DE L EDITION DE IOI
Ijelui qui le premier fit connaître avec exactitude à l'Europe les antiquités de l'Inde et sa langue sacrée, qui posséda le mieux et en plus grand nombre les idiomes anciens et modernes de l'Orient , l'illustre fondateur de la Société asiatique de Calcutta , M. William Jones , avait écrit ces mots sur le dernier feuillet d'une Bible trouvée dans sa bibliothèque et conservée dans sa famille :
« J'ai lu avec beaucoup d'attention les saintes Ecri- » tures, et je pense que ce volume (indépendamment » de sa céleste origine ) contient plus d'éloquence , plus » de vérités historiques , plus de morale , plus de ri- » chesses poétiques , en un mot , plus de beautés de » tous les genres , qu'on n'en pourrait recueillir de tous » les autres livres ensemble , dans quelque siècle et dans » quelque langue qu'ils aient été composés. (1) »
Eloge magnifique sans doute, qui n'aura pourtant rien d'excessif pour ceux qui ont fait une étude sérieuse de nos livres saints , et qui ont cherché à en pénétrer toute l'excellence
Mais entre les diverses compositions qui forment ce précieux recueil , les monumens que nous ont laissés les poètes sacrés offrent des traits si remarquables , et brillent d'un éclat si éblouissant, que la plupart des écrivains qui , par devoir , par occasion ou par goût , se sont occupés des divines Ecritures , n'ont pu s'em-
(1) Mercure de France , du 23 septembre 1809. Extrait des Mémoires de VV. Joncs, publiés par lord Tcigninouth.