‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 134 sur 149 · INJECTIONS SOUS- CUTANÉES DU MERCURE · texte numérisé non relu

INJECTIONS SOUS- CUTANÉES DU MERCURE

ment leur enfant jusqu'au terme de la grossesse et l'enfant ini-mème est le pins souvent bien portant et préservé de la syphilis. Nous avons traité et suivi ainsi clans la salle Saint-Clément, pendant la plus grande partie de leur grossesse, des femmes syphilitiques qui ont accouché heureusement et dont les enfants, nourris par elles dans la salle Sainte-Marie, sont bien portants.

Depuis une vingtaine d'années, on a ajouté aux divers modes d'administration du mercure qui précèdent, la méthode des injections sous- cutanées (1). Hébra, Hunier, Scarenziode Pavie, Lewin, à l'étranger; MM. Aimé Martin et Liégeois à Paris, Dron, Diday à Lyon, l'ont employée avec succès.

De toutes les méthodes d'administration du mercure, c'est assurément celle qui fait pénétrer le mieux une dose déterminée du médicament dans l'organisme, et qui amène les modifications les plus immédiates des syphilides. Aussi

(1) Les injections sous-cutanées sont faites avec l'un des liquides suivants :

— Injection de Liégeois.

Eau distillée 90 gr.

Sublimé corrosif 20 centigr.

Chlorydrate de morphine 10 —

On donne 2 milligrammes de sublimé en injectant 1 gramme de la solution.

— Injection de Staub.

Bichlorure de mercure 1 gr. 23

Chlorure d'ammonium 1 23

Chlorure de sodium 4 13

Faites ensuite une autre solution ainsi composée : Blanc d'œuf.

Eau distillée q. s.

Pour faire 125 grammes de solution, mêler les deux liqueurs et filtrer. Un gramme de cette solution contient 5 milligrammes de sublimé.

— Injection de Ragazzoui.

Biiodurc de mercure 3 centigr. 5

lodurc de potassium 9 —

Pour dissoudre le biiodurc,

Eau distillée 2 gr.

est-elle employée universellement dans les grands hôpitaux spéciaux, à Milan, à Vienne, à Stockolm.

Les injections étaient faites par Liégeois deux fois par jour et avec une solution très-peu concentrée ; il n'introduisait qu'un ou deux milligrammes de sublimé à chaque piqûre. Les injections plus concentrées, telles que les employait Lewin, étaient données seulement tous les deux jours.

Les injections doivent être faites dans les régions riches en tissu conjonclif et pauvres en vaisseaux et nerfs, comme le dos, la fesse, la région de l'omoplate, la région externe du bras, etc. L'inconvénient des injections est, en effet, de causer une douleur .assez vive et de déterminer la formation de petits abcès sous-cutanés ; tous les sels de mercure, surtout le biiodure, sont irritants, et ils déterminent souvent une inflammation et un petit abcès au niveau du point piqué.

Pour éviter ces accidents, il faut avoir la précaution d'introduire assez profondément la canule dans le tissu conjonctif sous-cutané, et de ne pas piquer la même partie de la peau ni des points trop voisins. De plus, il est nécessaire de faire un massage méthodique de la boule d'injection aussitôt après qu'on l'a produite. M. Bergh, de Stockolm (communication orale), n'a jamais de ces accidents, ni d'abcès à la suite d'injections sous-cutanées parce qu'il y joint le massage de la boule d'injection.

Nous donnons ici le mercure à petites doses, de manière à éviter la salivation, et nous le donnons pendant toute la durée des accidents dont ce médicament diminue l'intensité et abrège la durée. Nous ne le conseillons pas lorsque les syphilides ont disparu. Nous nous rangeons, par conséquent, parmi les mercurialistes modérés, à l'exemple de MM. Diday, Lancereaux, etc.

10DURE DE POTASSIUM 4bl

Je dois toutefois vous exposer la méthode de traitement des spécialistes, qui regardant le mercure comme l'antidote de la syphilis, le donnent toujours dès le début du chancre et d'une façon systématique pendant plusieurs années, ■ quelle que soit la bénignité des accidents ultérieurs, et même en leur absence pour éloigner et empêcher les manifestations tardives. M. Fournier procède par traitements successifs : il donne le mercure d'abord pendant deux mois, puis il cesse pendant un mois environ ; passé ce terme, il reprend le ; traitement mercuriel, quoi qu'il soit advenu, pendant six semaines à deux mois. Après quoi, on laisse trois mois de répit au malade et on reprend six semaines à deux mois le traitement, et ainsi de suite, en ayant soin de faire succéder à chaque stade de traitement actif un stade intercalaire de repos ou de désaccoutumance,

Page 1