INFLUENCE DES BACINES SENSITIVES
position ce qui se passe toutes les fois qu'on doit faire un effort pour soulever une masse. Les premières contractions sont ménagées, ce sont des tâtonnements destinés à avertir le sens musculaire de l'intensité des efforts k déployer; ces sensations sont évidemment sous l'influence des nerfs sensitifs. Les explications que nous venons de donner n'empêchent pas la vérité de cette proposition fondamentale : les racines antérieures sont motrices^ les postérieures sensitives^ quoique leur destruction soit suivie, comme nous l'avons vu, d'une perversion des mouvements volontaires.
Magendie a démontré que la cinquième paire préside à des phénomènes de nutrition ; nos expériences nous ont montré que les racines postérieures rachidiennes sont loin d'avoir sur ces phénomènes une influence au^ marquée.
Sur un chien chez lequel on avait coupé les racines postérieures qui se rendaient à un membre, le membre se tumcîîa; une inflammation gangreneuse survint dans une partie du membre , ainsi qu'au bout de la queue; plus tard l'animal guérit complètement. Mais nous avons vu qu'ordinairement les choses ne se passent pas ainsi, même lorsqu'on enlève le ganglion rachidien.
Voici quelques expériences singulières sur les racines rachidiennes postérieures que je vais vous signaler encore en termmant.
Eœp, (26 janvier 1846). — Sur un chien adulte, en digestion , dont le canal vertébral avait été ouvert, on pinça successivement plusieurs racines antérieures, et ou constata, au moment où on les pinçait, que des mou-
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wments limités se montraient dans le membre correspondant.
Les racines postérieures sont incapables par ellesmêmes de produire des mouvements lorsqu'on les irrite après leur séparation de la moelle épinière. Cependant j'ai vu quelquefois des résultats que je ne sais comment expliquer, je vais vous les signaler, en attendant que des fiuts nouveaux viennent montrer quelle interprétation il convient de leur donner, ou montrer s'il y a eu quelque cause d'erreur dans leur interprétation.
Après avoir coupé les racines postérieures , on les pinça dans leur bout pt^riphérique, et on constata qu'aucun mouvement n'avait lieu. Cependant, en tirant un peu sur la racine, de manière à apercevoir le ganglion, et en pinçant ce dernier , on observa clairement des contractions sans douleur qui survinrent dans les muscles voisins du dos. Cette expérience a été vérifiée à deux reprises différentes sur le même animal.
Exp. (28 janvier 1846). — Sur un chien adulte, à jeun depuis trois ou quatre jours , étant épuisé par suite de l'ouverture du canal vertébral dans la région lombure, on constata que non-seulement les racines antérieures étaient insensibles, mais que les postérieures elles-mêmes devenaient de moins en moins sensibles et finirent par devenir insensibles au point que, lorsqu'on les pinçait , l'animal ne poussait aucun cri et n'exécutait aucun mouvement général comme manifestation de douleur. Alors lorsque, sur cet animal tellement affaibli qu'il était comme mourant, on pinçait une racine postérieure qui ne donnait aucun signe de sensibilité , on