‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 98 sur 136 · MOUVEMENTS RÉFLEXES · texte numérisé non relu

MOUVEMENTS RÉFLEXES

une patte poslérieure, de façon à Tisoler du tronc. Le nerf seul n'a pas été compris da:.:, la ligature, ce qui a ainsi privé le membre de ses vaisseaux, ou plutôt de la circulation, en lui laissant son innervation. Nous empoisonnons cette grenouille avec le curare. Bientôt elle est immobile ; ses propriétés motrices sont anéanties ; elle a cependant conservé ses propriétés seiisitives, et grâce à elles la moelle aura conservé la propriété de transmettre les impressions , comme on peut le reconnaître aux mouvements qui , à la suite d'une excitation portée sur le train antérieur empoisonné et privé de mouvement, se montrent dans le membre auquel la ligature a conservé ses propriétés motrices eu le préservant de l'intoxication.

La sensibilité peut donc ici se transmettre à travers la moelle jusqu'au point où elle doit agir.

Si chez une grenouille, empoisonnée par le curare, nous ménageons tout le train postérieur, nous voyons que ses mouvements sont coordonnés, que ce sont des mouvements de saut, mouvements qui semblent volontaires.

Si , au lieu d'employer un poison qui agisse sur le mouvement, nous avons recours à une substance qui détruise le sentiment, les choses ne se passeront plus de même. Un seul nerf sensitif empoisonné empoisonnera tous les autres ; ici Faction se généralise.

La sensibilité se généralise donc, et elle se propage par la moelle.

Est-à-dire pour c^la que, du point influencé, l'excitation se transmette à chacun des nerfs de mouvement en particulier ?

On ne saurait admettre qu'une fibre sensitive soit char-

B., Stst. MEtT.— I. S3

35ft MOELLE ÉPINIÉRE.

gée de transmettre directement le mouvement à une ou plusieurs fibres motrices. 11 paraît y avoir daiis ce phénomène toute autre chose qu'une transmission fibfe à fibre. On doit, ce me semble, voir dés centrés particuliers eh rapport les uns avec les autres, et établissant entre lés actions des différentes parties certains rapports de solidarité ou d'antagonisme. Ainsi , en toucharil certaiiis points de la moelle, on produit des groupes de mouvements déterminés.

Lorsque, comme cela a lieu chez cette grenouille décapitée, on voit une excitation simple provoc^Uer des mouveiofients complexes, il faut bien admettras qu'il eiiste un centre de réunion pour les nerfs moteurs, ceutire dont l'excitation est nécessaire à la production du mouvement coordonné qu'il lient sous sa dépendattcé.

De même chez cette autre grenouille, qui a été empoisonnée par le curat'e , et dont le train postérieur a été préservé de l'empoisonnement par une ligature, l'irritation d'un point quelconque de la périphérie de ranimai suffit pour exciter le centre ; mais cette action n'a de retentissement que dans les netfs conservés.

Quant à cette transmission , nous pouvons nous assurer qu'elle se fait bien par la moelle ; car, si nous la coupons vers la région lombaire, l'excitation de l'une dès pattes antérieures ne produit plus rien.

L'action nerveuse motrice se limite donc essentiellement à chaque nerf ou à chaque système de nerfs ; l'action sensitive se répand à tous de proche en proche.

Voilà pour les actions réflexes se manifestant extérieurement.

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Si l'on épuise successivement ranimai, on voit qu'à mesure que la sensibilité s'affaiblit, les mouvements deviennent plus circodscrits et finissent, âvltUt de disparaître, par être moins étendus et finalement limités à la racine antérieure correspondante.

n semble, d'après cela, qu'il faut qu'il y ait dans les nerfs sensibles une sorte de tension de la sensibilité. Les cellules communiquant avec le nerf sensitif transmettent l'impression sensible plus ou moins loin, suivant son intensité. C'est ainsi que la réaction motrice réflexe peut se généraliser ou se restreindre suivant l'intensité qui la met en jeu.

Les mouvements réflexes, mouvements involontaires ttb que nous les avons vus, peuvent être considérés tomme étant de deux sortes, selon que leur action porte sur les muscles de la vie de relation ou sur les muscles ûe ta vie organique.

C'est après avoir fait l'étude expérimentale de ces j^éfiomènes que nous pourrons jeter quelque jour sur Wte des questions les plus intéressantes de la physiologie : je veux parler de l'influence réciproque de ces deux propriétés motrices l'une sur l'autre.

Aucun sujet, s'il était élucidé, n'intéresserait davantage lé pwticiisn et ne serait, en médecine, capable de ABeAvoir de plus lai^s applications.

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