‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 129 sur 149 · DOUZIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DOUZIÈME LEÇON

Sommaire - Médication mercuricllo. - Los anti-mercurialisles - Psopption cl élimination du mercure. - Son mode d'administration et ses différentes préparations dans le traitement de a sy pM s

lodurc de potassium. - .Mode d'administration et doses SMJmub-

Messieurs,

Nous avons indiqué déjà sommairement dans le cours de ces leçons, à propos de chacune des principales manifestations de la syphilis, le traitement qui leur convient. Nous avons posé ces indications thérapeutiques à propos du chancre infectant, à propos des plaques muqueuses, des syphilides cutanées superficielles et profondes et des accidents tertiaires. Nous n'avons donc plus qu'à rappeler aujourd'hui ce que vous savez déjà en vous indiquant d'une façon générale quelle est la thérapeutique la plus rationnelle.

Vous le savez par tout ce qui précède, les deux pre-

MÉDICATION MEnCURIELLE *47

mières périodes de la syphilis sont justiciables du mercure, la troisième de l'iodure de potassium. Et si des médecins prescrivent l'iodure dès le début de l'infection, si l'on donne souvent le traitement mixte, s'il est nécessaire aussi de tenir compte du régime, de la médication tonique, etc., ce sont toujours le mercure et l'iode qui sont la base de cette thérapeutique spéciale. Aussi aurons-nous surtout à envisager ici ces deux médicaments.

A. — Médication mercurielle.

Le mercure a été employé contre la vérole à la fin du XVe siècle et au commencement du XVI9 au moment où cette maladie s'établissait en Europe avec une violence qu'heureusement nous ne connaissons plus. On administrait alors le mercure sous forme d'onguents, d'emplâtres ou de fumigations. Mais, la thérapeutique, souvent livrée à des charlatans, devenait parfois pire que le mal. Les doses trop considérables du mercure administrées en frictions, les étuves et les sudations auxquelles on soumettait les malades amenaient la salivation, les ulcères de la bouche, l'ébranlement et la chute des dents, la cachexie, les tremblements. Aussi l'avènement du gaiac, des sudorifiques, qu'on donna d'abord comme souverains dans la cure de la vérole, fut-il salué comme une délivrance. Dès cette époque, les médecins se partagent en mercurialistes (Vigo, Fracastor, Massa, Botai, Rondelet) et antimercurialistes (Torella, Fernel, Fallope, etc.). Bientôt on emploie le mercure à l'intérieur, soit sous forme d'oxyde rouge, de deutoxyde de mercure, soit sous forme de mercure cru dans des pilules, dont se servit, dit-on, François Ior. On poussait presque toujours l'usage du mercure jusqu'à la salivation.

Cependant, au commencement du XVIIIe siècle, Chicoyneau et l'école de Montpellier substituent à la salivation, regardée comme inutile, des doses plus modérées et plus longtemps continuées du médicament, la méthode dite par extinction.

Dans notre siècle, Broussais et ses disciples, Desruelles, Devergieaîné, considérant la syphilis comme un ensemble de lésions inflammatoires nun spécifiques, la traitent par les émissions sanguines et par la diète. Fergusson, Thomson, etc., traitèrent aussi leurs malades sans mercure en Angleterre. Il faut compter aussi parmi les adversaires du mercure, les partisans de la syphilisation, Auzias-Turenne, Spérino, qui, cherchant une sorte de vaccination pour la vérole, ont cru la guérir et mettre à l'abri de cette maladie en inoculant le pus du chancre simple. La dualité bien établie du virus chancreux et de la syphilis a complètement ruiné cette tentative de préservation. Murphi (1839), en Angleterre, Joseph Hermann (1855) et Lorimer, à Vienne, prétendent démontrer que le mercure est l'unique cause des accidents secondaires et tertiaires de la syphilis. Kletzinsky ayant constaté que l'iodure de potassium favorise l'élimination du mercure, Melsens en déduit que l'iodure de potassium n'agit dans les accidents tertiaires que parce qu'il chasse le mercure, cause de tout le mal. Kussmaul (1866), R. Virchow, n'ont pas eu de peine à prouver par l'étude bien faite du mercurialisme, par la . description histologique de la syphilis constitutionnelle, qu'il n'y avait aucune analogie entre les accidents causés par le mercure et ceux qui appartiennent à la syphilis. De nos jours, le nombre des antimercurialistes est très-restreint : notre excellent collègue M. Desprès est, croyons-nous, le seul représentant en France de cette doctrine. M. Desprès regarde les productions

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