DÉFINITION DE LA SYPHILIS
La définition est un peu longue, mais elle embrasse toutes les phases de la maladie.
Ces phases sont au nombre de quatre : (1)
1° Période d'incubation ;
2° Période des accidents primitifs (chancre et adénite) ;
3° Période des accidents secondaires (syphilides des muqueuses et de la peau, plaques muqueuses, roséole, papules, pustules, etc.). Cette période peut être très-longue et durer deux, trois, quatre ou cinq ans et davantage;
4° Période des accidents tertiaires (syphilides tubereulo-ulcéreuses, périostite, ostéite, gommes,, etc.). La durée de cette période est illimitée.
Telle est la définition de la syphilis et telles sont les diverses périodes dont nous aurons à vous présenter le développement dans ces leçons.
Les premiers termes de la définition vont nous servir à rechercher quelle est la place de la vérole dans la nosologie.
Des virus et des maladies virulentes. — C'est, avonsnous dit, « une maladie virulente, contagieuse, inoculable »; par conséquent, sa place est marquée à côté des autres maladies virulentes et contagieuses, telles que la variole, la morve, lefarcin, le charbon, la vaccine, la clavelée, etc.
(1) Gctle distinction de la syphilis en'périodes est, jusqu'à un certain point, artificielle, car les os et les viscères peuvent être atteints dès les premiers mois de l'infection, comme nous le verrons plus loin. Mais elle repond à la généralité des faits et elle est excellente au point de vue de la description dogmatique de la syphilis.
Le caractère essentiel des maladies \irulenles, c'est qu'elles sont contagieuses et inoculables, c'est-à-dire qu'une particule du liquide d'une pustule ou de tout autre accident contenant un liquide, inoculée par une piqûre du derme, reproduit une maladie identique à celle qui a servi à l'inoculation, maladie qui débute et évolue absolument de la même façon.
Ainsi la pustule de variole inoculée détermine une variole avec ses diverses phases d'incubation, de début, d'éruption, de suppuration. De même la morve inoculée se manifeste chez le cheval par le chancre morveux et la généralisalion des nodules morveux. De même, aussi, si l'on inocule le liquide séreux du chancre infectant, on voit apparaître au lieu de l'inoculation, après une période d'incubation assez longue, un chancre infectant suivi bientôt des accidents secondaires.
Il faut bien distinguer les maladies virulentes des mala • dies infectieuses qui se transmettent à dislance par l'intermédiaire de milieux ambiants, par l'air et l'eau surtout, et qui ne sont pas inoculables (choléra, typhus, etc.).
Les maladies virulentes se distinguent aussi des poisons et des venins parce que les poisons et venins introduits dans l'économie s'éliminent en un temps variable suivant chacun d'eux s'ils ne déterminent pas la mort. Le poison ou le venin n'est pas contagieux de l'individu malade à un autre individu sain, ni inoculable. Il ne se transmet pas non plus par hérédité, tandis que les virus qui ne s'éliminent que très-lentement et incomplètement sont transmissibles par hérédité dans certaines conditions déterminées.
Nous venons de définir les maladies virulentes et de les différencier des maladies infectieuses et des poisons : pénétrant plus avant dans le problème, nous devons nous