‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 96 sur 136 · MOUVEMENTS VOLONTAIRES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS VOLONTAIRES

On verra par là si r-aûimal peut exercer une action Tolontaire sur ses membres, qui peuvent encore être le si^e de mouvements généraux.

Pour cela, nous avons fait une première expérience qui consiste à lier Taorte, ou toutes les parties molles moins les nerfs lombaires, chez une grenouille. Puis l'animal a été empoisonné par un peu de curare placé sous la peau du ventre. Lorsque Tanimal avait été complètement empoisonné et qu'on Fexcitait dans ses membres postérieurs, il faisait des mouvements de saut avec lesquels il se transportait complètement en poussant au-devant de son train postérieur tout son corps immobile. La grenouille mise dans Teau s'est mise à nager en poussant en avant, avec ses deux membres postérieurs animés de mouvements parfaitement réguliers, son tronc et ses membres antérieurs sans mouvement. Puis bientôt l'animal s- arrêta : mais, lorsqu'on le plaçait sur le dos et qu'on l'y maintenait, dès qu'on le lâchait, il se retournait sur le ventre.

Cette expérience put être répétée à différentes reprisés, et elle paraît montrer évidemment que l'animal se retournait volontairement après l'empoisonnement par le curare qui aurait ainsi respecté sa volonté avec sa sensibilité.

Lorsqu'on réservait en même temps les deux membres antérieurs par la ligature des artères qui s'y rendent, l'animal dont les quatre membres étaient conservés se servait très bien de tous les quatre.

Dans cette expérience, il semble évident d'après ce fait que l'animal se retournait constamment dans l'eau

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lorsqu'il y avait été maintenu quelque temps sur le dos, qu'il avait conservé la volonté de se mouvoir. Cepen-* dant, en le laissant tranquille dans un vase pendant très longtemps on ne vit pas qu'il exécutât aucun mouvement spontané de déplacement.

J'ai observé le même fait sur des sangsues, sur des limaces empoisonnées par le curare. Lorsqu'on les exci* tait ou lorsqu'on les mettait dans une position anormale, ces animaux exécutaient des mouvements pour se repla* cer dans une position normale dans laquelle ils restaient sans qu'on pût les voir ensuite changer spontanément de position.

On pourrait penser que l'animal qui a conservé sa sensibilité générale, a conservé également la sensibilité spéciale , mais que seulement, comme les manifestations sensorielles sont toujours précédées dans les organes des sens par des manifestations motrices qui se trouvent paralysées, la fonction est par suite plus ou moins abolie. Ainsi, par exemple, les propriétés du nerf optique et de la rétine peuvent être conservées, mais l'iris, des muscles des paupières, des muscles des yeux étant paralysés, la vision ne s'exerce plus. Il en serait de même pour les autres sens , de sorte que l'animal pourrait rester en repos seulement parce qu'il est privé de ses sens. Pour résoudre la question, il faudrait conserver sur la grenouille empoisonnée les yeux, en empêchant le poison d'aller dans la tête seulement. Il est vrai qu'on pourrait objecter alors que le poison ne va plus dans l'encéphale, et que c'est là la cause de la conservation de la volonté.

Eu résumé , s il était prouvé que la volonté n'est

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