effet, taudis que le bout périphérique de la racine postérieure S^, tenant au ganglion g, ne s'altère pas.

Cette expérience peut se varier en arradiant de la moelle la racine postérieure {fig. 5); dans ce cas le bout S, tenant encore au ganglion g^ ne s'altère pas. Ce résultat ne diffère pas au fond de celui que nous avons signalé tout à l'heure.

Si maintenant on fait autrement l'opératioil, et que, coupant encore les deux racines, on fasse porter la section de la racine postérieure sur un point situé au delà du ganglion , entre ce ganglion et la périphérie (fig. 2), on aura d'autres phénomènes à observer.

Après cette double section , on a quatre bouts , deux centraux et deux périphériques. On trouvera alors,

térieure S et son ganglion g^ ainsi que la racine antérieure S\ sont reatés inaltérés.

Fig* 3. — La radne postérieure a été arrachée de la moelle en A ; son bout périphérique S a été rabattu et n'a paa subi (Taltératioo*

Fig, Zi. — La section a porté en S'' sur la racine antérieure dont la portion périphérique seule est altérée.

Fig. ô. — La section a porté sur les deux racines immédiitenMât ai avant et en arrière du ganglion qui a été enlevé. Le bout périphérique du nerf mixte A' est le siège de Tallération ; pour les bouts centraux des deux racines, le bout central de la racine postérieure est le siège de raitération, tandis que le bout cenU'al de la racine antérieure n'est pas altéré.

Fig. 6. — La section a porté sur les deux racines, imniédiatcment audevant du ganglion. Du côté de la moelle, Taltération u'cxiste que sur la racine postérieure , Tantérieure étant saine ; du côté de la périphérie» on voit la portion musculaire A' être le siège de l'altération, tandis que la portion sensitive S, qui est restée en continuité avec le ganglion intervertébral, n'est pas altérée.

DBS GANGLIONS INTGRyERTABRAtnt. S89

après un certain temps, qu'il y a eu conservation du bout central de la racine antérieure , avec altération de son bout périphérique, comme dans l'expérience précédente. Mais les choses se passent inversement pour la racine postérieure : c'est dans ce cas le bout périphérique qui s'altérera, tandis que le bout central possédant son ganglion restera intact. Dans la racine postérieure, c'est donc, non pas la partie qui reste attachée à la moelle , mais celle qui reste attachée au ganglion qui se conserve.

La conclusion à tirer de ces deux expériences est évidemm^qne la moelle conserve la racine antérieure, et le ganglion la racine postérieure.

Un troisième fait très intéressant vient à l'appui de ces conclusions. En obsei^vant les racines de la deuxième paire rachidienne , et les suivant vers la périphérie , on voit que du nerf mixte sort (fig. 1 et 6) un filet S' sousoccipital qui est sensitif , tandis que le nerf qui est con«tigu est presque exclusivement moteur.

En coupant la racine postérieure avant le ganglion (fig. 1), le nerf S' conservera ses propriétés. Mais si l'on coupe seulement la racine antérieure, l'action motrice n'existera plus, et le bout périphérique Â' (fig. 6) de cette racine se désorganisera.

Si enfin on vient à pratiquer la double section , en la faisant porter au delà du ganglion de la racine postérieure, tes deux nerfs périphériques sont altérés (fig .2), et les deux facultés sensilive et motrice sont abolies.

CeUe dernière expérience peut encore se répéter en oouptnt le nerf mixte. Alors le bout périphérique s'altère, tandis que le bout central reste intact.

2i0 DES PROPRIÉTÉS ET DES USAGES

Ces nouvelles observations ne font que confirmer nos précédentes conclusions.

La moelle épiniëre conserve donc les nerfs noioteurs qui sont en continuité avec elle ; le ganglion intervertébral conserve les nerfs sensitifs qui sont en continuité avec lui.

Dans des expériences déjà anciennes (18&2 et 18ft8), faites à un autre point de vue, et que nous rapporteroos bientôt , nous avions déjà observé que , après la sectioD des racines rachidiennes , le bout central des racines antérieures est ordinairement muni d'un renflement, tandis que leur bout périphérique n'en présente pas. C'est l'inverse pour les racines postérieures.

Lorsque le nerf a été coupé après le ganglion , il se forme un renflement sur le bout central des deux ordres de nerfs, moteur et sensitif ; c'est ce qui a lieu , par exemple, pour les extrémités des nerfs chez les amputés. n serait intéressant de rechercher si, dans les bouts périphériques d'un nerf sciatique ou facial coupé , il se produit des renflements par les anastomoses venant de la périphérie.

n serait intéressant, en outre, de savoir si , lorsqu'on a coupé une racine antérieure en laissant la postérieure intacte, les fibres récurrentes de la racine postérieure ne se désorganisent pas , tandis qu'une désorganisation complète répondrait à la section des deux racines de la paire nerveuse.

M. Waller a formulé autrement ses conclusions en disant que, tandis que la moelle nourrit les fibres motrices, le ganglion préside à la nutrition des fibres sensi-

DIS GANGLIONS INTERVERTÉBRAUX. Sftl

thres. L'ignorance dans laquelle on se trouve relativement à la nutrition des nerfs, rend les conclusions do M. Waller difiBcilement explicables dans les termes où il les a présentées. Mais le fait observé n'en reste pas moim^ d'une impwtance capitale , quelle qu'en doive être plus lard l'interprétation.

M. Waller va plus loin encore dans ses déductions, auxquelles il donne plus de généralité. Considérant que la racine antérieure coniuiunique dans la moelle avec la substance cellulaire grise^ il regarde cette masse grise comme un véritable ganglion. Chaque racine aurait donc un ganglion qui, extérieur à la moelle pour la racine postérieure, lui serait intérieur pour la racine antérieure. Dès lors M. Waller croit pouvoir conclure, d'une façon générale, que la nutrition de la fibre nerveuse est dévolue à la cellule ganglionnaire , qu'elle soit intérieure ou extérieure à la moelle.

Les faits annoncés par M. Waller sont très intéressants. Nous avons répété ici ses expériences, et avons vu constamment les choses se passer ainsi que nous venons de vous le dire. Ces expériences, nous les reproduirons encore devant vous.

Bien que le fait n'eût encore été observé que sur une paire rachidienne, il était infiniment probable qu'on le rencontrerait de même sur toutes. Toutefois, en présence d'un résultat de cette valeur, on ne saurait examiner avec trop de soin si les phénomènes observés ne sont pas, au moins en partie, la conséquence de quelque influence dont on aurait négligé de tenir compte.

Déterminerait-on, dans la section au delà du ganglion,

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