‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 37 sur 149 · TRAITEMENT DU CHANCRE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DU CHANCRE

Traitement du chancre. — Le traitement du chancre induré est très-simple : comme il a uno tendance naturelle à guérir en tant que lésion locale, il n'y a pour ainsi dire rien à faire que de le tenir proprement par des lotions, l'isolement avec de l'ouate ou de la charpie. Faut-il l'attaquer énergiquement et l'enlever? La statistique donnée par MM. Auspitz et Unna est engageante, ainsi que je vous l'ai déjà dit dans notre première leçon; elle donne l'espoir qu'en enlevant complètement le chancre à son début il n'y ait pas d'infection syphilitique. Aussi pourriez-vous tenter l'opération si le chancre siégeait dans un point accessible, et sur une partie qui n'est pas absolument nécessaire, sur la petite lèvre par exemple ou sur le bord libre du prépuce.

Doit-on donner le traitement anti-syphilitique aussitôt qu'on a reconnu l'existence d'un chancre induré? C'est là une question qui est diversement résolue par les auteurs : plusieurs des syphiliographes, et des plus autorisés, M. Diday (1) en particulier, ne donnent pas de mercure

(1) M. Diday a publié une statistique de 74 cas circonstanciés de chancre infectant dont 25 ont été soumis au traitement mercuriel et 49 à Texpectation. Dans la première série, M. Diday a noté cinq syphilis fortes, tandis que, dans la seconde série, il y avait seulement cinq syphilis fortes pour un nombre double de malades, de telle sorte que, d'après cette statistique, la syphilis grave viendrait plus souvent chez les malades mercurialisés pendant la durée du chancre, que chez ceux qui ne sont pas mercurialisés dès le début. Il faut évidemment faire ici la part du hasard dans les statistiques de cette nature ; on peut tomber, par hasard, sur une série de cas légers ou de cas graves, mais il n'en est pas moins vrai qu'on peut rester dans le doute et s'abstenir de la médication mercurielle pendant la période de l'accident primitif, en attendant que des statistiques portant sur un plus grand nombre de cas aient élucidé cette question.

pendant la durée du chancre et attendent, pour instituer une médication mercurielle, l'apparition des accidents secondaires.

Il parait certain, en effet, que le traitement mercuriel donné pendant la période d'état du chancre, n'empêche nullement l'évolution de la syphilis ni l'éclosion des accidents secondaires; tout au plus l'administration régulière du mercure pendant la. durée du chancre et après sa cicatrisation peut-elle retarder l'apparition des syphilides secondaires. Que ces éruptions arrivent, comme cela est la règle habituelle, vers la fin du second mois après le début du chancre non traité, ou bien après trois ou quatre mois, après cinq mois même lorsqu'on a administré le mercure, cela parait indifférent à beaucoup de médecins. Il en est qui préfèrent ne pas donner le mercure et favoriser l'apparition des syphilides sans gêner en rien la marche naturelle de la maladie dans ses manifestations bénignes. Dans cet hôpital, lorsque les femmes entrent avec un chancre, il est très-rare qu'il ne soit pas déjà en voie de réparation; elles ont presque toujours déjà des accidents secondaires, plaques muqueuses au début ou roséole, en sorte qu'il n'y a pas d'hésitation à avoir pour instituer la médication mercurielle. Je reviendrai sur l'époque d'administration du mercure lorsque nous examinerons la médication an ti- syphilitique en général.

S'il n'y a pas un grand intérêt à ne pas traiter le chancre induré qui guérit tout seul, il n'en est pas de même du chancre mou. Comme il a, en effet, une grande tendance à envahir, à s'inoculer sur le sujet qui en est porteur, et comme il peut donner lieu à des bubons suppures et même à du phagédénisme, il est essentiel de le détruire aussitôt qu'il est reconnu. On l'a cautérisé dans ce but

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