‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 130 sur 149 · ABSORPTION ET ÉLIMINATION DU MERCURE · texte numérisé non relu

ABSORPTION ET ÉLIMINATION DU MERCURE

tertiaires, les gommes en particulier, comme des traces d'inflammations chroniques comparables à une infection purulente et il leur dénie toute spécificité. Pour lui, la syphilis ne doit, pas plus qu'une fièvre éruptive, être troublée dans sa marche, et il se borne à donner des toniques pour soutenir les forces des malades.

Si les antimercurialistes purs ont presque totalement disparu, beaucoup de syphiliographes, MM. Diday, Lancereaux, Jullien, etc., éclairés par la marche normale de la syphilis, sont loin de donner le mercure dans tous les cas et ils peuvent être classés dans les mercurialistes modérés, en comparaison de M. A. Fournier qui donne le mercure dans tous les cas et qui le continue longtemps, alors que tout accident a disparu. Nous reviendrons bientôt sur la pratique de nos savants confrères en exposant le mode d'administration du médicament.

Étudions d'abord le mode d'action physiologique et thérapeutique du mercure.

Absorption et élimination. — Les voies d'entrée les plus habituelles du mercure sont la peau, les voies respiratoires, le tube digestif, le tissu cellulaire sous- cutané, suivant qu'on emploie les frictions avec la pommade mercurielle, les bains de sublimé, les fumigations, les préparations solubles comme la liqueur de Van Swieten ou les pilules au protoiodure, au biiodure, etc., ouïes injections sous-cutanées.

Par les frictions cutanées ou par les fumigations, le mercure pénètre à travers la peau où on le trouve à l'état de granulations métalliques très-fines dans Fépiderme. Gùbler, Neumann, admettent que le mercure pénètre dans les glandes sudoripares et dans les follicules pileux. Gepen-

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ilanl Rindlleisch, et plus récemment Fleischer n'en ont trouvé ni dans le corps niuqueux ni dans les glandes. Il est certain que les frictions font pénétrer du mercure dans le sang indépendamment des vapeurs qui sont absorbées alors par le poumon. Pénèlre-t-il à travers la peau à l'état de eblorure sous l'influence de la sueur (Millier) ou bien simplement à l'état de vapeur comme l'affirme M. Rabuteau? Les expériences de M. V. Regnauld et do M. Merget sur la volatilisation du mercure à toutes les températures, sur la vitesse du dégagement de ses molécules, viennent à l'appui de cette dernière manière de voir. H est certain que le mercure se volatilise et se dégage lorsqu'il est incorporé aux graisses dans les pommades et onguents.

Le mercure ingéré dans l'estomac se transformerait toujours, suivant M. Mialhe, en bichlorùre dé mercure, en présence de l'acide chlorhydrique du suc gastrique, et il serait absorbé, sous celte forme, en combinaison avec les matières albuminoïdes du plasma. Pour M. Rabuteau, au contraire, les sels de mercure seraient réduits dans l'estomac ou dans le sang en donnant du mercure métallique. Le bichlorùre, par exemple, se décomposerait en chlorure de sodium et mercure réduit. Le protoiodure se transformerait en mercure d'abord et en biiodure. Celui-ci se réduirait en donnant un iodure (de sodium ?) qu'on retrouve dans l'urine.

Toiit en faisant des réserves sur le mode d'absorption du mercure par la peau et par la muqueuse digestivé, on doit reconnaître que l'entrée du mercure clans le sang est ' Irè's-rapide et très-facile ; par la respiration et par les injections sous-cùtanées, l'absorption se fait encore plus sûrement et plus rapidement.

S'il existe bien des doutes relativement au mode

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