‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 11 sur 149 · DES VIRUS ET DES MALADIES VIRULENTES · texte numérisé non relu

DES VIRUS ET DES MALADIES VIRULENTES

demander quelle est la cause des maladies virulentes, en quoi consiste la virulence des liquides inoculables ou virus*;

Qu'est-ce que sont les virus et en particulier ce liquide séreux, transparent, incolore dunt une gouttelette suffit pour infecter toute l'économie après avoir déterminé un chancre au lieu d'inoculation, une pléiade ganglionnaire et tout le cortège des accidents syphilitiques consécutifs.

Je vous ferai grâce, Messieurs, des diverses hypothèses déjà bien vieillies données parles écoles vilalisles, pour ne vous entretenir que des explications qui tiennent compte des modifications matérielles des liquides et des tissus.

Nous trouvons d'abord l'hypothèse de M. Ch. Robin que les tissus et le sang ou plutôt la matière azotée des tissus, sont modifiés d'une façon spéciale de proche en proche par le contact du liquide' virulent d'où il résulte une infection générale de toute l'économie. Ce n'est là, Messieurs, qu'une hypothèse, car rien ne prouve qu'il en soit ainsi et on ne sait pas en quoi consiste celle modification des tissus.

Plus lard M. Chauveau, dans des expériences instituées sur le virus du vaccin, a constaté que dans le virus, la partie liquide n'est pas susceptible d'être inoculée et que les particules solides, c'est-à-dire de très fines granulations contenues dans le liquide, sont seules capables de reproduire la vaccine lorsqu'on les inocule sur un individu sain.

La question a fait un pas décisif depuis que M. Pasteur, reprenant avec des expériences nouvelles les anciennes conceptions du parasitisme, a montré pour une série de maladies infectieuses et virulentes le rôle des ferments et des vibrions. Pour l'infection purulente, pour l'infection septique, pour le charbon, M. Pasteur est arrivé par plusieurs cultures et plusieurs inoculations successives à dé

terminer l'espèce de microbes qui introduite dans l'économie est la cause des accidents observés.

En nous basant sur l'analogie, nous pourrions dire que la syphilis est due à la reproduction et à la multiplication dans l'économie de parasites du même ordre que la bactéridie du charbon ou que le microbe de l'infection septique? Assurément rien ne serait plus séduisant que cette théorie, mais il n'y a rien de prouvé jusqu'ici à l'égard de la syphilis envisagée comme affection parasitaire. Je dois vous montrer aussi quelles seraient les difficultés de la recherche d'un parasite spécial à la syphilis.

Lorsqu'un expérimentateur, par exemple, a pris le sang d'un animal atteint du charbon en s'enlourant de toutes les précautions minutieuses recommandées par M. Pasteur, et qu'il a placé une goutte de ce sang dans un milieu convenable à la culture de la bactéridie, lorsqu'il voit une foule de bactéridies se reproduire dans le liquide de culture, il peut cultiver de nouveau ces bactéridies, et, inoculant une gouttelette du liquide qui les contient, reproduire le charbon sur un autre animal. Il y a là deux séries d'expériences qui se complètent l'une par l'autre : dans la première série on isole et on cultive le parasite; dans la seconde on s'assure que ce parasite isolé et reproduit après plusieurs cultures successives est apte à transmettre le charbon.

Pourrions-nous, Messieurs, reproduire ces deux séries d'expériences avec le virus syphilitique? Non, car à supposer qu'il y ait un parasite spécial dans ce virus, et que ce parasite soit isolé, nous ne pourrions pas faire la preuve qu'il donne la syphilis. Nous ne connaissons pas en effet jusqu'ici d'espèce animale qui puisse être inoculée avec succès et présenter les manifestations de la syphilis. Pour

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