‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 62 sur 136 · B., SVR. RUT. — I · texte numérisé non relu

B., SVR. RUT. — I

SftS USAGES BT PROraifiTÉS

quelque solution de continuité vasculaire nécessaire à la nutrition de la partie périphérique du nerf? Les injections n^apprennent rien de bien positif à cet égard. D'ailleurs, Taltération du nerf qui s'étend au loin diminuerait singulièrement la valeur de cette appréhension.

Les expériences de M. Waller nous paraissent donc satisfaisantes et concluantes; seulement, dans Tétat actuel de nos connaissances, on ne voit pas ce que peut être la nutrition d'un élément nerveux par un autre élément nerveux.

Pour faire ces expériences et les varier avec plus de facilité , nous avons employé un procédé qui consiste à couper, avec un petit instrument spécial , les racines de la queue de cheval chez un chien. Dans cette opéra* tion, on pénètre en arrière dans l'espace un peu plus large qui sépare les lames de la dernière vertèbre lombaire de la première vertèbre sacrée, et l'on peut couper à droite et à gauche une ou plusieurs racines de la queue de cheval. On laisse vivre l'animal tant qu'on veut ; il n'en résulte aucune inflammation ; à l'autopsie, on vérifie les altérations qui se sont produites.

Voici le procédé tel que nous l'avons mis en usage :

Sur un chien de taille movenne , nous avons introduit notre instrument qui nous sert à couper la cinquième paire dans le crâne, dans un espace losangique qui existe entre la cinquième vertèbre lombaire et la première pièce du sacrum ; on pénètre facilement ainsi dans le canal vertébral. Une fois qu'on y est parvenu, on incline successivement l'instrument à droite et à gauche, afin de passer entre la moelle et les racines de la queue de che-

DES GAHOUON» INTBBVE&TtiBBAUl. fUti

T&l, eteuramenautriDstiuiiieuton lounio partie courbe en dehors, de manière à accrocher et à couper la racine.

Nous avons très lûen réussi dans la première opération que uous avons pi'ar tiquée il y a environ cinq ou six semaines. Chose siuguliëre, uous avons ooupé seulement la racine postérieure de la sixième paire Iwuboire à droite et à gauche. Cela tient à ce que nous viwa pénétré dans la durft-mère, car n le hasard avait porté l'instrument en àeAton de la ^i dure -mère, nous n'aurions pas pu a^r isolément sur la racine posté rieure.Voici la pièce f'iG. ao (i).

(fîg. AO) et on voit ici très bien que les bouts périphériques PPP'de la racine ptjstérieure sont intacts et même

(1) Altération dtt racines nervemts ajtTès leur tection datte la région lombatTe. — 1' 1', bonis jn'iiiilu'riquet lenOtt ilcs racines po6lé-

su USAGES ET PROPUËTÉS

renflés, tandis que les bouts centraux qui les continueirt au-dessus sont noirâtres , excessivement grêles et atro* phiés. Il n'est pas sans intérêt d'observer que ranimai avait de la faiblesse dans le membre postérieur, par suite de la section de ces deux seules racines postérieures.

Nous avons répété une deuxième fois Texpérience de la même manière , et elle nous a donné le même résul* tat; seulement la moelle avait été lésée, et Tatropbie do bout central des racines postérieures, qui seules, cette fois encore, étaient atteintes, se montraient moins prononcés, parce que l'opération était pratiquée depuis moins longtemps.

Les nerfs sensitife se distinguent donc parfaitement des nerfs moteurs par la présence du ganglion , qui jouerait dans leur nutrition le même rôle que la moelle dans la nutrition des nerfs moteurs.

Un autre caractère différentiel des nerfs moteur et sensitif peut être tiré de leur distribution. Vous savez qu^en effet les nerfs sensitifs se distribuent aux parties sensibles, et les nerfs moteurs aux organes moteurs.

Partout où de la sensibilité existe , que cette sensibi* lité soit normale ou anormale, elle est sous la dépra*

rieures de la 6* paire lombaire. Les deux racines ont été coupées aa même niveau ; les bouts centraux qui remontent vers la moelk soot noirâtres, altérés et excessivement atrophiés; — P' est une portion de la racine postérieure du côté droit qui a été lacérée par rinstrumeol et qui s'était collée contre la face interne de la dure-mère ; — G G, ganglions intervertébraux des paires lombaires correspondantes aux racines coupées; — S, moelle épinière ; — • ddd, dure-mère qui a été ouverte; — A, 5, (i, 7. apophyses transverses des û% 5% 6* et 7* vertèbres lombaires; — r. H, m, 1", T et 3* paires sacrées; —cr, nerf crural ; — o6, nerf obturateur ; -> se, nerf sciatique.

DES GANGLIONS INTERVERTÉBRAUX. 2fib

dance du nerf sensitif. Ainsi vous savez que, physiologiquemënt, les tissus fibreux et d'autres sont insensibles; que, sous Tinfluence d*un état inflammatoire, ils peuvent acquérir une sensibilité très vive. Comment cette sensibilité se transmet-elle aux centres nerveux? Y a-t-il eu formation de nerfs nouveaux ou transfor- BdatioQ d'éléments nerveux préexistants? Quoi qu'il en soit, la section de la racine postérieure éteint cette sensibilité normale ou anormale.

Voici ici des grenouilles sur lesquelles on a coupé, d'un côté, les racines lombaires postérieures. Ces animaux marchent , s;iutent et nagent en faisant usage également bien de leurs deux pattes postérieures; le mouvement est donc conservé. Si cependant nous pinçons successivement leurs deux pattes, nous voyons qu'une seule est sensible, parce que seule elle donne lieu, lorsqu'on la pince, à des mouvemenls réflexes, mouvements auxquels peuvent d'ailleure prendre part les autres membres, l'insensible comme ceux qui ont conservé leur sensibilité.

Les mouvements n'ont-ils rien perdu dans ce membre que nous venons f!e pincer et qui est privé de sensibilité? Ses mouvements s'exécutent-ils aussi bien qu'avant, alors qu'ils s'exerçaient sous l'influence de la volonté dans un membre sensible? C'est une question qui doit être agitée et que nous traiterons dans la prochaine leçon.

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