VULMAK. — PHYS. DU SY8T. MERV. J
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préparations; leurs bords sont beaucoup moins sombres et moins accentués que dans l'état normal. Leur nombre augmente peu à peu, puis, à un certain moment-, il n'y a plus un seul tube sans matière médullaire. Un fait très- Irappant et qui s'observe surtout chez les animaux adultes, c'est que pendant très-longtemps, pendant près d'un an, après la restauration du bout périphérique d'un nerf coupé, les fibres de ce bout conservent encore un diamètre inférieur au diamètre normal.
On s'est demandé si la régénération a lieu en même temps dans toute la longueur du nerf, ou si, au contraire, elle ne se produirait pas en suivant une marche constante, par exemple, du centre vers la périphérie. Des idées théoriques préconçues ont pu faire croire à la réalité d'une pareille marche; mais ce qui est bien certain, c'est que rien n'est plus difficile que de se former une opinion sur ce point. Les nombreuses observations que nous avons faites ne nous ont conduit à aucun résultat précis, et il m'a semblé, en définitive, que la régénération, à un moment donné, était absolument au même degré dans tous les points de la longueur du bout périphérique d'un nerf coupé.
Comment se fait ce travail réparateur 1 Quelles sont ces fibres nerveuses complètes ? Comment se formentelles ? Sont-ce des fibres anciennes dans lesquelles se développe une nouvelle substance médullaire? Ou bien ces tubes anciens vont-ils disparaître sous la pression de tubes de nouvelle formation ? C'est à celte dernière hypothèse que M. Waller avait été conduit lors de ses premières expériences. Il admettait que la régénération du bout périphérique se fait par le moyen de tubes ner-
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veux nouveaui qui naissent au milieu du tissu di^organisé, et qui passent par Fétat embryonnaire, avant d'acquérir leur structure définitive. Les tubes anciens ne serviraient à rien dans cette régénération. M. Schiff a réfuté la maoière de voir de M. Waller. D'après lui, les nouvelles fibres ne sont qu'une restauration des anciennes, et les recherches que j'ai fkites avec M. Philipeaux nous ont conduits à adopter complètement l'opinion de M. Schiff. Ainsi que je l'ai dit dans ma précédente leçon, nous avons vu, comme ce physiologiste, que le filament axile survit à la destruction de la matière médullaire: or, la restauration consiste essentiellement, au point de vue des caraetères directement appréciables, en une production Douveite de matièi^ médullaire dans Tintérieur de la gatne de Schwann, autour du filament axile. Ce dernier recouvre eu même temps son état normal, état qu'il ne possédait plus, Irès-vraisemblablement, malgré l'apparente intégrité de sa structure. Le retour de la fibre nerveuse à l'état normal est alors complet. I^s phénomènes qui se produisent ainsi dans le bout périphérique sont donc caractérisés avec beaucoup plus de justesse par le mot de restauration que par celui de régénération. Ce qui montre bien que les choses se passent comme nous venons de l'indiquer, c'est que, s'il en était autrement, on devrait observer une atrophie progressive des anciens tubes privés de matière médullaire, au fur et à mesure que les nouveaux se formeraient dans les intervalles qui les séparent; il devrait même y avoir, semble-t-il, un moment où cette atrophie n'étant pas très prononcée, et les fibres nouvelles étant déjà très-nombreuses, le bout périphérique préMuteraît une augmentation de volume. Or, on ne Toit
rien de semblable. Bien plus, il n'est pas rare de reconnaître Texistence de petites granulations graisseuses immédiatement appliquées sur la matière médullaire nou* velle, à l'intérieur de Tenveloppe Schwannienne qui entoure cette matière, et il ne parait pas possible de ne pas voir là une preuve que les nouveaux cylindres de matière médullaire se forment à l'intérieur d'anciennes gaines, lesquelles contiennent encore dans ce cas quelques granulations graisseuses.
M. Remak, à qui Ton doit des recherches récentes sur la régénération des nerfs, dit avoir constaté que dans chaque gaine ancienne, il peut se développer plusieurs tubes nouveaux. Pour lui, le filament axile se diviserait longitudinalement en plusieurs filaments secondaires dont chacun deviendrait le centre de formation d'une nouvelle fibre nerveuse. Le fait peut être vrai chez les Lapins, animaux qui ont servi aux observations de M. Remak; nous avons vu plusieurs fois chez ces mêmes animaux des apparences analogues à celles qui ont été décrites par cet histologiste; mais il nous est resté quelques doutes sur l'exactitude de son interprétation. Chez les Oiseaux, chez lesquels la dissociation des fibres nerveuses se fait trèsfacilement, on voit très-aisément que chaque gaine ancienne ne contient qu'une seule traînée de matière médullaire, d'un diamètre bien plus petit que le sien, et autour de laquelle elle flotte pour ainsi dire.
Il n'y aurait d'ailleurs que peu d'intérêt à nous arrêter davantage sur le mode de restauration du bout périphérique des nerfs qui ont subi une excision. Nous ne dirons qu'un seul mot encore : c'est que la restauration se fait de la même façon, qu'il s'agisse d'un nerf purement moteur,
d'un nerf purement sensitif ou d'un nerf mixte. M. SchiflF a noté qu'elle a lieu plus rapidement dans les nerfs sensitifs que dans les nerfs moteurs; mais nos propres expériences ne nous permettent pas d'admettre l'exactitude de cette proposition. Dans les nombreux faits d'excision d'une partie du nerf lingual ou du nerf hypoglosse que nous avons pu observer, nous n'avons pas pu constater une différence constante dans la rapidité de. la restauration. S'il existe une différence de ce genre, elle tiendrait probablement à ce que les fibres du uerf lingual sont, d'une façon générale, plus grêles que celles du nerf hypoglosse. Un nerf dont la restauration nous a paru relativement assez lente, sans que nous puissions en expliquer la cause, c'est le nerf pneumogastrique.
Quoi qu'il en soit, le fait important, c'est qu'il y a» dans tous ces cas, restauration des fibres et de toutes les fibres du bout périphérique, dans toute leur longueur. Ce bout de nerf reprend en même temps, peu à peu, sa coloration blanche naturelle, par suite de la réapparition de la matière médullaire dans les gaînes Schwanniennes.
Tels sont les faits que l'on observe, lorsqu'on a excisé une partie de la longueur du nerf et que les deux bouts n'ont pas pu se rapprocher. Supposons maintenant que les deux bouts soient restés en contact, parce qu'on s'est contenté de pratiquer une section transversale du nerf, nous serons témoins dans ce cas de phénomènes absolument identiques à ceux que j'ai décrits plus haut, et successivement, nous constaterons une dégénération envahissant le bout périphérique et une restauration complète de ce bout. Quelque contigus que soient les deux segments, il y a
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encore un intervalle, et cet intervalle sera comblé par une régénération de ûbres nerveuses nouvelles qui souderont l'un à l'autre ces deux segments : seulement tout se passera plus rapidement que dans le premier cas. Il en sera de même encore si, après une simple section ou une excision, on a rapproché Tune de Tautre les deux surfaces da section, et si on les maintient très-exactement en contact. S*il s'agit de très-jeunes animaux, comme nous avons pn le voir sur des Rais et des Chiens, en quatre semaines tout au plus après Topération, il pourra y avoir déjà une r^énération très-avancée du bout périphérique. 11 faut noter que, dans ces conditions, la restauration, comme je Tai déjà indiqué, commence bien avant que la dégénération ait atteint sa dernière période. Ainsi, les tubes nerveux contiennent encore de grosses granulations graisseuses que déjà, dans plusieurs d'entre eux, se montrent des traînées de matière médullaire nouvelle. La disparition de ces granulations se fait très-rapidement dès que la restau-» ration est en pleine voie d'évolution, et Pon peut n'en plus trouver aucune trace moins de deux mois après Topération.
Ce sont là les phénomènes les plus ordinaires dd la régénération des nerfs, lorsqu'il y a rapprochement des deux bouts d'un nerf. Mais on peut se demander si les ôboses se passent constamment ainsi, et si, dans le oss d'une adaptation réciproque parfaite des deux surfaces da section d'un nerf, il ne pourrait pas y avoir réunion, cicatrisation par première intention, et par conséquent maintien de l'état normal dans le bout périphérique. Quelques faits de régénération extrêmement rapide du bout périphérique ^ue nous avons observés obei des aoimaut «jpéréi
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dans les premiers jours de leur naissance, nous empochent de nier catégoriquement qu'il puisse en être ainsi. Mais nous pouvons dire que dans Timmense majorité des cas, il n'y a pas réunion immédiate, dans le sens rigoureux du root, et qu'il n*y a pas, par suite, suppression complète de la période d'atrophie des fibres nerveuses. Chez tes animaux, nous avons employé, comme moyen de rappro* cbement et d'adaptation des bouts nerveux, soit un fil de soie, soit un fil de chanvre, soit un fil métallique passé au travers des deux bouts, et nous n'avons pas vu qu'il y eût une différence appréciable dans les résultats, quel que fût le fil employé. Il est probable que» chez l'Homme, dans les cas où la réunion des deux segments d'un nerf serait nécessaire, il y aurait avantage à se servir d'un fil métallique.
Ainsi, lorsqu'il y a réunion des deux bouts d'un nerf, que ces deux bouts aient été séparés par une simple section, ou que le nerf ait subi une excision, il se fait une restauration complète du bout périphérique dont toutes les fibres ont subi d'abord une atrophie toute spéciale- Mais que deviennent les propriétés et les fonctions des fibres régénérées? Elles se rétablissent progressivement, en même temps que s'effectue la restauration dans toute la longueur du bout périphérique.
En ce qui concerne la fonction, dans le cas d'une excision d'un segment nerveux, elle ne pourra se rétablir que lorsque le but périphérique et le cordon de nouvelle formation unissant les deux bouts contiendront dçs fibres nerveuses complètes. Cependant M. Schiff assure que, chez 4eux Chiens qui avaient subi une excision du nerf sous-
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orbitaireetdu nerf lingual, la sensibilité des parties d'abord paralysées a reparu alors que le cordon d'union ne contenait encore que des gatnes nerveuses et des cylindres axiles, sans trace de matière médullaire. 11 ajoute que ce serait là la première preuve exacte, c'est-à-dire expérimentale, que le cylindre axile peut conduire la sensibilité, et par conséquent aussi, suivant toute vraisemblance, la motricité. Nous devons dire que si le fait signalé par M. Schiff ne peut pas recevoir d'autre interprétation que celle qu'il lui donne, ce fait est, en tout cas, bien exceptionnel, car nous avons été à même d'examiner plus de cinquante fois l'état anatomique du faisceau de nouvelle formation, allant d'un des bouts a l'autre d'un nerf, et nous n'avons jamais vu une seule fois la communication des irritations se faire d'un des bouts à l'autre, sans que ce faisceau ne contint déjà un bon nombre de tubes nerveux garnis de matière médullaire.
Lorsque les fonctions d'un nerf mixte redeviennent l)Ossibles, la sensibilité semble se rétablir avant la motricité; mais il n'y a là qu'une apparence, qui tient à ce que les fibres musculaires auxquelles se rendent les fibres nerveuses motrices, subissent quelques modifications et ne répondent d'abord que difficilement aux excitations qui leur sont transmises par ces fibres nerveuses, tandis que, les centres nerveux n'ayant subi aucune altération, dès que la neurilité des fibres sensitives est rétablie et peut être mise enjeu, il peut immédiatement se produire des manifestations de sensibilité. Il est des animaux chez lesquels Tinfluence des altérations de nutrition dues à la section des nerfs est si prononcée, qu'il semblerait que la motilité spontanée fût abolie pour toujours, dans la partie
qui reçoit les ramifications du nerf coupé. Ainsi, chez la Poule, après la section du nerf sciatique, les doigts se fléchissent, puis subissent peu à peu une sorte de contracture permanente qui les maintient dans cette situation, de telle sorte que c'est sur la face dorsale de ces doigts que rOiseau marche désormais, et qu'il ne peut plus les redresser, ni leur imprimer aucun mouvement. La cause de cette apparente abolition de la fonction motrice du nerf sciatique consiste en ce que les tendons se sont rétractés, et que les muscles se sont peut-être aussi raccourcis. En tout cas, ces muscles, bien que leurs faisceaux soient encore striés, ont uue teinte beaucoup plus pâle que celle des muscles homologues de Tautre membre. Lorsqu'on excite le nerf sciatique au-dessus du lieu de la réunion, on voit se produire quelques mouvements dans les doigts fléchis, mais ces mouvements sont très-faibles, et, comme je Tai dit, l'animal paratt ne pas pouvoir les provoquer par lui-même. C'est ainsi que s^explique l'abolition plus ou moins complète des fonctions du nerf.
Cruikshanket Fontana, à la fin du siècle dernier, avaient déjà constaté la réparation, par régénération, de pertes do substance qu'ils avaient fait subir au nerf pneumogastrique. Dans une de ses expériences, Gruikshank laissa un intervalle de trois semaines entre les excisions des deux nerfs pneumogastriques. L'animal survécut et on le sacrifia au bout de quarante jours. Haighton, quelque temps après, fit aussi des recherches sur le même sujet. Il coupa les deux nerfs pneumogastriques, le même jour, sur trois Chiens: ces animaux moururent l'un, huit heures après l'opération ; le second, au bout de deux jours, le dernier après trois jours. Sur un autre Chien, il coupa les deux
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nerfs, en laissant entre les deux opérations un intervalle de trois jours : la mort eut lieu quatre jours après la seconde opération. Dans une autre expérience, il y eut neuf jours d'intervalle ; Tanimal mourut treize jours après la seconde section. Enfin, dans une dernière expérience, Haighton ne fit la seconde section que six semaines après la première; ranimai survécut, et, pour prouver que la survie n'était pas due à des anastomoses qui avaient pu, malgré la section, maintenir une communication entre la partie centrale et la partie périphérique des nerfs, on coupa do nouveau les deux pneumogastriques, le même jour, au bout de dix-neuf mois. La mort eut lieu le second jour.
Descot institua des expériences semblables. Sur deux Chiens, il coupa les deux nerfs pneumogastriques le même jour : l'un des animaux mourut trente heures après Topération ; l'autre , au bout de soixante-dix heures. Dans une autre expérience, il coupa le second pneumogastrique neuf jours après le premier. La mort eut lieu dans la nuit du quatrième au cinquième jour après la seconde opération. Sur un autre Chien, Tinlervalle fut de vingt-un jours entre les deux opérations; l'animal mourut vingt-cinq jours après la seconde opération. Entin, dans une quatrième expérience, il y eut un intervalle de trente-deux jours, et la mort eut lieu un mois après la seconde opération.
Prévost a publié des résultats semblables à ceux qu'avait obtenus Haighton. Trois Chats avaient eu, le môme jour, à leur naissance, un des pneumogastriques coupé, et le sQCond pneumogastrique avait été coupé peu de jours après. Deux de ces animaux moururent quinze heures environ après la seconde opération (le troisième était mort beaucoup plu$ tôt, mais par accident). Sur deux autres Chats
très-jeuues, il coupa le second pneumogastrique quatre mois après le premier; les deux animaux survécurent Quinie jours plus tard, il recoupe oe même pneumogastrique sectionné en dernier lieu et il n'observe aucune gône des fonotions* Trente-six heures après» il coupe le premier pneumogastrique, au-dessus du point où avait été faite Tancienne section ; la mort eut lieu au bout de trente heures.
Nous avons vu des faits du même genre, c'est-à«dire une survie bien plus grande; dans les cas où les deux pneumogastriques étaient coupés à plusieurs mois d'ioter^ valle, mais cependant nous n'avons jamais vu Tanimal sur^* vivre au delà d^uu mois. Nos expériences ont été faites sur des Chiens, comme celles de Haighton. Quelle que soit la cause de la difiërence qui existe entre les résultats qu'il a fait connaître et ceux que nous avons obtenus, la prolon* galion de la survie, telle que nous l'avons observée, montre bien qu'il s'était fait» chez nos animaux, un commencement de retour des fonctions du premier pneumogastrique coupé.
Malgré les expériences de Haighton et celles qui les ont cenfirmées plus tard, on peut dire que bien des doutes existaient encore sur la possibilité du rétablissement des fonctions dans un bout nerveux périphérique réuni au bout central du même nerf, lorsque M. Flourens publia ses recherches. Il montra très-nettement que la communication des irritations se rétablit parfaitement dans toute la longueur des nerfs réunis et que la fonction reparaît dans ces nerfs.
Je vous ai dit qu'il fallait n'admettre que sous toutes rélerwslés réunions immédiatti des nerfs après leur section ^
je crois devoir vous recommander aussi d'être en défiance lorsqu'on vous parlera de restitution immédiate de fonctions. Nous avons examiné l'état des fonctions quelques jours après l'opération dans un nombre considérable d'expériences, et nous n'avons jamais observé cette restitution immédiate. Dans ces derniers temps, une communication très-intéressante faite à l'Institut par M. le professeur Laugier est venue remettre en question ce point de physiologie. Un malade est apporté à THôtel-Dieu avec une plaie considérable de l'avaiït-bras, à la réunion du tiers supérieur avec les deux tiers inférieurs; l'interne de garde fit le soir même la ligature des vaisseaux, et le lendemain, à la visite, M. Laugier eut l'idée de pratiquera suture du nerf médian qui avait été sectionné complètement. Dès le lendemain, on constata, dit-on, de la sensibilité dans les régions qu'anime le nerf médian et des mouvements d'opposition du pouce. Je ne me livrerai pas ici à la discussion complète de celte observation : ce n'est pas le lieu de le faire. D'ailleurs je n'ai pas vu le malade pendant les premiers jours qui ont suivi l'opération.
Seulement ce que je puis dire, c'est que j'ai examiné le malade avant-hier (il y avait deux semaines que l'opération avait été faite), que je l'ai examiné encore ce matin, et il est absolument certain qu'il n'y avait, lors de ces deux examens, aucune trace de sensibilité à la face palmaire des doigts auxquels se rendent les branches du nerf médian.
J'ajoute que, lorsque l'on veut constater la sensibilité de la face palmaire des doigts, dont les nerfs sont fournis par le nerf médian, il faut être bien attentif. Le moindre ébranlement, produit à la face palmaire des doigts, peut
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retentir en effet sur la face dorsale, et exciter les filets nerveux collatéraux-dorsaux qui proviennent du nerf radial. Quant aux mouvements du pouce qu'exécute le malade, ils peuvent bien être sous la dépendance du nerf cubital. Ou sait en effet que le nerf cubital fournit des rameaux au muscle adducteur du pouce et à la portion interne du court fléchisseur de ce doigt. Or ces muscles, d'après les travaux de M. Duchenne (de Boulogne), peuvent faire exécuter au pouce des mouvements trèsétendus d'opposition (opposition aux premières phalanges des autres doigts).
On avait déjà observé quelques exemples analogues à celui que M. Laugier a fait connaître : Tun a été vu par M. Nélaton, d'autres ont été publiés par M. Paget: et, chose remarquable, et dont vous devez apprécier toute la portée d'après ce que je viens de vous dire, c'est toujours le nerf médian qui est l'objet de semblables restitutions immédiates.
En résumé : pour ne parler que des faits ordinaires et certains, après la section d'un nerf, on a constaté que, lorsqu'il y a réunion, le bout périphérique qui a commencé à s'altérer dans toute sa longueur se régénère, devient le siège d'une restauration étendue et récupère ses propriétés et ses fonctions.
Si tels sont les phénomènes consécutifs à la réunion des deux bouts d'un nerf, que sepasse-l-il lorsque la réunion n'a pas eu lieu ? Cet isolement permanent du bout périphérique peut être observé dans deux conditions. Ou bien l'expérimentateur a fait sur le nerf une brèche trop consi-
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dér&ble» de sept à huit ceûtimètres, par exemple; ou bien même il a détruit, après la section, toute la partie centrale du nerf, en arrachant toute cette partie lorsque cette avulsion est possible. Il y a peu de temps encore, on admettait que le bout périphérique, restant alors isolé, et ne pouvant plus recevoir la moindre influencé nutritive des centres nerveux, demeurait altéré.
M. Schiff, qui a fait de nombreuses expériences sur la régénération des nerfs, disait n'avoir jamais vu une régénération des tubes dans la partie périphérique des 'nerfe, s'il n'y avait pas réunion préalable avec la partie centrale.
MM. Gluge et Thiernesse ont bien parlé de Texcitabilité des nerfs moteurs séparés des centres nerveux ; mais, au lieu de conclure en admettant une régénération de ces nerfs, ils s^expriment ainsi : « Les nerfs isolés de leurs centres nerveux conservent encore pendant quatre mois la faculté de produire de fortes contractions musculaires ; les faibles persistent jusqu'à quatre mois et demi, contrairement à r opinion reçue » . Ces physiologistes n'ont donc pas mèoie songé à la possibilité d'une réapparition de la motricité dans les nerfs séparés des centres nerveux.
Or, il est maintenant prouvé que des nerfs, isolés définitivement des centres nerveux, peuvent, apr^ avoir subi la dégénérescence atrophique, se régénérer plus ou moins complètement. Les expériences que nous avons faites, M. Philipeaux et moi, ne peuvent laisser aucun doute à cet égard.
On peut faire l'expérience sur les nerfs purement moteurs, comme l'hypoglosse ou le facial, sur des nerfs purement sensitifs, comme le lingual ; ou même sur un nerf mixte, comme le nerf sciatique. Soit par l'avulsion du bout central, soit par l'excision d'un segment trèfr-étendu,
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OD abolit d'une façon définitive toute communication entre le bout périphérique et les centres nerveux ; et cependant, après un certain temps, on observe une régénération du bout périphérique, régénération qui ramène souvent à Tétat normal la plupart des tubes nerveux de ce bout, et quelquefois tous ces lubes. Cette restauration se produit en offrant les diverses phases que je vous al indiquées plus haut, seulement avec plus de lenteur. Il faut, suivant Tàge de l'animal, attendre trois, quatre, cinq, six, ou même dix à douze mois, pour voir des fibres nerveuses restaurées ; mais la restauration a toujours lieu, tantôt partiellement, tantôt au contraire si complètement, surtout chez les jeunes animaux, que le bout nerveux ainsi régénéré reprend sa coloration blanche normale.
Nous devons conclure de ce fait que l'influence nutritive des centres nerveux n'a pas, relativement au maintien de la structure des fibres nerveuses, le caractère d'absolue nécessité qu'on lui avait attribué. Les fibres nerveuses possèdent le pouvoir de se régénérer par elles-mêmes d'une façon indépendante. Nous avons donné à celte régénération le nom de régénération autogénique.
Nous avons voulu pousser encore plus loin la démonstration. Nous avons enlevé, chez des Chiens, des tronçons de deux ou trois centimètres du nerf lingual ou du nerf hypoglosse, et nous les avons transplantés sous la peau de Vaine de ces animaux. Ils s'y sont greffés. Ils ont parcouru toutes les phases de Tatrophie, puis il y a eu régénération partielle.
Non -seulement la structure normale se rétablit dans les segments périphériques des nerfs, séparés définitivement
des centres nerveux, mais, en même temps, ces segments recouvrent leurs propriétés.
Voici un Chien âgé de sept à huit mois, sur lequel on a pratiqué, il y a quatre mois, l'avulsion de toute la partie centrale du nerf hypoglosse. Aujourd'hui nous mettons à nu ce segment périphérique qui a récupéré sa structure, après l'avoir perdue: or, si nous faisons subir à ce nerf une excitation mécanique, ou si nous le galvanisons, vous observez des contractions dans la moitié correspondante de la langue.
Si les fibres nerveuses, dans les cas de ce genre, recouvrent leurs propriétés physiologiques et leur aptitude motrice, je ne crois pas avoir besoin de vous dire que la fonction qu'elles remplissaient avant l'opération deaieure abolie. Pour que la fonction pût se rétablir, il faudrait évidemment que la communication avec les centres nerveux fût redevenue possible, et l'expérience a été pratiquée justement de façon à rendre la séparation définitive.
Nous ne pourrions pas prouver, aussi nettement, que la propriété des fibres sensitives se rétablit dans le bout périphérique d'un nerf sensitif isolé du centre nerveux et ayant subi une restauration autogénique, car les excitations de ce bout ne peuvent plus donner lieu à aucune douleur ni à aucun mouvement réûexe; mais l'analogie est si évidente qu'on doit admettre forcément la restitution de la propriété physiologique des fibres sensitives ainsi isolées. J'irai même plus loin : je suis convaincu qu'un tronçon de nerf transplanté, et régénéré d'une façon plus ou moins étendue, doit aussi récupérer ses propriétés physiologiques, sa neurilité.
BÉGÉNËRATION DES NERFS. 278
Le rétablissemeDt de la propriété des fibres nerveuses restaurées dans un nerf tout à fait séparé des centres nerveux nous fournit la démonstration la plus complète, la plus irréfutable de Findépendance de cette propriété. Nous avons vu déjà qu'à priori, la théorie qui fait dériver des centres nerveux, à titre d'emprunt, la propriété physiologique des fibres nerveuses est inadmissible. M. Brown- Séquard a donné, depuis longtemps, une preuve expérimentale en faveur de Tindépendance de cette propriété, en faisant voir que l'on peut, dans un membre séparé du corps, et après que la motricité des nerfs est éteinte, la faire renaître par des injections de sang oxygéné dans le système artériel de ce membre : mais on pourrait peut-être objecter que la motricité n'était pas, dans ce cas, complètement abolie ; qu'elle n'était qu'impuissante à cause de Tabolition de l'irritabilité des muscles animés par les nerfs, et qu'elle a paru se rétablir, lorsque les muscles, devenus irritables de nouveau, ont pu répondre aux provocations de ces nerfs. Nos expériences me paraissent échapper à toute objection. Il est clair que la propriété des fibres nerveuses est tout à fait détruite lorsque ces fibres sont atrophiées, et il est évident que la réapparition de celte propriété ne peut être rattachée à aucune influence des centres nerveux, puisque le nerf n'a plus aucune communication avec ces centres.
Nous sommes ainsi conduits à conclure, de la façon la plus rigoureuse possible, que a neurilité est bien l'attribut physiologique distinct, indépendant, des fibres nerveuses, et que l'existence de cette propriété n'est liée essentiellement qu'à l'intégrité de la structure et de la nutrition de ces éléments anatomiques.
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