‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 30 sur 149 · PARALLÈLE ANATOMIQUE DES DEUX CHANCRES · texte numérisé non relu

PARALLÈLE ANATOMIQUE DES DEUX CHANCRES

le tissu conjonctif voisin qui se continue avec eux., sont grosses, turgides et elles ont de la tendance à devenir libres, en ramollissant les fibrilles enlre lesquelles elles se sont placées.

L'absence d'induration spécifique comparable à celle du chancre induré, la tendance à un envahissement destructif progressif résultent de celte disposition anatomique des éléments.

Parallèle des caractères anatomiques du chancre infectant et du chancre simple. — Si nous comparons les lésions histologiques du chancre infectant avec celles du chancre simple, vous voyez, Messieurs, quelles différences les séparent. D'un côté, dans le chancre infectant, nous notons la sclérose du tissu dermo-papillaire et l'épaississement des parois des vaisseaux : l'épilhélium superficiel et le corps muqueux sont en partie conservés, même à la surface érodée ou ulcérée, et il reste presque constamment des plaques de cellules du corps muqueux : la sécrétion peu abondante contient un nombre relativement minime de cellules lymphatiques.

Au contraire, dans le chancre simple, nous avons un cratère béant résultant do la destruction rapide, complète des couches superficielles et profondes de l'épiderme et de la fonte suppurative progressive des couches papillaire et dermique ; les papilles, le tissu conjonctif du derme et le tissu sous-dermique se transforment en un tissu de bourgeons charnus dans lequel les vaisseaux ne sont nullement sclérosés, dans lequel la charpente fibreuse se dissocie et se détruit.

Vous comprenez qu'entre ces deux chancres il y a une

différence complète, absolue ; l'un est surtout une saillie papuleuse, l'autre un ulcère; et si, à ces caractères histologiques vous ajoutez la différence de i'altération des ganglions dans l'un et l'autre cas, si vous vous rappelez que l'un donne la syphilis tandis que l'autre est une lésion purement locale, vous en conclurez, Messieurs, qu'il s'agit de deux maladies bien distinctes qui même ne devraient pas porter le même nom de chancre. Toutefois je ne vous propose nullement de le changer puisqu'on s'entend sur sa signification.

Comparaison du chancre infectant avec les gommes, le lupus, etc. — Ce n'est pas avec le chancre mou qu'il faut comparer le chancre infectant, si l'on veut le rapprocher des productions cutanées qui sont le plus voisines de lui, au point de vue de sa structure : ce serait plulôJt avec les gommes des organes tels que le foie et le testicule, ou avec les gommes et les syphilides tardives de la peau et des organes génitaux, ainsi que Virchow l'a fait. Ces dernières présentent, en effet, une induration semblable à celle du chancre. Nous verrons bientôt aussi que certaines plaques muqueuses des grandes lèvres et des petites lèvres, ont un aspect érôsif, et s'accompagnent d'une induration du tissu conjonctif qui n'est pas sans analogie avec ce que nous avons noté dans l'accident primitif de la syphilis. De plus, en pareil cas, les vaisseaux peuvent être notablement épaissis et sclérosés.

En dehors de la syphilis,on a comparé les altérations histologiques du chancre infectant avec celles du lupus. Je n'ai pas examiné récemment de lupus et je ne puis que m'en rapporter aux descriptions qui en ont été données dans ces

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