‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 95 sur 136 · MOUVEMENTS VOLONTAIRES. S · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS VOLONTAIRES. S

Cette iDdépeudauce des nerfs moteurs, rapprochée de la solidarité des nerfs sensitifs, fait que si l'on devait établir une hiérarchie, il faudrait subalterniser les nerfs moteurs qui réagissent en masse contre les impressions sensitives. Une autre raison y conduirait d'ailleurs : c'est la dépendance dans laquelle nous avons vu que se trouvaient les mouvements volontaires de la sensibilité musculaire*

Mais pour le cas particulier qui nous occupe, nous devons conclure de tout cela qu'il y a, depuis Tencéphale jusqu'à 1 origine du nerf moteur médullaire mis en action, une partie spéciale qui n'est pas la fibre motrice, et qui est chargée de transmettre l'influence de la volonté ; de sorte que quand un muscle se con* tracte volontairement, on ne peut pas admettre que cette contraction soit due à une propriété de contraction qui a été transmise en nature depuis l'encéphale jus* qu'au muscle. On doit se représenter, au contraire, cette contraction comme la dernière expression d'une série de phénomènes enchaînés les uns aux autres, mais essentiellement différents par leur nature. Ainsi il existe une propriété spéciale transmise depuis l'encéphale jusqu'au nerf moteur qu'elle excite. Le nerf moteur excité excite à son tour le muscle qui est l'organe le plus immédiat du mouvement.

De quelle nature pouvons-nous supposer la propriété nerveuse qui de l'encéphale transmet l'influence de la volonté jusquà l'origine du nerf moteur? Par quel or-* gime nerveux cette transmission a-t*-elle lieu? Nous savons déjà que ce n'est pas par uu organe nerveux mo-

Zkk MOELLE ÉPINIÉRE.

teur. Cela ne peut être, par conséquent, que par un organe nerveux sensitif ou spécial. Une pareille question est, on le conçoit, excessivement difficile à juger d'une manière absolue. Cependant nous pouvons donner des raisonsqui rendent excessivement probable ropinioii que cette transmission volontaire du centre jusqu'au nerf périphérique se fait par les oi^anes de sensibilité.

Le curare va nous servir encore pour la solution de cette question.

Nous savons que ce poison agit exclusivement sur les nerfs moteurs, et qu'il laisse intacts tous les nerfs de sensibilité. Lorsqu'une grenouille, par exemple, est empoisonnée complètement par le curare, elle reste privée de toute espèce de manifestation motrice ou sensitive, et elle paraît avoir perdu toute spontanéité volontaire. Cependant nous savons que tout cela tient uniquement à la paralysie des nerfs moteurs, et que l'animal a conservé sa sensibilité mais qu'il a perdu les ifistruments qui lui servent à la manifester.

En serait-il de même de la volonté? et l'animal n'aurait-il perdu que les nerfs moteurs qui sont indi^ pensables à cette manifestation ? Pour répondre à cette question, il fallait faire une expérience dans laquelle on ménagerait la plus grande partie des nerfs moteurs en empêchant le sang d'aller dans les muscles.

Chez les grenouilles , cette expérience est possible parce qu'elles peuvent encore mouvoir leurs membres pendant plusieurs heures, lorsqu'on a empêché le sang de se répandre dans les muscles, ou par la ligature des vaisseaux, ou par l'extirpation du cœur.

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