QUINZIÈME LEÇON
11 rivint 1857.
SOMMAIRE : Influence des impressions sensitiyes sur les monvements da cœur, — De la mort possible par arrêt du cœur. — Expériences faites avec riit^modynamomèire. — Avec le cardiomètre. — Constance de la pression latérale dans le système artériel. — Variétés de Timpolsion cardiaque. — Influence des racines racliidlennes sur ia prèsikm du saog.
Messieurs ,
On peut dire que toujours un phénomène de mouvement reconnaît pour point de départ une impression sensitive. Les mouvements volontaires eux-mêmes sont toujours précédés d'une sensation actuelle ou passée qui en règle le but, le sens et la portée. Au moins la nécessité de cette influence n'est-elle pas douteuse pour les mouvements involontaires.
Eh bien, nous allons voir maintenant que toute influence capable de développer de la sensibilité, agit sur le cœur pour le troubler dans son fonctionnement.
Nous avons , avec Magendie, engagé le tube du cardiomètre dans la carotide d'animaux soumis à diverses expériences portant sur le système nerveux. Nous avions ainsi, pendant toute la durée des opérations, une traduction exacte de toutes les moiliûcations qui pouvaient à chaque instant survenir dans les contractions du cœur.
Exp. — Sur un chien dont la pression dans le système artériel représentait l'élévation d'une colonne de 160 à 165 millimètres de mercure , on ouvrit le canal vertébral. Bien que l'animal eût perdu peu de sang et
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que l'opération eût été bien faite, nous trouvâmes qu'après l'opération , la pression était considérablement di- . minuée et qu'en môme temps les oscillations étaient plus étendues. Le cardiomètre accusait alors une pression variant de AS à 90 millimètres de mercure. Un pareil trouble ayant singulièrement émoussé la sensibilité, nous dûmes attendre quelque temps pour interroger la sensibilité des racines et juger de son influence sur les mouvements du cœur. L'instrument restant toujours fixé à la carotide, et l'animal en repos, la pression remonta peu à peu à 150 millimètres de mercure que les impulsions cardiaques faisaient monter à 160 millimètres.
Alors on pinça la racine antérieure et constamment on observa un brusque arrêt des pulsations, arrêt qui durait très peu de temps.
On coupa alors la racine antérieure sans rien produire du côté du cœur. Mais le pincement de son bout périphérique déterminait un arrêt brusque du cœur suivi d'accélération de ses battements.
Dans des expériences analogues faites sur d'autres chiens, cet arrêt du cardiomètre survenait sous l'influence de sensations assez peu vives pour ne pas faire crier l'animal.
Cette sensibilité récurrente qui se traduit ici par un arrêt réflexe du cœur lorsqu'on pince la racine antérieure, arrive à la moelle par la racine postérieure, car si l'on coupe cette racine postérieure, le pincement de la racine antérieure ne produit plus rien sur le cœur.
Après avoir ainsi coupé les deux racines, on vit, en interrogeant la sensibilité des quatre bouts comme on