DES VIRUS ET DES MAI. VU1ES VIRULENTES
ce qui est d'inoculer la syphilis à l'homme, nous ne conseillerons jamais une telle pratique. Si l'inoculation du chancre mou a réussi, suivant Auzias-Turenne, sur les singes, le chancre infectant n'a rien donné et ce que nous savons jusqu'ici sur la domine du cheval, sur les écoulements et sur les ulcères vénériens des chiens n'est pas suffisamment probant pour qu'on puisse considérer ces ; animaux, dans l'état actuel de la science, comme ayant une maladie analogue à la vérole.
Vous le voyez, Messieurs, nous ne pouvons vous présenter au sujet du virus syphilitique que des hypothèses ; mais celle qui explique le mieux les faits, qui concorde le mieux, par analogie, avec les faits connus des maladies voisines de la syphilis, c'est assurément L'hypothèse du parasitisme.
Une autre maladie générale à évolution lente, aboutissant à des productions nodulajres analogues aux gommes, se rapproche beaucoup de la syphilis : c'est la tuberculose qui est, comme l'a montré M. Villemin, susceptible d'être inoculée et reproduite dans plusieurs espèces animales.
La morve équine, avec son chancre initial, avec ses manifestations multiples et ses nodules spéciaux doit être aussi rapprochée de la syphilis.
C'est avec ces deux maladies générales qu'on peut le mieux comparer la syphilis ; mais s'il y a entre elles des similitudes, il y a aussi de grandes différences.
Les tubercules et les gommes syphilitiques ont beaucoup d'analogies de structure; les petites cellules, le tissu embryonnaire qui les composent, la dégénérescence granulograisseuse et caséeuse qu'on observe à leur centre, font qu'en examinant comparativement au microscope une partie
d'une section mince d'une gomme et d'un tubercule, on peut hésiter à se prononcer. Nous reviendrons sur les caractères comparés des gommes el des tubercules quand nous étudierons la période tertiaire de la syphilis. Mais, je dois vous dire dès aujourd'hui que si les gommes et les tubercules se rapprochent beaucoup histologiquement, ou ne peut pas faire à l'œil nu celte confusion. Cela me paraît du moins bien difficile. En effet, tandis que les tubercules siègent presque constamment dans les poumons, dans les grandes cavités séreuses ou à la surface des muqueuses (intestinale, génilo-urinaire, etc.), les gommes au contraire siègent presque toujours dans le tissu conjonciif sous-cutané et sous-muqueux, dans le testicule, dans le foie, dans les os, la dure-mère, etc.; de plus les gommes sont des tumeurs généralement plus grosses que les tubercules el elles sont toujours entourées de tissu fibreux très-dense.
Pour ce qui est de la morve, ses productions morbides se montrent surtout dans les fosses nasales, les muscles, les voies aériennes, etc., sous forme d'abcès miliaires d'infection purulente subaiguë ou chronique.
Par ce qui précède, vous avez pu voir que nos connaissances sont loin d'être avancées en ce qui touche les virus ; le virus syphilitique est encore moins connu que ceux du charbon, de la morve, etc., qui peuvent être inoculés à des espèces animales, et par conséquent servir à une expérimentation méthodique.
Contagion et inoculation de la syphilis. — Si nous ne savons pas grand'chose sur le virus syphilitique, considéré en lui-même, si même on a pu le nier, nous sommes tout au moins en état d'étudier ses effets lorsqu'il y a eu par lui contagion ou inoculation sur un individu vierge de syphilis.