‹ Leçons sur la physiologie générale et comparée du systéme nerveuxChapitre 37 sur 49 · SYSTÈME DU GRAND SYMPATHIQUE. 7S · texte numérisé non relu

SYSTÈME DU GRAND SYMPATHIQUE. 7S

Séquard s'attacha à montrer que la plupart de ces phénomènes étaient des conséquences de la paralysie des Qbre^ musculaires des parois des vaisseaux. M, Cl. Bernard, M. Waller, M. Schiff, arrivaient quelques mois plus tar4, par des expériences semblables, et sans connattrela publication faite en Amérique parM. Brown-Séquard,41amémp manière de voir. Je tiens à vous faire observer que cette expérience prouve bien la contractilité dans les vaisseaux d'un moyen calibre. Mais elle n'implique pas du tout que les parois des vaisseaux capillaires véritables soient contractiles, comme on le dit si souvent. Les vaisseaux capillaires ne sont pas contractiles, sachez-le bien. Et si quelques doutes existent encore relativement ^ ce fait physiologique, c'est à cause des fausses idées que certains 'histologistes ont émises sur la classification des vaisseaux. On admet encore aujourd'hui des vaisseaux capillaires de plusieurs ordres, de trois ordres. Eh bien, à parler strictement, physiologiquement, il n'y a qu'un seul ordre de capillaires, ou bien il faudrait rayer ce mot de la science. Les vrais, les seuls capillaires, ce sont ces vaisseaux dont la paroi est constituée par une membrane anhiste, qui çont les intermédiaires entre les dernières artérioles et les premières veinules (1). Ce sont ces vaisseaux qui seuls ont

(4 ). Dans ces dernières années on a décrit des anastomoses directes entre les artères de petit calibre et les veinules, anastomoses qui permettraient au sang de passer directement des artères dans les Yeines, sans parcourir la voie des capillaires. On a même fondé des considérations physiologiques d*uoe certaine importance sur cette donnée. Mais le &it est-il aussi bien établi qu*on le dit ? Est-il au moins aussi constant? J>i voulu Toir si des communications de ce genre existent chez le Chien, dans le système vasculaire des quembres postérieurs. Une canule étant fixée dans l'artère fémorale d'un membre détaché du troQC, j'ai iojecté vers le

pleinement droit à former une catégorie spéciale. Ce sont eux, en effet, qui ont exclusivement des fondions spéciales. C'est là seulement que s'exécutent les échanges respiratoires, excitateurs et nutritifs. Or ces canalicules sont dénués de toute contractililé, et lorsqu'on vous parle de contraction des capillaires, on commet un abus bien regrettable de langage. En résumé, les artères et les artérioles, les veines et veinules sont contractiles à des degrés divers: les capillaires ne le sont pas.

Le grand sympathique a , chez les autres Vertébrés, la même action sur les vaisseaux que celle que vous venez de constater chez les Mammifères. Voyez ces Grenouilles auxquelles j'ai enlevé, par avulsion, le ganglion cervical d'un côté. Vous pouvez reconnaître qu'il y a, outre la conslriction de la pupille du côté correspondant, dilatation des vaisseaux de l'œil et rougeur très-marquée de la membrane muqueuse de toute la moitié correspondante de la cavité

pied de Teau tenant en suspension de la poudre de iyqppode. Après plusieurs iojcctîoDs assez copieuses, j'ai examiné Teau sanguinolente qui se trouvait dans la veine crurale : elle ne contenait pas une seule spore de lycopode. J*ai&it plusieurs fois cette expérience, et elle m*a toujours donné le même résultat. Elle permet de conclure que chez le Chien, ou bien il n'y a pas entre les artères et les veines d'autre communication que celle qui est fournie par les capillaires, ou bien cette communication n*a lieu qu'entre des vaisseaux d'un diamètre inférieur à celui des spores de lycopode (3 centièmes de millimètre, en moyenne).

J'ai fait aussi deux essais semblables sur les membres supérieurs de l'Homme. L'injection d'eau tenant en suspension de la poudre de lycopode était injectée par l'artère radiale, à la partie supérieure de l'avant- bras. Le résultat a été le même : c'est-à-dire que j'ai cherché, après l'injeclioa, des spores de lycopode, dans les diverses veines de l'avant -braSy sans en trouver une seule. J'ai à peine besoin de dire que toutes les artères «^i artérioles en contenaient des quantités considérables.

buccale. Je suis même convaincu qu'en se plaçant dans certaines conditions, et en employant un moyen thermométrique très-sensible, on trouverait une l^ère élévation de température du côté opéré.

Je ne puis que vous donner un sommaire très-restreint de l'étude qu'il faudrait faire relativement au grand sympathique. Je me borne à vous dire en courant, en quelque sorte, qu'il a une grande action sur la nutrition et sur les sécrétions, non pas d'une façon directe, mais bien en réglant le cours du sang, en agissant sur les canaux qui le contiennent. Il a aussi, et de la même façon, une très-grande influence sur la respiration et la chaleur animale.

Je m'arrête, faute de temps, dans cette trop insuffisante énumération, pour vous présenter quelques considérations sur le système nerveux des principaux groupes du Règne animal.

Système nerveux dem Zoophjtca.

Examinons d'abord les Invertébrés ; tout d'abord nous nous trouvons en présence des Protozoaires et des Zoo-» phytes.

Pour les Rhizopodes, qui forment la classe la plus inférieure, nous avons vu qu'ils ne présentent aucun indice de système nerveux, bien qu'ils aient un certain degré de mouvement spontané et une excitabilité non équivoque. Ont-ils de l'instinct? Quelques auteurs, M. Carpenter entre autres, ne leur en accordent pas, et les assimilent sous ce rapport aux plantes douées d'excitabilité. Ou voit des expansions qui se forment, s'accroissent, s'allongent, se raccourcissent, disparaissent, se montrent de nouveau. Mais tous ces mouvements sont éventuels, aveugles, sans adaptation manifeste à un but, sans apparence d'intention vo-^*

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lontaire. Ces expansions adhèrent à un objet placé à leur portée, puis, à la suite d'une sorte d'excitation produite par ce contact, elles se rétractent petit à petit. Si l'objet est plus lourd que le corps de l'animal, ce dernier est transporté, d'où il y a locomotion. Si au contraire l'objet est moins lourd que l'animal, l'objet est attiré. 11 n'y a dans ces actes rien de volontaire. Pour la digestion, il en est de même: la préhension des aliments parait n'être dirigée par aucun instinct, et je ne saurais tous citer, à l'appui de cette proposition, de meilleur exemple que lePamp/m- §us. Ce Protozoaire fait pénétrer dans son corps tout objet qui se trouve à sa portée, et rejette ce qui est impropre à sa nutrition. 11 en est aussi de même pour la reproduction. Elle s'effectue par la séparation de petites par. cblles du corps même de l'animal ; mais cette séparation est pour ainsi dire accidentelle , ne parait soumise i aucune loi préfixe, et a lieu vraisemblablement sans inler- Tention d'un instinct particulier. Aussi, en examinant ces fonctions, on peut réellement être conduit, avec M. Carpenter, à refuser à ces animaux l'instinct ; par conséquent l'absence de tout système nerveux chez eux M'aurait rien que de très-compréhensible.

Les Infusoires proprement dits, lesquels sotit rangés parmi les Protozoaires, paraissent avoir de l'instinct, et cependant il n'y a pas non plus chez eux de système nerveux nettement reconnaissable. Des auteurs , s'appuyant sur l'absence de système nerveux , veulent refuser à ces animaux de l'instinct. Je crois que c'est aller beaucoup trop loin. On peut ne pas trouver un système nerveux ayant une forme spéciale ; mais il peut fort bien y exister dfe la

matière nerveuse amorphe, diffuse, ainsi que je vous Tai déjà dit. Dans toute la classe des Polypiers, nous trouvons la même difficulté pour V instinct. Dans la classe des Hydraires, dont le type le plus connu est l'Hydre ou Polype d'eau douce, il n'y a pas davantage de système nerveux. De même chez les Zoanthaires. Chez les Actinies , par exemple, les recherches de M. Hollard ont démontré que lorsqu'on excite un tentacule, l'animal le retire, mais ce n'est que successivement que les autres tentacules ressentent l'impression et l'accusent par un mouvement de retrait. Il ne parait pas y avoir de.centre nerveux commun pour les divers tentacules ; autrement, à l'occasion d'une excitation un peu forte d'un des tentacules, tous les tentacules exécuteraient simultanément un mouvement plus ou moins accusé. J'en dirai autant des Madrépores, des Antipathes, des Gorgonaires, des Corallidés. Il y a, chez ces animaux qui se construisent des loges, des manifestations que Ton pourrait qualifier d'instinctives ; et cependant, comme dans les Polypes d'eau douce, il n'y a pas de rudiments reconnaissables de système nerveux.

C'est chez les animaux de la classe des Acalèphes, que l'on trouve les premiers linéaments du système nerveux. Je crois que quelques anatomistes ont admis trop facilement comme appartenant à un pareil système tel ou tel filament, tel ou tel glomérule gangliforme; les indications de Grant, par exemple, me paraissent erronées en grande partie: mais il y a quelques faits qui me paraissent bien établis.

M. Milne Edwards a décrit le premier, dans une sorte de Béroé {Lesueuria vitrea) un petit corps d'aspect gan-

glionoaire, situé au-dessous du point oculiforme, et donnant naissance à un grand nombre de filaments. De plus, dans chacune des côtes de cet Acalèphe, on trouve un filament nerveux longitudinal d'où naîtraient, à des intervalles réguliers, des faisceaux de ramuscules. Il y aurait même peut-être un petit renflement gangliforme à l'origine des branches correspondant aux crêtes. M. Milne Edwards a décrit aussi un appareil à peu près semblable chez une autre espèce de Béroé [BeroeForskalii). L'existence d'un système nerveux analogue a été constatée sur d'autres genres {Cydippe^ Eucharis, Medea)^ par Will {Horœ TergesUnœ).

Chez les Méduses, Ebrenberg a décrit un ganglion à la base de chaque tentacule, au niveau de ces organes qu'il avait désignés comme des oi^anes visuels, à cause du pigment qu'ils présentent souvent. Quelques auteurs, au contraire, comme Will, ont voulu y voir un appareil auditif parce que ces organes contiennent des corpuscules calcaires de forme cristalline comparablesà Totoconie, cette poussière blanchâtre que Ton trouve dans Toreille interne des Mammifères. Daprès M. Agassiz, qui a fait des recherches microscopiques sur ce sujet, le système nerveux des Méduses consiste en un cordon simple ou rang de cellules ovalaires formant un anneau autour du bord inférieur de ranimai et s'étendant d'une tache oculaire à l'autre. Ce cordon suit le canal chymifère circulaire, et donne naissance à des filaments qui s'accolent à la face interne de chaque branche verticale de ce canal ; ces filaments forment en haut de ces branches un autre cercle, comme on le voit sur la Sarsia mirabilis. Ce système est formé par une substance entièrement cellulaire dont Télément est une cellule ovî*

forme; on y chercherait en vain des fibres véritables. Cependant, d'après M. Agassiz, chez YBippocrene superciliarisy le cercle supérieur et les filaments qui en partent seraient constitués par des éléments filamenteux et dififéreraient par conséquent de ce qui existe chez la Sarsia. Mais la disposition de ce cercle et de ses filaments ressemble tant à ce qui existe chez la Sarsia, que M. Agassiz pense qu'on ne peut guère douter de la nature nerveuse de ces parties.

Aucune expérience n'a été tentée sur ces animaux pour étudier les fonctions de leur système nerveux. Il est évident qu'ils sont excitables et qu'ils se meuvent ; il est probable qu'ils ont de l'instinct, mais où en chercher la preuve? M. Agassiz ne mentionne qu'un seul fait expérimental; il a constaté que l'on pouvait engourdir ces animaux avec l'éther et avec le chloroforme. Mais vous savez déjà combien de telles expériences sont peu significatives. Vous savez que l'on peut obtenir le même effet sur la sensitive.

Chez les Êchinodermes, qui présentent déjà un degré supérieur d'organisation, dont la peau est revêtue parfois d'appendices calcaires, dont la bouche est également armée de mandibules dures, on a décrit un système nerveux.

Tiedemann a, le premier, décrit chez l' Astérie un système nerveux concentrique à la bouche. De cet anneau nerveux partent des filets extérieurs qui se rendent à chaque rayon et d'autres filets intérieurs qui se dirigent vers la bouche. On possède au musée d'anatomie d'Heidelberg la préparation de Tiedemann, qui montre cette disposition.

Une disposition analogue a été décrite par Krohn

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