X PREFACE
pécher de distinguer cette poésie sublime , ni se défendre d'un sentiment d'admiration qu'ils ont cherché à faire passer dans l'ame de leurs lecteurs. C'est ainsi que nous voyons notre grand Bossuet (1) , M. l'abbé Fleury (2) , D. Calmet (3) , M. Rollin (4) et tant d'autres , présenter dans des ouvrages dont l'objet était tout différent , quelques aperçus sur la Poésie sacrée des Hébreux ; mais ils ne se sont arrêtés que quelques instans à ce beau sujet ; ils n'ont fait qu'effleurer en passant une matière si intéressante. La gloire de l'embrasser dans toute son étendue , de l'approfondir , de l'épuiser en quelque sorte , était réservée à M. Lowth.
Ce savant apporta à cette noble entreprise tous les talens et toutes les lumières qui étaient nécessaires pour en assurer le succès. Nous ne craignons pas d'être démentis ni accusés d'exagération , lorsque nous avancerons que son livre fournit à tous ceux qui le lisent , une preuve éclatante qu'à une parfaite connaissance des langues anciennes , et particulièrement de l'hébreu ,gà l'érudition la plus vaste , à des principes littéraires puisés dans les sources les plus pures, dans les écrits
(1) Préface de son Comment, sur les Psaumes et le Cantique des cantiques.
(2) Discours sur la Poésie des Hébreux.
(3) Dans plusieurs Dissert, insérées dans son Comment, sur la Bible.
(4) 1." vol. du Traité des Études. En 1778 , plusieurs années après la publication du livre de M. Lowth , l'Académie de Rouen proposa , pour sujet d'un concours , la question suivante : Quelles sont , outre l'inspiration , les caractères qui assurent aux Livres saints la supériorité sur les livres profanes? Le prix fut accordé à M. Ancillon, pasteur de l'église française de Berlin. Son discours fut imprimé dans celle dernière ville , en 1782 ( m-8.° de 173 pag. ) ; il offre quelques aperçus intéressans sur les écrivains hébreux. M. Herder a aussi mis au jour un Traité sur la Poésie des Hébreux ; ce Traité est peu connu en France ; on assure qu'il est classique en Allemagne.