B. — IODURE DE POTASSIUM
L'emploi de l'iodure de potassium dans la période tertiaire de la syphilis est une des grandes découvertes thérapeutiques de notre siècle. Biett administrait l'iodure de mercure aux syphilitiques de son service de l'hôpital Saint- Louis, mais les bons résultats pouvaient être mis aussi bien sur le compte du mercure que de l'iode. Wallace, en 1834, expérimenta à Dublin l'iodure de potassium à l'hôpital de Gervis-Street, et la publication des résultats obtenus par lui, la pratique de Ricord, de Trousseau et de la plupart des syphiliographes, en vulgarisèrent rapidement l'usage.
L'iodure de potassium est administré à l'intérieur en solution ; il est douteux qu'il soit absorbé parla peau lors-
qtt'bH l'applique sous forme de pommades; en tout cas il en est absorbé une très-petite dose, tandis que, de l'estomac il passe immédiatement dans tous les liquides de l'économie. Il est éliminé par les urines, par la salive, parle mucus nasal, parle lait, par les larmes et par la sueur. La durée de l'élimination varie suivant la dose ingérée ; ainsi une dose de 1 gramme sera éliminée en trois jours, et une dose de 10 grammes en 10 jours (Rabuteau). Mais l'iodure de potassium ne reste jamais longtemps dans l'économie après qu'on a cessé son injection, comme le fait le mercure.
Wallace donnait l'iodure de potassium à la dose de ■2 grammes. A la dose de 1 à 2 grammes que nous donnons habituellement dans les lésions de la troisième période, dans les périostites et dans les lésions des organes, l'iodure donne presque toujours un peu de coryza et de larmoiement, parce qu'il s'élimine par la salive et par les larmes. Si l'on en continue l'usage, il y a accoutumance. H excite aussi l'appétit. Quant aux accidents de l'iodisme, ils doivent être très-rares, car je ne les ai jamais observés! M. Rabuteau pense que ces derniers accidents sont dus surtout à l'impureté d'iodures qui contiennent des iodates. L'acide gastrique, en effet, met alors de l'iode métallique en liberté, et il en résulte une irritation de l'estomac et des vomissements.
La majorité des auteurs pense que l'iodure est un fondant, un résolutif, qu'il agit en provoquant un mouvement de désassimilation, qu'il amaigrit, et qu'il diminue le volume des glandes, de la mamelle, du corps thyroïde, des testicules. Au contraire, il résulte des expériences de M. Rabuteau, que la quantité d'urée excrétée pendant qu'il se soumettait lui-même, au traitement ioduré diminuait